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Avant d'affronter la Tunisie avec le Togo pour un match décisif, ce mercredi, Emmanuel Adebayor s'est confié à nos confrères de l'Equipe.

Emmanuel Adebayor est le symbole de la sélection togolaise. Le longiligne attaquant a tout connu avec son pays, des moments les plus glorieux, comme une Coupe du monde disputée, au pire des drames, au Cabinda. Dans les colonnes de l'Equipe, il revient longuement sur une histoire unique, évoquant également d'autres anecdotes en club. Extraits.

"Les primes, c'est moi qui les paye !"

Le buteur est d'abord revenu sur ses absences avec la sélection, pointant du doigt les problèmes d'oganisation qui ont régulièrement touchés les rassemblements. "C'était toujours à cause des problèmes d'organisation. En sélection, je ne dors pas bien, je ne mange pas bien. A 4h du matin, il y a le ministre de la jeunesse et des sports qui vient frapper à ma porte, le président de la fédération, les joueurs, le staff technique... Cela m'a poussé à bout et j'ai explosé, je rentrais avec trois ou quatre kilos de moins dans mon club. Puis le président de la république m'a appelé et m'a dit qu'il prendrait tout en charge. J'avais dit au chef de l'état que je venias mais, au début du stage, j'ai vu les conditions, les chambres, pas de salle de massage... Je ne nous voyais pas faire une bonne CAN alors que les Ivoiriens étaient à Abou Dhabi, dans un hotel top. Finalement, on a su mettre un peu d'ordre.", a t-il expliqué, avant de faire une confidence croustillante sur les primes... "Combien de fois des joueurs m'ont appelé parce qu'il étaient bloqués à l'aéroport ? Je m'occupais des biais, via mon agent, et ensuite on ne me remboursait rien. Pas grave. Et combien e fois j'ai doublé les primes ? Même si c'est 2 millions de francs CFA par joueurs (3000 €), ça fait 23 fois 3000 € ! Alors quand j'entends que je gueule pour les primes, je rigole. Les primes, c'est moi qui les paye !"

Mais l'ancien attaquant d'Arsenal n'a pas caché son émotion en évoquant le drame de Cabinda, qui a eu lieu en 2010. "Stan Ocloo était mon grand frère. Il me conseillais, je l'appelais quand ça n'allais pas avec mes clubs. J'ai mis un an et demi pour digérer car il est mort dans mes bras. J'étais effondré, en pleurs, je voyais tout le monde pleurer." "J'y ai pensé très longtemps. Quand j'étais dans mon salon à Manchester, si quelque chose tombait par terre, je me cachais sous mon lit... Ce son est resté enregistré dans ma tête. Quand je suis rentré du Cabinda à Lomé, pour les obsèques, je n'ai pas vraiment mangé pendant trois semaines, je ne vbuvais que de l'eau et du thé. A Manchester, pareil. Le club m'a pris un psychologuee, il a vraiment été décisif. Quand un frère meurt dans vos bras, c'est dur, très dur..."

"Ces émotions font partie de notre vie"

Aujourd'hui, Adebayor savoure. Il clame sa fierté de représenter les Eperviers. "Porter le maillot national, faire progresser son pays, c'est immense. Je n'aurais jamais imaginé dans ma vie réussir tout cela, jouer avec des grands joueurs comme Ronaldo, Henry, Bergkamp, Vieira... J'ai même dîné avec Zidane, il n'y a rien de plus beau." Et lorsqu'il s'agit d'évoquer le phénomène Mourinho, le Togolais est catégorique. "Mourinho est extraordinaire. J'ai eu Wenger, Deschamps, Mancini, des grands managers, mais un gars comme lui, je n'avais jamais connu ça. Son comportement... Il arrive dans le vestiaire, si tu t'habilles mal, il prend tes affaires pour les mettre dans le bureau. Il se moque de toi pendant des jours, puis il peut te payer à boire. Et là, tu crois que c'est tom meilleur ami mais si tu fais une erreur, il te tue !"

Ce match contre la Tunisie revêt donc d'une importance capitale pour Adebayor et les siens. "Si Dieu veut, on sera en quarts et ensuite, tout est possible sur un match. Mais nous devons penser d'abord à la Tunisie. J'ai déà vécu une coupe du monde, j'ai vu des milliers de Togolais pleurer dans la rue à cause de l'émotion. J'ai été voir des gens malades à l'hopital. Une personne m'a parlé sur son lit et sa famille s'est mise à pleurer. Vous savez pourquoi ? Cette personne n'avait pas dit un mot depuis une semaine, en me voyant, cela l'a débloquée. Ces émotions font partie de notre vie. Je veux aller pour la première fois au deuxième tour de la CAN. Pour mon pays, pour notre histoire, pour nos frères tombés au Cabinda." Des confidences pleines d'émotion avant le choc de ce mercredi face à la Tunisie.

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