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Treize ans après sa dernière participation à une finale de CAN, le Nigeria va de nouveau briguer le titre continental. Un géant renait de ses cendres.

Quelle fut longue la traversée de désert connue par les Super Eagles. Entre 2000 et 2013, exception faite d’une participation au Mondial 2010 qui fut sans relief, le Nigeria n’aura rien réussi de notable sur la scène internationale. Une véritable anomalie pour cette sélection qui fut jadis l’un des principaux ogres du Continent Africain. Les champions d’Afrique 1994 ont vécu dans l’anonymat, mais leur réveil ne s’est pas fait dans la demi-mesure. A l’occasion de la CAN 2013, emmenée par une jeune et talentueuse génération, ils ont franchi tous les obstacles et avec brio, qui plus est. Et dimanche, ils n’auront plus que le Burkina-Faso à écarter de leur chemin pour concrétiser ce remarquable retour en grâce.

Une sélection sans stars

Arrivés en Afrique du Sud sur la pointe des pieds et avec comme souci principal de se refaire une santé après une CAN 2012 manquée, les Nigérians ont fait bien plus que cela. Les deux nuls enregistrés en début de compétition (contre le Burkina-Faso et la Zambie) ne les a en rien perturbés et une fois lancés, ces Aigles ont tout emporté sur leur chemin. Leur principale victime n’était autre que la Cote d’Ivoire, le grand favori du tournoi. Dimanche dernier, au Royal Bafukeng Stadium, les Drogba et compagnie n’ont rien pu faire pour neutraliser cette équipe (1-2). Une équipe où, à l’exception peut-être de John Obi Mikel, il n’y a aucune star de renom. En revanche, elle regorge une bande de jeunes potes très solidaires et qui se sont tous mis au service du collectif. A partir de là, il ne fallait grand-chose de plus pour réaliser un superbe parcours. Juste de la discipline, un peu de talent et dose d’audace.

En effet, le temps où le Nigeria possédait en son sein une flopée de vedettes est révolu. Désormais, les atouts maitres de l’équipe se nomment Emenike, Mba, Onazi, Omerua et Obaobani. Ça serait mentir que de dire que ces joueurs avaient une quelconque réputation en dehors des frontières africaines avant l'entame de la compétition. Entourés par quelques cadres que sont Yobo, Ambrose et Ideye Brown, ils ont pourtant réussi là où bon nombre de leurs devanciers ont échoué. A savoir répondre présent lors des grands rendez-vous. Le large succès enregistré face au Mali (4-1), en demi-finale mercredi, a été l’illustration parfaite de ce que cette sélection est en mesure de réaliser lorsque chacun tire le meilleur de son potentiel. Du côté de Lagos et d’Abuja, on s’est, en tous les cas, délecté face au spectacle proposé. Et le terme est faible surtout lorsqu’on sait que la dernière fois que le Nigeria a mis autant de buts lors d’un match de la CAN c’était en 2004 (contre l’Afrique du Sud, 4-0).

90 minutes, ou 120 au maximum, c’est ce qui sépare désormais les Super Eagles de leur troisième titre continental. Face aux Étalons Burkinabé, leur mission ne sera pas facile, mais ils peuvent assurément être confiants quant à leurs chances de l’emporter. En sélectionneur expérimenté, Stephen Keshi fera tout pour que ses poulains aillent au bout de leurs rêves. Cet ancien joueur de Strasbourg (1991-1993) est aussi pour beaucoup dans le succès actuel de cette sélection. Épaulé par un autre ancien international de renom, en la personne de Daniel Amokachi, il a répondu idéalement aux critiques dont il a fait objet avant son départ pour la CAN. En se servant de ses précédentes expériences à la tête du Togo et du Mali, il a bâti une formation des plus compétitives. Maintenant, il n’attend plus qu’à en cueillir les fruits. Histoire d’effacer notamment le souvenir de 1994, où, et alors qu’il était capitaine, il n’a pas pu participer au triomphe final à cause d’une blessure.

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