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Pas content d'être arrivé treizième, l'italien Mario Balotelli nous a envoyé une lettre pour nous faire part de son mécontentement.

Cher Goal.Com

Treizième ? Vous êtes sûrs ?

Je devrais me présenter. Mon nom est Mario Balotelli. Vous n’avez apparemment pas entendu parler de moi.

Peut-être que lorsque vous composiez cette liste des meilleurs joueurs de l’année, vous étiez concentrés sur des matches de Beach Volley, ou peut-être que vous regardiez les mouches voler. Peut importe ce que vous faisiez, vous ne regardiez sûrement pas du football.

Je joue à Manchester City. Vous le saviez ? Mon club a gagné la Premier League la saison dernière. Ce championnat contient des talents comme Mario Balotelli, gagner est donc très difficile. Mais je l’ai fait, en dépit du fait d’être dans la même équipe qu’une tête brulée notoire : Mario Balotelli. Cela exige une grande force mentale.

A moins que vous étiez en train de vous remettre d’une soirée alcoolisée, vous devez vous rappeler des évènements du 23 octobre 2011. Comment j’ai stimulé mon équipe et battu 6-1 nos ennemis jurés. Mon premier but, bien mieux que le second, vous a donner l’une des meilleurs photos de l’histoire du football. J’ai demandé au monde entier : « Why always me ? »  

Ces trois mots ont défini une année entière de football. Mon frère, Enoch, qui est sage pour son âge, m’a dit après le match d’être « la quintessence moderne du poète-guerrier. » Je ne sais pas d’où il sort ces mots (j’ai peur qu’il les ait lu), mais il a raison. Je ne suis pas arrogant, c’est la vérité.

Vous voyez, la question « Why always me ?» était une question rhétorique. La réponse est bien évidemment « moi ». Personne ne peut s’empêcher de parler de moi et de ce que je fais sur le terrain. Ou hors du terrain. Ou de ce que je ne fais pas sur le terrain.

On trouve de nombreuses histoires sur moi. J’ai payé l’essence pour tout le monde a une station service, je me suis habillé en père noël, j’ai visité une bibliothèque universitaire et payé les amendes des étudiants, et bien plus encore. Je n’ai rien fait de tout cela, mais vous y croyez. Ceci est tout ce que vous avez besoin de savoir sur le transcendant pouvoir de Balotelli.

Pendant que j’écrivais cette lettre, j’ai été interrompu par un appel de Noel Gallagher, encore. Je laisse le répondeur : « Peut-on aller faire du quad ensemble, Mario ? S’il te plait ? Je porterai ton casque et tout ce que tu veux ! » L’ex membre d’Oasis m’a appelé 56 fois cette semaine, je l’ignore. Est-ce que Mesut Ozil reçoit des appels de Noel Gallagher pour faire du Quad ? Et Xavi ? Non.

22 Janvier 2012. Je rentre sur le terrain en tant que remplaçant contre Tottenham dans un match que l’équipe doit gagner. J’écrase la tête de leur capitaine Scott Parker, un homme adoré dans ce pays parce qu’il vient des fifties. C’était délibéré. Mais rien ne s’est passé. Personne n’arrête Balotelli. Puis, dans les secondes finales, je tombe, obtient un penalty et le transforme avec un calme que vous n’avez jamais vu. La pression n’est rien.

13 mai, mon équipe joue contre QPR. Si elle gagne, elle remporte la Premier League. Mais nous perdons. Je ne commence bien sûr pas le match, ça serait trop facile. Mais quand ca devient dur, je rentre et fais la différence. Sinon moi, qui aurait passé la balle à Aguero, en plein dans la surface ? Sans moi, nous n’aurions pas gagné la Premier League.

La gloire en Angleterre étant déjà acquise, je décide d’aller en Polognukraine pour l’Euro 2012. Personne ne m’attendait, moi et mon pays. Faute grave.

J’ai d’abord marqué contre l’Irlande. C’était plutôt simple. Je ne sais pas trop pourquoi Leanoardo Bonnucci m’a mis la main sur la bouche quand j’ai marqué. J’allais chanté Big Pimpin de Jay-Z. Avec ça, j’aurais été en haut de votre liste.

Ensuite, j’ai battu les allemands en demi-finale. Ce n’était pas supposé être possible. L’Allemagne gagne en demi-finale, c’est comme ca que ca se passait avant. Mais c’était avant Balotelli. Mes deux buts ont fait hurler de plaisir des millions de fans. Ma célébration en a inspiré autant.

En finale, j’ai vu le pauvre Fernando Torres et j’ai réalisé qu’il méritait plus cette victoire que moi. J’ai autorisé l’Espagne à gagner.

Il n’y a pas de discipline dans laquelle je n’ai pas excellé lors de ces 12 derniers mois. Je suis Mario Balotelli. Je suis le football. Le football est Balotelli. Always me. Et vous, Goal.com, faites une grave erreur.

 

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