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A quelques jours du coup d'envoi de la CAN, Arthur Boka a livré ses ambitions et est revenu sur l'importance de Didier Drogba et sa situation en club.

Exclusivité

Par Martin Ernst


Abidjan.
Samedi, en Afrique du Sud, débute l'édition 2013 de la Coupe d'Afrique des Nations. Pour la Côte d'Ivoire, Arthur Boka a déjà disputé les joutes continentales de 2006, 2008, 2010 et 2012. Le défenseur latéral gauche, qui évolue au VfB Stuttgart depuis 2006, a évoqué pour Goal.com la préparation de la compétition, la "génération dorée" des Elephants et son expérience en sélection.

Est-ce difficile de quitter son club tous les deux ans à cette période pour aller disputer la Coupe d'Afrique des Nations ?

Ici, il est toujours difficile pour un joueur de prendre la bonne décision. Bien sûr, tout le monde veut représenter son pays quand il a cette occasion. Il est très regrettable que la Coupe d'Afrique ait toujours lieu en Janvier. Pour nous, cette Coupe d'Afrique est très spéciale. Je reviendrai en grande forme de la Coupe d'Afrique des Nations, afin de tout donner ensuite pour mon club.

Avez-vous complètement le choix ? Beaucoup de joueurs africains sont confrontés au même problème.

Mon cœur bat pour Stuttgart. Mais si l'on évoque l'équipe nationale, vous ne pouvez pas annuler tout simplement. Même Ya Konan, qui joue avec moi dans l'équipe nationale, m'a dit à quel point cette situation est difficile pour lui à chaque fois.

La Côte d'Ivoire est traditionnellement l'un des favoris, mais elle a échoué lors des dernières éditions. 2013 est-elle la dernière chance pour la "génération dorée"?

C'est cela ! Notre génération le sait, je pense que c'est probablement la dernière chance, et pour certains, ce sera probablement la dernière Coupe d'Afrique. Nous avons joué deux finales.

En 2006 et 2012 respectivement, la finale a été perdue aux tirs au but, et en 2006, vous étiez sur le terrain.

Oui, et c'était extrêmement serré et douloureux. Nous avons tout donné, mais dans les tirs au but, vous devez également avoir peu de chance. Nous n'en avons pas eu et nous n'avons pas remporté le titre à cause de cela. Maintenant, Dieu merci, nous avons une chance et je suis content pour mon pays d'être en mesure tout donner. Il serait très regrettable que nous revenions de nouveau les mains vides.

Didier Drogba a été sacré cette saison, en finale de la Ligue des Champions contre le Bayern Munich. Est-ce un modèle pour vous et une garantie que cette année, tout est possible ? A t-il toujours la même importance pour l'équipe ?

Bien sûr, il est le «héros» de l'équipe nationale, si je peux m'exprimer ainsi. Il est un grand joueur, peu importe où il joue. Je pense qu'il peut marquer ce tournoi de son empreinte. Il a réalisé beaucoup de choses dans sa vie, et comme nous il a tout donné pour obtenir les autres trophées.



Yaya Touré, footballeur africain de l'année qui a remporté le championnat d'Angleterre avec Manchester City, devrait être particulièrement motivé pour faire taire les critiques ...

Je pense qu'il a ce plan en tête. Nous avons grandi ensemble et j'ai beaucoup de respect pour lui, c'est un grand joueur de football. Maintenant la chance de gagner avec son pays, il ne faut pas la manquer. Mais encore une fois, ce n'est certainement pas le seul, nous avons tous désespérément envie de gagner ce titre, nous sommes tous animés la même pensée ! Cette opportunité nous ne voulons pas la laisser passer.

En 2010 et 2012 vous n'aviez pas beaucoup joué. Quelles sont vos attentes pour cette année?

Il est vrai qu'à ce moment-là j'ai rarement joué en club. J'ai donc vécu la dernière édition sur le banc. Mais cette année, je suis en forme et je vais en Afrique du Sud pour jouer.

Vous êtes dans le groupe de la Tunisie, l'Algérie et le Togo. Quelles sont vos chances de passer ?

Nous sommes généralement considéré, traditionnellement, comme un favori, mais je vais certainement pas dire que ce groupe est simple. Nous devons aborder chaque match avec courage et concentration, afin de continuer notre route.

Si vous passer la phase de poules, vous pouvez rencontrer la Zambie ou le Nigeria. Contre quel adversaire préférez-vous jouer en quart de finale?

Si nous passons la phase de poules, alors j'espère tomber contre la Zambie, qui nous a battus lors de la dernière finale en 2012, aux tirs au but, comme je le disais. Ce serait une belle occasion de se venger, tout en montrant également que nous ne sommes pas les favoris pour rien.



Votre surnom de "Roberto Carlos africain" vous accompagne encore aujourd'hui. Comment vous êtes-vous retrouvé à ce poste "exotique" ?

(Sourire) Cela date de l'école de football à Abidjan, où j'ai commencé comme attaquant, je n'étais pas si mauvais. Mais au fil du temps, on m'a fait comprendre que j'étais trop petit. Donc, mon entraîneur m'a dit : Si tu veux faire quelque chose et devenir professionnel, il faut reculer sur le terrain. Les clubs professionnels préfèrent généralement de grands attaquants. Si t'as un bon pied gauche, tu peux te retrouver sur le côté gauche de la défense ! Au début ce ne fut pas le cas, mais au fil du temps, je me suis senti de plus en plus à l'aise à ce poste.

Quelles qualités sont nécessaires pour le poste d'arrière gauche?

Un bon pied gauche et une bonne technique ! Il est également important d'être prêt à courir beaucoup. Mais je pense aussi que le physique et la vision de jeu sont essentiels.

Quels sont les adversaires les plus compliqués à jouer que vous ayez rencontré dans la phase aller cette saison ?

Bien sûr contre le Bayern, cela fut compliqué car Thomas Müller est dans une bonne forme. Et le dernier match contre Mayence était également difficile, face à un autre Müller, Nico Muller.

Stuttgart est actuellement dans l'attente pour une prolongation de Bruno Labbadia. Souhaiteriez-vous le voir prolonger ?

J'espère qu'il va rester. Bruno est pour moi un très bon entraîneur - et un gagnant. Il veut toujours gagner et ramener les joueurs dans le droit chemin. Il parle beaucoup avec nous, mais il est également essentiel. Si vous pensez que vous êtes en bonne forme, il vous demande de donner encore plus. C'est quelque chose dont vous avez besoin en tant que joueur ...

Vous faites partie des anciens joueurs du clubs, et il y a quelques années vous auriez pu partir à Tottenham. Pourriez-vous terminer votre carrière à Stuttgart ?

Bien sûr, si j'en ai l'occasion. Même si pour des raisons contractuelles je dois partir ailleurs, je vais revenir plus tard pour vivre ici. Si Stuttgart veut me garder, je ne dirai pas non. Quand je ne maîtrisais pas la langue et ne connaissais pas le pays en arrivant ici, il m'a fallu un certain temps. J'ai également rencontré beaucoup de personnes en Allemagne, mes amis et ma familles sont présents. Maintenant, je veux rester, au moins j'ai parlé mon premier mot allemand ici.

Merci M. Boka !

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