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Les départs vers l’étranger se multiplient depuis l’ouverture du mercato. Le PSG, qui n’achète pas en France, a-t-il une part de responsabilité dans cet exode massif ?

On a beau se creuser l’esprit et sortir les archives, difficile de trouver trace d’un tel scénario au mois de janvier. Une tendance aussi inédite qu’alarmante se dégage de ce mercato hivernal. L’éternel calme plat au rayon des arrivées tranche particulièrement avec une abondance de départs, vers la Premier League notamment, ou des destinations plus exotiques. Le PSG, qui a pris l’habitude de faire ses emplettes à l’étranger, a-t-il une responsabilité dans ce bilan préoccupant ? Analyse.

Paris antithèse de Lyon, à première vue…

La liste des acteurs ayant dépeuplé la Ligue 1 est déjà longue comme le bras, et il y a fort à parier qu’elle ne soit pas exhaustive. En vrac, rapidement, citons d’abord Debuchy, Yanga-Mbiwa, Haïdara et bientôt Gouffran ou Sissoko qui devraient tous porter le maillot de Newcastle et rejoindre une colonie de Frenchies bien garnie...  On ajoutera le transfert de Rémy à QPR, lanterne rouge de Premier League ( !) , le cas M’Vila, en partance pour le Rubin Kazan, les choix contestables, et contestés, de Nenê et surtout Hoarau, partis respectivement au Qatar et en Chine, ou les rumeurs relatives à d’autres acteurs majeurs du championnat, comme Belhanda, Bastos, Lisandro, Gourcuff ou Chedjou, pour ne citer qu’eux…  Pas besoin de préciser donc que la pilule pourrait être plus dure à avaler que prévu. Le scénario est gros comme une maison. Ces seuls noms juxtaposés suffisent à imaginer un véritable affaiblissement de l’élite. L’effervescence de l’été dernier s’est rapidement estompée, et le pas en arrière de cet hiver est annonciateur d’un nouveau déclin, à l’heure où le foot français a encore montré ses limites sur le plan européen.

Recrutement, compétitivité européenne, des craintes qui ne concernent pas le PSG actuel. On ne va pas se mentir, le club de la capitale est seul au monde, pour l’instant, dans ce marasme hexagonal. Mais son rôle n’est pas négligeable pour autant. Un confrère connu de l’Equipe a exposé sa vision sur Twitter. «  En ne recrutant pas en L1, le PSG participe à l'exode des joueurs. Et à l'affaiblissement de ses adversaires.” Une façon de poser le problème sur la table, et de souligner la responsabilité du club de la capitale. Ce constat est indéniable par sa seule logique mathématique. Le PSG est bien la seule écurie française à disposer de moyens suffisamment conséquents pour satisfaire les exigences salariales des différentes starlettes de la Ligue 1. En « recrutant français », les dirigeants qataris permettraient donc au championnat de conserver ses forces vives, tout en renflouant les caisses de ses concurrents. Quantitativement, une telle stratégie mettrait donc un frein à cette fuite des talents.

Retour à la réalité

Mais dans les faits, on peut aussi considérer la concentration des stars de l’élite au sein d’une seule écurie comme une belle illusion pour se rassurer... L’Olympique Lyonnais en est l’exemple le plus criant. Pendant son hégémonie, le club rhodanien avait clairement pris cette direction, mais peut-on réellement affirmer que le reste du football hexagonal  y a trouvé son compte ? Économiquement, peut-être, mais sportivement ? Au contraire, le club de Jean-Michel Aulas a longtemps affirmé sa suprématie en affaiblissant ses adversaires, avant d’être pris à son propre piège, ce qui a précipité la fin de son règne.  Et si mettre l’accent sur un recrutement made in Ligue 1 permet au football français de réguler son système, cette option le prive aussi d’augmenter sa valeur en attirant des stars étrangères hors de ses frontières. On rappellera d’ailleurs que c’est l’arrivée de Sonny Anderson qui a permis à l’OL de se mettre sur les rails du succès...

Quelque soit le plan adopté, on peut donc penser que la conjoncture fera toujours la loi sur le marché. Le foot français se porte mal. Il vend, brade, solde à tout-va, après s’être longtemps offert le luxe de vivre au-dessus de ses moyens en s’alignant sur les masses salariales de ses voisins, sans en posséder les avantages. Le régime fiscal et la menace constante de la DNCG ne l’autorisent pas à évoluer dans la même cour qu’une compétition comme la très lucrative Premier League. Comparons donc ce qui est comparable. Suivre l’exemple d’un club comme Porto est une issue envisageable, à condition d’une remise en cause des stratégies de recrutement, de la détection aux négociations…  En attendant, Paris ou Lyon seraient bien inspirés de marquer les esprits au printemps prochain sur la scène européenne. Histoire de redorer le blason pour repousser une échéance inévitable. Celle d’un retour à la réalité.

 

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