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La journée de vendredi a été une hécatombe pour la Coupe du monde 2014 avec plusieurs forfaits de grands joueurs. Retour sur un vendredi noir.

Nous pensions le mauvais sort conjuré avec la blessure de Falcao, qui a dit adieu au Mondial 2014 après une course contre la montre perdue d’avance. Un sacrifice antique sur l’autel du mauvais œil. Un sacrifice qui n’aura guère suffi. Dans un sport particulièrement assujetti aux bobos en tout genre de par sa nature même, il était prévisible que d’autres infortunés fassent une croix sur la fête estivale du football. Ce qui était, en revanche, moins envisageable, c’est la proportion d’éclopés qui hantera les infirmeries pendant que se joueront les enjeux sur les prés brésiliens et surtout le nombre de maudits en une seule journée, en un seul vendredi. Le vendredi noir.

Des Bleus et des bosses

Alors qu’un sorcier ghanéen revendique ouvertement la blessure de Cristiano Ronaldo, force est d’admettre, sans forcément recourir au surnaturel, que le hasard, l’ironie, le destin ou toute force aux commandes de l’univers a eu la main lourde ce vendredi 6 juin. Jugez plutôt : Franck Ribéry, Clément Grenier, Roman Shirokov et Marco Reus (finalement forfait ce samedi).  On apprend également que Maicon attend anxieusement ses résultats d’examen, après avoir été blessé lors de l’amical du Brésil face à la Serbie. Une victoire 1-0 qui pourrait coûter très cher.

Toutes ces blessures sont des tragédies en elles-mêmes, chacune à sa manière. Le coup d’envoi du bal des damnés a été donné par Falcao, certes. Mais ce sont les ultimes notes de cet orchestre de béquilles et de déambulateurs s’entrechoquant aux sons des rêves brisés qui sont les plus dissonantes. L’année noire de Ribéry, qui a dû s’asseoir sur ses ambitions de remporter le Ballon d’Or avant de s’allonger sur la banquette du kiné pour regarder ses coéquipiers tenter de faire oublier Knysna, la saison grise de Clément Grenier, qui aura finalement consenti le vain sacrifice de sa santé en jouant jusqu'à la rupture pour aider l'OL, alors qu'il traîne une pubalgie depuis plusieurs mois, Roman Shirokov, le capitaine et leader technique russe et sa blessure au tendon d'Achille et Reus qui dit adieu à un rêve de gosse et peut-être à un transfert ambitieux au Barça alors qu’il devait s’envoler dès le lendemain pour le camp d’entraînement de Porto Seguro…

Et la série (noire, forcément) n’est peut-être pas terminée. Les piqûres de placenta de cheval et de fortifiants musculaires auront beau remplacer les aiguilles vaudou, les sorciers semblent toujours avoir le dernier mot. Certainement pas les derniers maux du débat sur les saisons trop bien remplies pour les frêles organismes, les calendriers trop serrés et les enjeux trop larges. En parlant d’enjeux, une petite pensée pour les grands équipementiers qui devront corriger à la hâte leurs campagnes de pub dantesques en effaçant des faciès notoires au logiciel de retouche d’images et les bilans comptables au stabilo magique. Après tout, le vendredi noir, dans le concept, ce n’est pas si éloigné du jeudi noir. D’ailleurs, pour certains, c’est déjà la grande dépression.

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