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Sans titre continental depuis 1990, la sélection algérienne se présente à la CAN 2013 avec beaucoup d’ambition. Et si c’était son année.

Mardi prochain, à Rustenburg, l’Algérie entamera sa 15e participation à la Coupe d’Afrique des Nations. Bien que faisant partie des nations ayant le plus pris part à ce tournoi, les Verts ne partiront pas favoris de cette compétition. La faute à une succession d’apparitions manquées durant les deux dernières décennies, où ils ne sont parvenus qu’à une seule reprise à atteindre le dernier carré de l’épreuve (2010). Depuis le sacre à Alger acquis en 1990, les Fennecs ont, en effet, trop souvent manqué à leurs tâches pour qu’on les considère comme un candidat en puissance pour la succession de la Zambie. Néanmoins, il ne serait pas ridicule d’avancer que cette équipe n’a jamais été aussi proche d’en finir avec sa longue traversée de désert. Même s’il est toujours risqué de miser sur un retour en grâce, la jeune génération présente assez d’arguments valables pour qu’on puisse croire en une nouvelle épopée glorieuse. Pour une fois, tous les voyants sont effectivement au « vert » pour cette équipe en quête désespérée de rachat.

Au risque de se méprendre ce n’est pas vraiment la belle 22e place occupée par la sélection au classement FIFA qui invite à cet optimisme. Non, si les Fennecs présentent autant de promesses à l’aune de cette CAN c’est parce que depuis deux ans, ils ne cessent de monter en régime et leurs résultats récents (une défaite essuyée seulement en match de compétition depuis 18 mois) sont suffisamment positifs pour qu’on les prenne au sérieux. Au pays de Nelson Mandela, et à défaut d’être un postulant déclaré au trône, ils seront donc à coup sûr une équipe à surveiller de près, celle dont tout le monde se méfiera et qui, si l’occasion se présente, ne se privera pas de déjouer les pronostiques et renouer, par la même occasion, avec ses lettres de noblesse. Et pour ceux qui en doutent, voici cinq raisons qui font de cette Algérie un vrai outsider..

PARCE QU'ELLE VEUT METTRE FIN A LA PÉRIODE DE DISETTE


Au-delà de toutes les motivations que les Algériens peuvent avoir à l’heure d’attaquer cette Coupe d’Afrique, il y a celle qu’ils nourrissent par rapport à leur image. Malgré une participation au Mondial de 2010, ils n’ont pas encore su effacer la longue période de l’anonymat qu’ils ont connu. Pour la simple raison, que leur palmarès demeure vierge depuis ce succès à Alger il y a 23 ans. Les Boudebouz, Kadir et Cie savent qu’une « résurrection » passera inévitablement par une campagne glorieuse et, de fait, ils sont décidés à ne pas se contenter de jouer les seconds rôles. Même si publiquement ils ne clament pas, les Verts ont cette envie d’aller au bout de leur rêve et accrocher cette deuxième étoile continentale. Après tout, la Zambie, avec ses moyens limités, l’a bien fait l’année dernière, alors pourquoi pas l’imiter. 

PARCE QU'ELLE ÉVOLUERA SANS PRESSION

En terre sud-africaine, l’Algérie bénéficiera d’un avantage dont les autres grandes nations présentes au rendez-vous ne pourront pas vraiment se targuer. Les protégés de Halilhodzic n’auront pas vraiment de grosse pression sur leurs épaules, si ce n’est celle qui consiste à faire honneur à leur pays. Par le passé, et face aux attentes qu’ils généraient, les Fennecs se sont trop souvent loupés au moment où sonnait l’heure des braves et ce parce qu’ils n’ont justement pas su faire abstraction de ses considérations extérieures. Cette fois, leur mental sera un peu moins mis à rude épreuve et c’est assurément le contexte idéal pour se libérer, pratiquer son meilleur football et prendre du plaisir sur le terrain. Avec tous ses ingrédients réunis, il ne serait pas étonnant de voir les résultats suivre.

PARCE QU'IL Y A HALILHODZIC


Ce qui permet aussi à l’Algérie de croire en son étoile un peu plus que par le passé c’est la présence sur son banc d’un coach aussi compétent que Vahid Halilhodzic. N’en déplaise à ses contempteurs, le technicien bosniaque est taillé pour ce genre de défis. Depuis le début de son parcours d’entraineur, et si l’on excepte de très rares échecs, il a toujours su remplir les tâches qui lui incombaient, voire même plus. Connaissant son envie de réussir celle-là et marquer ainsi de son empreinte son passage au pays, il y a des fortes raisons de croire qu’il va poursuivre sur sa lancée. Coach Vahid a redonné une âme à cette équipe, en même temps qu’il a su la rendre performante et aussi respectable auprès de tous ses adversaires. La Coupe d’Afrique est, certes, plus relevée que toutes les échéances négociées jusque-là, mais l’ancien buteur de la Ligue 1 française n’est pas du genre à rebrousser chemin face aux difficultés. Bien au contraire. C’est ce qui l’incite à se surpasser et à tirer meilleur de son groupe.

PARCE QUE L’ÉQUIPE EST RICHE EN JEUNES TALENTS

Une fois n’est pas coutume, l’Algérie peut compter sur un sélectionneur de renom. C’est un fait. Ce qui l’est aussi c’est qu’aujourd’hui cette sélection dispose également d’un groupe très compétitif. Du moins, sur le papier. En effet, on n’a pas vraiment souvenir d’un groupe de 23 possédants autant de joueurs expatriés. Et qui dire joueurs expatriés, dit nécessairement joueurs aguerris au plus haut niveau. Même si l’expérience leur fait défaut, les Verts paraissent être idéalement armés pour se mesurer aux meilleures nations du continent. A se demander même s’il peut en être autrement lorsqu’on possède en son sein des éléments de la trempe de Ryad Boudebouz et Foued Kadir, considéré comme les meilleurs à leur poste en Ligue 1, ou encore Sofiane Feghouli, la star montante du FC Valence. En terme purement qualitatif, les Fennecs ont dû répondant à fournir. Reste seulement à trouver l’alchimie et la cohésion parfaite pour que l’ensemble de ses jeunes joyaux élèvent le niveau collectif. 

PARCE QU'IL N'Y A PLUS DE BREBIS GALEUSES


En comparaison avec les équipes qui se produisaient durant les précédentes compétitions, celle-ci a aussi des moins, mais personne ne les déplore. Le groupe des convoqués ne comporte plus des joueurs susceptibles de semer le trouble et nuire à l’équilibre général. Ces « vedettes » qui ne se plient pas aux règles générales pour la simple raison qu’ils ont participé à la qualification pour la Coupe du Monde. Le mérite, mais aussi le courage, qu’a eu Halilhodzic c’est de s’en séparer et ce dès le début de son mandat. Quitte à se priver de quelques individualités confirmées, il a offert une atmosphère de travail plus paisible et, avec le recul, force est de reconnaitre que c’est la meilleure chose qu’il y avait à faire. A présent, la sélection bénéficie de toutes les conditions nécessaires susceptibles de la faire progresser, à commencer par le respect de la discipline et du staff technique. Une condition sine qua non pour espérer retrouver le sommet du football africain. 

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