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Le PSG made in Qatar a fait le forcing pour mettre la bague au Doha de David Beckham. Ce guerrier manucuré, à la troublante dualité, a fini par accepter.

Enfin, le voilà. David Beckham… ou le premier réflexe, l'année dernière, d’un PSG de nouveau riche après avoir été nouveau pauvre pendant des années, des années plus « Colony » que « capital ». Mais Beckham n’est pas juste un signe extérieur de richesse. S’il ne sera pas que la méthadone, l’extase au rabais d’un PSG qui veut se faire admirer, il sera aussi et surtout une image de marque. La marque originale Beckham, des années après la sous-marque Rothen. La marque de l’image, histoire de franchir un palier. Un façon de forcer l’entrée du carré VIP. L'autre vraie star d’un PSG pressé qu’on lui colle une nouvelle étiquette.

Very important player

V.I.P. Very Important Player. Beckham est un joueur d’équipe et de devoir déguisé en superstar. Une vedette grimée qui n’a pas peur de trimer. Un authentique galactique en salopette d’ouvrier. Une vedette inaccessible mais prête à dépanner partout sur le pré. Beckham n’est jamais avare, ni en efforts, ni en paradoxes. Dépourvu de pied gauche mais ô combien polyvalent, magique sur coup franc, maladroit sur pénalty, ailier renommé qui n’a jamais su dribbler, capable de monnayer au prix fort ses jetons de présence dans la cité des anges pour ensuite suer gratis chez les diables du Milan AC, Beckham condense les vices et les vertus d’un footballeur de notre temps. Un footballeur qui vient montrer aux joueurs du PSG ce que le mot « star » veut réellement dire. Un joueur nanti d’un petit plus de talent, mais de beaucoup plus d’envie et de volonté. Un supplément d’âme bienvenu dans une équipe toujours en quête d’identité.

Car sous ses allures de Golden Boy superficiel, Beckham a une âme. Une âme d’Héphaïstos, orfèvre claudiquant condamné à la perfection et à la peau tannée par la chaleur de la forge, coincée dans un corps savamment bronzé d’Appolon raffiné, ne maniant de ses doigts légers que la harpe et l’arc. Et comme ce dernier, Beckham aime tirer de loin.

Une âme de forgeron dans un corps d’Appolon

Professionnel jusqu’au bout de ses ongles manucurés, il a fait revenir Capello sur sa parole au Real en 2007, quand l’irascible coach italien l’avait écarté du groupe après l’annonce de son transfert au LA Galaxy. Beckham s’était alors entrainé seul de longs mois pour revenir en fin de saison dans le costume de sauveur, le pardessus visible et reconnaissable de passeur décisif cachant bien le veston de buteur incisif, pour habiller le Real de son 30e manteau de Roi d’Espagne.



Mais qu’est-ce qui fait courir Beckham ? L’argent ? Loin d’être impécunieux, le richissime anglais n’est pas près de dormir sous un pont qui ne soit pas celui de la rivière intérieure de sa troisième résidence dans les îles, un soir d'abus de champagne millésimé. Le challenge ? Pourquoi pas… Il a été champion partout où il est passé. La perspective de finir en beauté ? Peut-être… S’il n’a jamais été Ballon d’Or, comme Zidane, ou ballonné d’or, comme Messi, Beckham étonne par son professionnalisme et intrigue par son envie. A 37 ans, on est devenus convaincus que tel Dorian Gray, il possède un portrait caché qui prend pour lui les affres des années tandis que l’original reste intact.

Mais que va-t-il apporter concrètement au PSG ? Pas grand-chose sinon un peu moins d’innocuité sur les phases arrêtées. Mais cette question revient à se demander s’il on a absolument besoin de vivre dans le luxe. Non, évidement Mais est-ce une raison pour s'en priver ?


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