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Avec ses 90 buts, Lionel Messi vient de battre le record de Gerd Muller et vient de rentrer un peu plus dans l'histoire du football. Mais à part les buts, il y a quoi?

Toute une génération de supporteurs des années 90 s’est demandée ce qu’aurait été la carrière de Maradona, de combien d’autres exploits il aurait régalé le monde du foot si l’argentin avait une hygiène de vie saine, privée de folie et de prise de drogues affolantes, saisissante, stupéfiante. Et bien leur fils ont la réponse. Elle s’appelle Lionel Messi. Sûrement l’un des meilleurs joueurs de la planète à l’histoire actuelle, le barcelonais impressionne par ses stats. Des buts à la pelle, des passes décisives à la chaîne, de temps en temps, un petit geste de folie afin d’agrémenter le tout et voilà ! Messi, c’est la suprématie du chiffre, celui qui ne ment pas, et qui ne peux faire discuter. Le capitalisme dans toute sa splendeur.

Sois beau et tais toi

Messi n’a pas besoin de parler, certes. Son moyen de communication passe par les pieds. Des gestes qui font taire tout le monde, qui laissent bouche bée. Très bien, mais est-ce là l’essence du foot ?

L’un des principaux arguments contre la vidéo est qu’avec l’instauration de cette nouvelle technologie, l’erreur sera réduite à son minimum. Avec cela, le charme des discussions d’après-match, des contestations et des débats perdrait largement de sa saveur. Car au fond, et si la beauté du football était dans sa capacité à faire débattre ?

De nombreux joueurs ont été érigés en star non seulement pour leur talent footballistique, mais aussi pour leur capacité à être adoré par une partie de la terre, haït par l’autre. Ne pas laisser indifférent, tel était leur leitmotiv. Qui sont-ils ? Maradona en chef de file a fait du football une religion pour certains napolitains ou argentins, Cantona a fait de son sport un art, Socrates a utilisé sa notoriété pour défendre des idées politiques.  Pelé en a même fait un atout social pour aider le noir-brésilien à s’intégrer dans la société. Aujourd’hui, où son ses têtes brulés et pensantes qui ont fait du monde du ballon rond un fait de société à part entière ? Disparus.

Mario Balotelli semble aujourd’hui être le seul héritier de cette génération de joueur qui aura fait vibrer des milliers de supporteurs aussi bien sur qu’en dehors du terrain. Du fait de ces pitreries, il fait autant parler que le fameux duel Messi/Ronaldo, tout cela en ayant des statistiques bien en dessous de ces deux extra-terrestres.

A fortiori en France, une pauvre poignée de joueur qui a osé faire une virée nocturne trois jours avant un match s’est vu monté comme le mal de toute une société avec M’Vila dans le rôle de nouvel ennemi public numéro 1. La dérive dans le football est devenue interdite, les politiques utilisant ce sport populaire  pour faire passer leurs idées et érigés des jeunes en exemple de tout un pays. Mais qu’aurait été Ronaldinho si sa carrière n’avait pas été rythmé par des sorties hebdomadaires. Plus de buts certes, mais sûrement moins de folie, moins de gestes.

Aujourd’hui, on nous propose un football centré sur la performance avec des athlètes qui devraient se comporter comme des modèles de sainteté. Un duel policé donc entre le génial Messi et l’athlète Ronaldo. A cela, permettez-moi de choisir la contreculture, un football fou qui fait pleurer, s’indigner, vibrer, s’exciter et qui ne gagne pas fiscalement tous ses matches 5-0.

Alors non à ce duel infini entre Messi et Ronaldo pour savoir qui a la plus longue. Vive la folie, les gestes insensés, inexplicables. Vive ces joueurs moins côtés, moins médiatisés, qui font la beauté du football. Vive la contreculture!

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