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Malgré un budget qui s’élève à 300M€, le PSG ne fait toujours pas partie du Top 20 des clubs européens qui génèrent le plus d’argent. Quelles en sont les raisons ?

Le rapport du cabinet Deloitte concernant le Top 20 des clubs qui réalisent les meilleurs chiffres d’affaires a été dévoilé ce jeudi. A la surprise générale, le PSG, en dépit du pouvoir financier énorme dont il jouit depuis l’arrivée à sa tête du Consortium QSI, n’en fait pas partie. Le club de la capitale française, qui a pourtant dépensé presque 200M€ en matière des transferts depuis 2011, est même devancé dans ce domaine par ses deux rivaux nationaux que sont l’Olympique Lyonnais et l’Olympique de Marseille, respectivement 16e et 17e. Un fait qui s’apparente à une véritable anomalie, mais qui n’est pas vraiment illogique à la lecture de certaines considérations et facteurs pris en compte dans l’élaboration de ce classement.

Tout d’abord, et au risque de se méprendre, l’étude en question porte sur les revenus des différents clubs et non sur leurs budgets. Autrement dit, les calculs se font en fonction de ce que chacun enregistre comme bénéfice au niveau des nombreuses sources de revenus et ce sur une saison précise. En l’occurrence, il s’agit de l’exercice 2011/2012. Une campagne durant laquelle, le PSG partait avec un réel inconvénient, celui de ne pas disputer la Ligue des Champions Européenne. Quand on sait tout ce que cette compétition génère comme gains sur le plan financier, il est parfaitement compréhensible que le nouveau ténor du football français, même dopé par les pétro-dollars de ses responsables, ne pouvait rivaliser avec les principaux cadors du continent. Et il faut savoir, en outre, qu’il s’agissait de la huitième saison consécutive où Paris a manqué la compétition reine du continent.

Par ailleurs, dans son investigation, le cabinet Deloitte s’est égalment basé sur la billetterie, les droits télé et le merchandising. Dans ces nombreux domaines, Paris a encore un gros retard à combler par rapport à ses concurrents. Avec une capacité de 45500 places assises, le Parc des Princes est une enceinte assez petite en comparaison avec les stades les plus prestigieux qui existent en Europe. A partir de là, et même si le fief affiche comble à chacune des sorties de l’équipe première, il est compliqué de miser sur la vente des billets pour booster les revenus. Un manque que la direction cherche à combler depuis quelques temps en multipliant ses produits dérivés et aussi la vente des maillots. Les arrivées des stars comme Ibrahimovic, Lavezzi, Pastore ou encore Lucas ont été d’un grand profit financier, mais il va falloir encore attendre quelques mois, pour neutraliser le manque à gagner relatif à l’absence d’un grand stade. Une réalité que Nasser Al-Khelaifi, le président, a d’ailleurs très souvent déploré face aux médias et journalistes français.



Le constat selon lequel Paris est passé dans une nouvelle dimension est indéniable, mais cela va de pair avec de nombreuses contraintes. Le PSG a voulu voir gros en mettant la main sur de nombreuses stars internationales, sauf que les dépenses en question provoquent également des taxations, propres à la législation française. A titre d’exemple, pour pouvoir payer à Ibrahimovic le salaire colossal dont il jouit (14M€), les responsables du club se sont résignés à prendre en charge un montant important d’impôts (41M€ par an). En ces circonstances, et même si ses propriétaires ne rechignent jamais à mettre la main dans la poche, le PSG se voit pénalisé par un lourd fardeau. Un fardeau qui l’oblige à faire des choix entre l’ambition de vouloir grandir rapidement sur le plan sportif, et celle de compenser à moyen terme les dépenses enregistrées au niveau budgétaire.

Pour finir, parmi les raisons qui font que Paris ne figure pas encore parmi les clubs les plus riches de l’Europe, c’est qu’il n’est pas suffisamment performant. Au jour d’aujourd’hui, il est toujours en quête de son premier trophée sous l’ère QSI. En mai dernier, le titre de champion lui a échappé sur le fil et ce ne fut pas sans conséquence sur ses revenus. Tant que le musée du club ne sera pas dépoussiéré et qu’il n’y aura pas une certaine régularité au niveau des résultats, il ne faudra certainement pas compter sur une ascension dans le classement en question. En revanche, si le PSG se met subitement à tout gagner, ne serait-ce que sur la scène nationale, il connaitra un vrai bond en avant et des répercussions grandement positives sur le plan financier. A ce sujet, il y a un exemple qui serait intéressant à suivre ; celui de Lyon de JMA, qui en remportant sept titres de champions de France, a su s’offrir une marge assez importante pour se pérenniser au top 20 européen et ce malgré un creux de trois ans sans titre gagné.

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