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Ancien président du FC Barcelone, et grand architecte de la réussite du club catalan, Joan Laporta s'est confié à Eurosport. Ibrahimovic, Ronaldinho, Laporta dit tout.

Président du FC Barcelone durant sept années, Joan Laporta a connu les années de gloire avec le club catalan. Mais le 1er juillet 2010, il cède la présidence du club à Sandro Rosell. Aujourd'hui toujours très proche de son club, Joan Laporta s'est exprimé sur le nouveau Paris-Saint-Germain, mais aussi sur l'ascension du FC Barcelone.


"Je suis fier d’avoir contribué à la création de la plus grande équipe de l’histoire. Ce groupe peut encore tout gagner. Les joueurs sont doués, intelligents et liés par l’amitié depuis l’adolescence . Lorsque nous sommes arrivés, la situation était catastrophique. Nous avions 45 priorités, notées noir sur blanc, notamment le coach et les joueurs. Txiki Beguiristain, le directeur sportif, a décidé, avec la collaboration de Johan Cruyff, d’installer Rijkaard sur le banc, puis d’incorporer Ronaldinho. Ronnie a tout changé. Il a été un rêve pour tous les amoureux de football. La philosophie était celle de Cruyff et c’était sans doute la mesure la plus importante. Il était essentiel d’avoir une vision claire, de savoir où l’on allait. Nous avions perdu cet esprit. L’idée était de récupérer la beauté avant d’avoir les résultats."

Sur le nouveau PSG et Ibrahimovic

"Barcelone et Paris se ressemblent. Ces villes se caractérisent pour leur amour du beau. Le PSG doit adopter la philosophie de Barcelone. Je respecte les investissements du PSG mais, à mon avis, il faut le faire avec une seule idée : le spectacle. Il faut avoir le temps, aussi. Moi, je savais que j’avais plusieurs années pour mener mon projet. Mais je savais aussi qu’avec Deco, Ronnie, Eto’o, Xavi et Iniesta, j’étais dans le vrai. Ibra est un grand professionnel. Je suis bien placé pour parler d’Ibra car je l’ai signé. C’est un vainqueur. Il l’a démontré en Italie et dans tous les clubs où il est passé. Mais surtout, Ibra est un formidable buteur. A Barcelone, ce n’est pas facile de s’adapter au système. Il n’a pas eu le temps de le faire. Je reconnais que nous avons fait un pari, celui de mettre un buteur statique dans un système qui nécessite du mouvement. J’en prends l’entière responsabilité. La direction sportive avait décidé d’arrêter avec Eto’o. Nous avions trois noms : Ibra, Villa et Forlan. Je suis parti avant qu’Ibra s’en aille. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé. Moi, j’avais des bonnes relations avec lui. Sous des aspects très durs, c’est quelqu’un de très sympa. Il m’avait expliqué la signification de chacun de ses tatouages. Et ça avait pris du temps hein ! Bon, c’est vrai qu’il est un peu caractériel, mais c’est une vraie star. Il est en lutte permanente pour remplir les objectifs qu’il s’est fixé. S’il a accepté Paris, c’est qu’il sentait que cette équipe allait l’amener loin."


Guardiola plutôt que Mourinho

"Très tôt, j’ai eu la conviction que Guardiola serait mon entraîneur. Mais au sein du conseil d’administration, certains pensaient à Mourinho. J’avais la majorité et j’ai appelé son agent Jorge Mendes pour lui annoncer que Pep était l’élu. Les évènements m’ont donné raison, même si personne ne s’attendait à un tel succès. Mais je tiens à dire que Mourinho est un travailleur acharné. Il a gagné partout où il a entraîné. Nous devons respecter cela. Il a un énorme caractère et il a une qualité qu’ont les grands : il prend toute la pression sur lui. Il peut entraîner partout."

A propos de Karim Benzema et Franck Ribéry

"Nous avons pensé à la faire venir à l’été 2008. Mais selon le directeur sportif, il n’était pas assez mature. Benzema avait une qualité technique phénoménale, il était titulaire à Lyon, un grand club. J’ai vraiment pensé à le signer. J’avais même appelé son agent. Mais le but était : on attend deux ans et on voit. Quand il a signé au Real Madrid, on s’est dit : ‘mon Dieu, ils l’ont eu avant. On va souffrir !’ A cette époque, on voulait quelqu’un de vraiment confirmé. Il fallait aussi trouver un point de chute à Eto’o, qui ne voulait qu’un club de Ligue des champions. Pour limiter l’investissement, il fallait une sorte d’échange. Or, seul l’Inter réunissait toutes les conditions. D’où Ibrahimovic, qui était le premier choix. Nous aurions même pu en avoir un autre français, Ribéry. J’avais parlé avec mon grand ami Karl Heinz Rummenigge, mais le Bayern ne voulait pas le vendre."

Quand Laporta évoque Eric Abidal, "La clé" selon-lui.



"Pour moi, Abidal a été la clé de la défense car il est rapide, puissant, et il a un don pour couper les passes. Dans notre système, il était vital. L’image où il soulève la Coupe d’Europe avec le brassard de capitaine est la plus belle que j’ai vue dans le football. C’était la démonstration que le Barça est plus qu’un club."

Sur l'indépendance de la Catalogne et la supposition "Barcelone en Ligue 1"

"Nous voulons l’indépendance pour notre dignité nationale. Nous en avons besoin pour défendre notre culture, notre langue et notre économie. Si nous parvenons à l’indépendance, ce sera très bon pour la Catalogne. A moyen terme, ce sera bon pour l’Espagne. Et bien sûr, ce sera bon pour l’Europe. Nous sommes au début de quelque chose de grand. Si nous voulons profiter des immenses ressources que génère la Catalogne à nos concitoyens, notre pays doit être indépendant. Si l’on se pose cette question, c’est que nous serons indépendants et j’en serai très heureux ! Pour le Barça, il y aura beaucoup d’options. La Liga ? Un championnat de Catalogne ? Une ligue ibérique ? La France ? Tout est possible. Sinon, la redistribution des droits TV permettra d’augmenter le budget des clubs catalans et nous aurons une forte compétition interne avec Girona, Sabadell, l'Espanyol. La question du sport et du Barça est importante mais pas primordiale. D’abord, il faut l’indépendance : c’est le plus urgent."

Mais aussi en tant qu'ami de Guardiola...

"Je crois que Josep sera à nouveau entraîneur l'an prochain. Il a une grande personnalité, les idées très claires, il est très intelligent. Je le connais bien, j’ai l’honneur d’avoir de bonnes relations avec lui, pour moi, c’est le meilleur entraîneur du monde. Tous les grands clubs voudraient avoir Guardiola comme entraîneur. Que faut-il pour l'attirer ? Il aime créer. Il y aura beaucoup de raisons qui influenceront son choix. Il analysera tout. Je crois qu’il voudra avoir le pouvoir de décision sur les questions sportives car il faut qu’il se sente dans le confort pour travailler. Paris ? Pour convaincre un entraîneur comme Guardiola, ce n’est pas évident. Je ne sais pas si le Paris Saint-Germain a une structure adéquate pour ça." s'est-il exprimé dans les colonnes du 10Sport.

Palmarès Joan Laporta au FC Barcelone :

2 Ligues des Champions : 2006 et 2009.
4 Championnats d'Espagne : 2005, 2006, 2009 et 2010.
1 Coupe du Roi : 2009.
3 Supercoupes d'Espagne : 2005, 2006 et 2009.
1 Supercoupe d'Europe : 2009
1 Coupe du monde des clubs : 2009

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