thumbnail Bonjour,

L’arrivée de Luis Suarez au Barça change quelque peu la vision de perfection immaculée entretenue par le club Blaugrana depuis des décennies.


GOALAUTEUR : HOCINE HARZOUNE     Suivez-le sur twitter

Il y a eu l’affaire Neymar et ses malversations, la démission de Sandro Rosell et le scandale de la fausse indemnité de transfert. Il y a eu l’arrivée du sponsor qatari, venu se faire le maillot chez les esthéticiens du beau jeu et se posant comme une verrue sur le plastron jadis vierge. Il y a eu la bisbille de Messi  avec le FISC espagnol et il y a désormais Luis Suarez. Autant de taches qui viennent quelque peu salir l’image d’un Barça élevé au rang de parangon des clubs de football par ses valeurs séculaires, son centre de formation et ses principes ludiques quasi ataviques. Un club que personne n’avait le droit de détester a moins d’avoir une carte de socios du Real dûment renseignée dans son portefeuille.

Parfait méchant contre gendre idéal

Et oui car en face, le Real avait tout du méchant parfait. De l'antithèse du Barça, se présentant comme la négation de ses valeurs chez les amateurs de foot lambda. En effet, malgré les ratés mémorables du club catalan au niveau du recrutement, le très cher Ibrahimovic, le non moins onéreux Alexis Sanchez, le très limité Philippe Christanval et les erreurs de casting notables et notoires (Chygrinski, si tu nous lis…), c’est toujours au Real que l’on reproche son image de « cash machine », de vilain petit Qatar des clubs de haut niveau, qui recherche toujours à acheter sa voie vers les étoiles. Le cliché est roi et  le poncif souverain. Au point de voir sa vision brouillée par une abondante matière focale de lieux communs.

L’ère Mourinho contre Guardiola n’a rien arrangé. Le Portugais personnifiant de manière prégnante le « gagner à tout prix et par n’importe quel moyen », tandis que l’Espagnol se faisait le véhicule d’une saine philosophie du résultat par la manière. Un nouvel opus de la lutte entre Bilardistes et Menottistes que personne ne gagne jamais vraiment. Mais depuis le départ de Pep, le fard se craquèle et le halo lumineux de respectabilité entourant le Barça se déchire peu à peu. La dernière saison du club catalan, éclairée au néant, a mis en perspective autant de choses nouvelles que d’anciennes tares. L’échec de l’équipe d’Espagne, au notoire noyau catalan, au dernier Mondial a accentué ce parfum de fin d’ère et imposé un constat : le Barça n’est plus parfait. Pire, il ne l’a peut-être jamais été.

Messi et ses dribbles chaloupés n’effacent plus la dette dans les esprits des observateurs, le fameux tiki taka est devenu stérile après avoir accouché de tant de merveilles et les adversaires du club azulgrana ont finit par s’habituer à son ballet jadis létal, comme Locuste buvant un peu de poison chaque jour, devenant ainsi immunisée contre n'importe quelle sorte de venin.

Poussé dans les abîmes de la reconstruction, le Barça, fragilisé par de nombreuses crises institutionnelles récentes, semble désormais avoir adopté la recette de l’ennemi héréditaire, ne s’appuyant plus sur son centre de formation (avec le départ définitif de Dos Santos à Villarreal ou la résiliation du contrat d'Isaac Cuenca, ce qui confirme la thèse de la convergence accidentelle des talents lors de la grande épopée Guardioliste chez les détracteurs des Catalans) et misant sur le recrutement onéreux pour faire oublier les affres du terrain comme le ferait le premier Lorenzo Sanz ou Florentino Pérez venu. Dans cette optique, on peut considérer Luis Suarez comme un cache-misère 18 carats . Mais si l’arrivée de l’Uruguayen enjolive certainement l’effectif du FC Barcelone, il n’améliore nullement son image. Et c’est une litote.

Le Barça, incarnation de la vertu footballistique, a-t-il définitivement franchi un cap avec le recrutement d’un jouer honni pour son comportement et enveloppant moult défauts dont celui de vouloir gagner à tout prix et par n’importe quel moyen, péché capital en contradiction directe avec la loi cardinale inscrite dans le code génétique bleu et grenat ? Le déficit d’image remplacera peut-être  le déficit de trophées et le Barça, en devenant un club ordinaire, aura sans doute déjà perdu.

 

Relatifs

From the web