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Lors du Clasico contre son rival madrilène (1-3), le Barça a subi son deuxième revers en quelques jours après Milan (2-0). Un passage à vide qui pourrait laisser des traces.

La vérité d'un jour n'est pas celle du lendemain. Il y a quelques mois à peine, les louanges ne manquaient pas pour encenser ce Barça. Les observateurs voyaient en ce cru 2012-2013 le plus prolifique de toute l'histoire du club. Tito Vilanova présentait un bilan impressionnant à la trêve, sur le plan comptable. Le club catalan et Messi s'envolaient vers de nouveau records... Si la semaine écoulée pour les Barcelonais n'est pas encore rédhibitoire, si ce n'est en Coupe du Roi pour l'instant, elle est suffisamment alarmante et inhabituelle pour s'interroger sur les problèmes actuels des Blaugrana. Analyse.

Une partition sans maestro

Dans les faits, il ne faut pas mettre ces deux déconvenues dans le même panier, même si un inexorable sentiment d'impuissance est ressorti à Milan comme au Camp Nou hier soir. Mais contre les Rossoneri, les coéquipiers de Messi ont eu la possession de balle, de façon écrasante. A San Siro, l'adversaire des Blaugrana avait proposé un bloc bas, laissant volontairement le ballon aux Catalans. Et ces derniers ont pêché dans ce qui fait habituellement leur force. Le mouvement, la créativité. Lors de ce Clasico, la configuration ne fut pas la même. Le Real a clairement regardé le Barça dans les yeux, alternant des phases de pressing terribles et des moments de repli défensif pour tenter de contrer les Blaugrana. Le Real a entrepris, maîtrisé et donné le tempo du match, là où le Barça n'a jamais su faire les changements de rythme nécessaires pour surprendre son adversaire. Et même dans le domaine de la récupération, un compartiment dans lequel le club catalan excelle d'habitude, les Blaugrana ne jouaient pas dans la même cours que les Merengue, mardi soir.



Les deux défaites de la semaine n'ont donc pas le même contenu. Mais elles mettent en exergue un Barça sans idée, qui a toujours subi la tactique de son adversaire (celle du Milan étant même plus simple à analyser que le plan élaboré du Real). On peut évoquer un problème physique au plus mauvais moment. Les hommes forts du Barça jouent à un rythme effréné sur tous les tableaux. Mais c'est désormais le cas depuis des années. On peut également suggérer que l'absence de Tito Vilanova, actuellement à New York pour son traitement après sa rechute, est un élément préjudiciable, Jordi Roura n'ayant pas l'expérience qu'avait pu acquérir le remplaçant de Guardiola sur le banc. Mais ces points préoccupants ne suffisent pas à expliquer la période actuelle. Dans le club le plus dogmatique du monde, où la doctrine d'une identité de jeu bien spécifique a toujours été glorifiée, la défaillance d'une individualité est plus importante que l'on ne le croit...

Incontestablement, la partition barcelonaise n'est plus la même lorsque son maestro n'est pas en forme. Leo Messi a marqué samedi, contre Séville, mais il n'a pas fait la différence dans les deux matches au sommet. Pire, il s'est montré particulièrement discret et emprunté, ne trouvant jamais la clé pour répondre au marquage serré (mais c'est pourtant une habitude) des défenseurs milanais et madrilènes. On mentirait en affirmant que la star argentine est le seul joueur à avoir failli. Puyol, par exemple, ne fut que l'ombre de lui-même, et Fabregas interpelle de plus en plus. Mais l'influence du quadruple Ballon d'Or sur l'animation offensive du Barça est bien trop significative pour que les Blaugrana puissent se passer de sa créativité. Alors, est-ce que la méforme de Messi, à elle-seule, suffit à changer le visage du Barça, ou est-ce que l'Argentin est finalement dépendant de l'expression collective des Blaugrana ? Vu le nombre de prouesses individuelles réalisées par le goleador, on ne peut pas occulter la première option. Mais cela reviendrait à minimiser l'aspect collectif du jeu barcelonais. Au risque d'égratigner le mythe, la question mérite d'être posée.

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