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La rédaction de Goal.com a décidé vous faire profiter de sa prescience en vous relatant les événements de France-Japon tels qu’ils vont certainement se dérouler.


Tout d’abord, il faut savoir que TF1 diffusera le match en plusieurs parties. Il en faut pas moins de 4 pour remonter tout le terrain et au moins deux pour apercevoir le but adverse car le terrain sera ovale et en pente comme à chaque fois que le Japon joue.

Avant la rencontre, nous aurons droit à un générique avec une chanson de Bernard Minet sur le courage, l’amour et l’amitié et sur l’importance de retrouver son père. Bref, des thèmes chers aux Japonais. Zappez cette partie si votre père est assis à l’autre bout du canapé en train de se gratter les c…uisses. Le réalisateur s’attardera sur les tribunes en début de match et vous pourrez apercevoir un homme un peu étrange avec des lunettes bleues, une barbe de trois jours en frisottis et un imperméable interlope qui sourit et fait des signes à un joueur japonais sur le terrain. Il y aura aussi des Japonaises hystériques qui tapent sur des tambours mais ne faites pas attention.

Le match débute et le Japon prend un but d’emblée sur une erreur de son défenseur central, qui marque contre son camp. Le gardien japonais avait pourtant plongé (il est même resté en l’air plusieurs secondes), mais cela n’a pas suffi. L’image devient floue et revoit le défenseur lorsqu’il était  enfant, quand il vendait des gaufres au marché pour aider sa famille tout en s’entrainant au football dans la neige et sous la pluie en pensant à son père. On le revoit adolescent, au centre de formation, puis jeune adulte, lorsqu’il signe son premier contrat pro. Bref, en une heure trente de flashback, on connait tout de sa vie et le match peut enfin reprendre.



La France en a profité pour remonter le terrain (oui, on vous a dit que ça prend du temps) et tenter sa chance à nouveau d’une frappe lointaine. Le gardien nippon vient à peine d’atterrir de son plongeon précédent qu’il doit s’envoler à nouveau. Mais il est encore battu. Cependant, deux de ses défenseurs sautent sur la transversale, effectuent un salto arrière parfaitement synchronisé pour dégager la balle d’une double reprise de volée foudroyante. Les Japonaises hystériques des tribunes font un tintamarre effroyable avec leurs tambours tandis que l’homme à l’imperméable dégueulasse et à la barbe en dessous de bras sourit comme un idiot on ne sait trop pourquoi.

C’est alors que le coach japonais décide de faire rentrer deux joueurs, un duo qu’on surnomme « la paire en or » comme dans un mauvais sous-titre grivois de vieille parodie de film de James Bond.  Et ces deux joueurs, et bien ils assurent. Ils dribblent tous les joueurs de l’équipe de France pendant au moins trois épisodes puis, enfin, ils tirent (à deux, c’est mieux) juste avant la coupure pub. Le ballon est déformé dans sa course ultime vers la lucarne adverse et tout le stade fait « ohhh ». Même les tambours se taisent. Mais le gardien français, « Llorissu », saute comme un chat, rebondit sur le poteau pour piéger ce petit sournois de ballon et dévie le cuir déformé d’une claquette en corner. S’ensuit un assez léger flashback sur le fait que Llorissu ne joue pas assez dans son club et veut profiter de ce match pour se relancer mais ça ne dure que 20 minutes. Et puis on est habitués maintenant.

Corner donc, alors qu’il reste environ 15 secondes à jouer sur l’horloge géante avec cadrans du stade. 15 secondes au bout desquelles le défenseur qui avait marqué contre son camp parvient à égaliser d’une reprise de volée aérienne de toute beauté après avoir été propulsé dans les airs par ses coéquipiers (il a cru apercevoir son père dans les travées du stade quand il était dans les airs à 20 mètres du sol). Le stade exulte, les tambours souffrent et le monsieur en imper crado se cure le nez d’un air énigmatique. Les 15 secondes s’achèvent enfin (au bout de 5 épisodes quand même) et tout le monde rentre aux vestiaires.



Le coach japonais rassemble alors ses joueurs pour les exhorter à gagner et leur révéler un secret. L’un des joueurs présents sur le terrain a un problème cardiaque et il se peut qu’il dispute le dernier match de sa carrière (sans jamais avoir retrouvé son père). Cela ne l’a pas empêché de remonter un terrain ovale de 900 mètres et d’effectuer des cabrioles à 15 mètres du sol par contre. Un bel exemple d’abnégation et de sens du sacrifice. Le courage envahit alors les joueurs. Leur cosmos brûle, brûle encore et une aura jaune les parcourt tandis que éclairs jaillissent de leurs pectoraux. Les Français découvriront d’ailleurs, après la pause, 11 japonais blonds aux yeux Bleus.

Le match devient intense et les duels s’effectuent désormais dans les airs. Mais la France est trop forte et les Japonais, même en mode Super Saian, ont du mal à s’approcher des cages de ce diable de Llorissu qui continue à les narguer. C’est alors que le capitaine du Japon décide de prendre les choses en main. Il regarde les tribunes et l’homme à l’imperméable sale lui sourit. C’est son idole, Roberto. Un ancien footballeur brésilien qui lui a promis de l’aider à retrouver son père en échange d’une chambre meublée et d’un bol de riz par jour. C’est son mentor et on ne peut pas perdre devant son mentor. Le capitaine rassemble alors son équipe autour de lui alors qu’il n’y avait aucun arrêt de jeu particulier (mais heureusement, la France a arrêté de jouer par politesse). S’ensuit un long discours qui augmente l’énergie des joueurs Nippons au-delà de 9000. Le capitaine parle et parle encore jusqu’à ce qu’il ne reste que 15 secondes à jouer sur la grande horloge avec des cadrans.

Et le Japon part à l’attaque. Enfin tous les joueurs restent derrière à part le capitaine et le petit cardiaque serviable qui se font une deux sur une deux en passant au travers des joueurs français qui répètent des phrases du genre « Mais… c’est impossible », « Comment ont-ils… » au lieu d’essayer de les arrêter. Environ six épisodes plus tard et moyennant deux ou trois flashbacks de taille moyenne, le capitaine se présente devant LLorissu, le méchant.



Il met le pied sur le ballon et le toise. Il arme une frappe en montant la jambe jusqu’à ce que son talon lui chatouille la mulette. Le stade exulte, les tambours crèvent, on voit des feux d’artifice partout, l’ami d’enfance du capitaine lui parle dans sa tête (« J’étais sur que tu y allais y arriver»). Il aperçoit même son père sur un bateau (« Je crois en toi fiston, pense à dénoncer Roberto à l’immigration quand tu aura le temps »). Il s’est écoulé une seconde sur la grande horloge depuis tout ce temps. Le capitaine japonais profite de ce généreux laps de temps pour adresser une dernière phrase à l’infâme LLorissu. « Tu va perdre car tu ne te bat pas pour une noble cause ! Et aussi parce que tu es incapable de détrôner un vieux retraité américain du poste de numéro 1 dans ton club. »

Et c’est la frappe ! Le ballon se tord de douleur dans une trajectoire incroyable qui déclenche un sillage lumineux aveuglant avant de se transformer en aigle et de heurter la barre transversale et la tordre. Ce n’est pas rentré ! Non ! Bizarrement, il ne reste plus désormais qu’une seconde sur la grande horloge blanche alors que le ballon revient vers le capitaine qui se tient désormais dos au but. Il pulvérise les records combinés de saut en longueur et à la perche sur la lune pour s’élever à 20 mètres du sol sous les yeux de l’arbitre qui tient le sifflet dans sa bouche en regardant distraitement son chrono et effectue un retourné acrobatique au ralenti qui envoie le cuir trouer les filets d’un Llorissu estomaqué ! Gooooaaaaal ! Générique de fin.


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