ESP, Real Madrid - Le « J’accuse » de Pellegrini

Les entraineurs passent mais les présidents ne perdent pas les bonnes habitudes au Real. Manuel Pellegrini parle enfin . Le Chilien récemment évincé du banc madrilène, s’exprime en reproches sur l’ingérence de Pérez et l’importance relative de son opinion tout au long de la saison…

Manuel Pellegrini, Florentino Pérez, Real Madrid (Getty Images)

C’est presque une tradition au Real. L’entraineur fraichement viré, expurgé du sempiternel devoir de réserve, se lâche. Et ses premières flèches vont droit vers la direction et le président. La nouveauté, cette fois, c’est que le réquisitoire du coach (Pellegrini en l'occcurence) est renforcé par des faits. Et quels faits…

Pas le droit au chapitre

"Je n'avais pas voix au chapitre, accuse Pellegrini. Avec Florentino Perez, nous avions des opinions divergentes sur l'effectif. Il a vendu des joueurs que je jugeais important dans l'équipe comme Arjen Robben et Wesley Sneijder."
Très vite jugés indésirables, les deux internationaux bataves ont été transférés au Bayern Munich et à l'Inter Milan. En plus d'avoir disputé tous les deux la finale de la Coupe du monde, le premier a remporté le championnat d'Allemagne et a été finaliste de la Ligue des champions. Le second a remporté la C1, le championnat et la Coupe d'Italie. Autant d’arguments conspuant la politique de Pérez et ses décisions.

Mais Pellegrini a envie de régler ses comptes une bonne fois pour toutes et ne s’arrête pas en si bon chemin. « Et quand il y a un problème entre le président et l'entraîneur, c'est l'entraîneur qui part. Je pensais sincèrement rester plus longtemps. Ce n'est pas de l'arrogance mais j'en avais les capacités. De toute façon, même si on avait gagné le championnat, j'aurais été renvoyé", ajoute-t-il en précisant que le Real a fait, sous sa direction, "la meilleure Liga de son histoire".

La Liga était d’ailleurs un objectif secondaire au début de la saison dans la capitale espagnole. Ce qui importait à l’époque, c’était la C1, dont la finale s’est jouée à Santiago Bernabeu. "Nous n'avions pas un effectif suffisamment solide pour la gagner. Je partageais l'idée de Florentino Perez d'enrôler les meilleurs joueurs pour le rayonnement médiatique du club mais c'était à chaque fois au même poste". explique Pellegrini, qui n’hésite pas à imager : « Ca ne sert à rien, dans un orchestre, d'avoir les dix meilleurs guitaristes du monde s'il n'y a pas de pianiste avec. C'était le cas au Real". Ce qui est sûr, c’est que depuis 2008, les martiales trompettes du succès ne sonnent plus à la Cibeles. Reste à savoir si Mourinho saura manœuvrer Perez ou si le cacique Merengue continuera à lui jouer du pipeau.





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