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Après cette nouvelle humiliante et pathétique défaite face au Bayern (5-1), Arsène Wenger le sait : il doit prendre ses responsabilités et s'en aller, une bonne fois pour toute.

Il y a ceux qui le défendent corps et âme. In Arsène we trust prêchent-ils. Les éternels romantiques, les rêveurs effrayés par le changement. Ils rabâchent, à qui veut bien l'entendre, les prouesses accomplies par l'entraîneur alsacien depuis qu'il a posé ses valises à Londres en 1996, la régularité impressionnante à décrocher la Ligue des Champions saison après saison, le souvenir impérissable des Invincibles, la bonne santé financière du club malgré la construction d'un stade... Et puis, il y a les autres. Ceux qui ne rêvent que d'une chose : son départ. Ils brandissent des bannières virulentes au stade, se lâchent après chaque défaite sur les réseaux sociaux. Ils l'insultent, réclament, exigent un changement imminent. La frustration est si grande qu'elle efface tout ce que le coach a pu apporter à Arsenal.

Nonchalant et irrégulier, Mesut Özil est l'homme absent des grands matches

Sans tomber dans les deux extrêmes, il y a peut-être un juste milieu à trouver. Oui, Arsène Wenger mérite le respect. C'est un grand entraîneur qui a complètement transformé Arsenal et a, sans doute, fait vivre leurs plus beaux moments à de nombreux supporters du club londonien. 20 ans en arrière, il a donné une forte identité et un style de jeu aux Gunners. Il a été un vrai précurseur, mais aussi bon soit-il, il n'a pas su se renouveler et évoluer ces dernières années. En toute honnêteté, il y a déjà quelque temps que la belle histoire d'amour aurait dû prendre fin. Car inlassablement, saison après saison, les supporters vivent et revivent le même scénario. Les chances d'un titre s'évanouissent généralement entre février et mars, la Ligue des Champions aussi, les humiliantes défaites se gravent à l'encre indélébile et Arsenal n'a plus qu'à se battre pour cette fameuse quatrième place - désormais moquée, en attendant le début de la nouvelle saison.

Évidemment, il n'est pas le seul responsable. Le board a une grosse part de responsabilité, les joueurs aussi. Mais Arsène Wenger et ses idées enfoncent aujourd'hui le club dans une spirale sans fin. Pourtant, il y en a eu du changement à Arsenal. Les fans réclamaient de gros joueurs... et de gros joueurs sont arrivés. Mesut Özil, Alexis Sanchez... des pointures qui évoluaient dans deux des plus grosses équipes du moment, le Real Madrid et le Barça. Même cet été, Arsène Wenger a dépensé plus de 80 millions d'euros pour des recrues qui peinent à convaincre. Mais le manager a perdu son flair quand il s'agit d’étoffer son effectif. Un effectif qui, au final, n'est jamais assez fourni pour pouvoir concurrencer les autres grosses écuries.Et puis sérieusement, aller chercher un titre avec Gibbs, Iwobi, Oxlade, Walcott et consorts relève du miracle. Les supporters demandent de sortir toujours un peu plus le chéquier, comme si l'argent allait absolument tout résoudre (on l'a d'ailleurs parfaitement vu avec Manchester United...), mais le problème est plus profond que de simples individualités.

Le club, sous les ordres d'Arsène Wenger, est aujourd'hui et depuis plusieurs années piégé dans un cycle sans fin où les mêmes erreurs se répètent année après année, peu importe les joueurs à disposition. Le coach n'adapte pas ses schémas tactiques à ses adversaires, il ne change généralement rien et remet inlassablement le même dispositif en place. À l'inverse, un Antonio Conte modifie complètement sa tactique quand il s'aperçoit que les résultats ne suivent pas. Et coup de maître, depuis les Blues déroulent et s'envolent en tête de la Premier League. Or, le manager d'Arsenal est dépassé tactiquement, ses choix sportifs sont toujours plus surprenants. Les performances contre Chelsea et le Bayern mercredi ont tout simplement été embarrassantes. À force de trop vouloir protéger ses joueurs, de les titulariser quelles que soient les performances, cela donne une équipe sans âme qui ne parvient jamais à sonner la rébellion. Il n'a plus, depuis longtemps, le recul professionnel qu'il se doit d'avoir avec ses joueurs. L'affect est trop important. 

Arsenal a besoin de plus de passion, de révolte, de renouveau. D'un entraîneur qui ne veut pas mourir avec ses idées sous peine d'y entraîner un club qu'il a tant aimé. Recruter un nouveau manager ne sera pas forcément gage de titre. Peut-être même que les Gunners louperaient, pour la première fois en 20 ans, une qualification pour la fameuse Ligue des Champions. Peut-être mais au fond qu'importe ?  Il est venu le temps où Arsenal doit prendre des risques, pour le meilleur ou pour le pire, peu importe mais il y a besoin de changements, d'apprendre à nouveau, de découvrir autre chose. Stop la mascarade. Et comme le board s'entête à vouloir prolonger le manager, c'est à lui de prendre la décision et de dire stop.

Arsène Wenger aurait dû partir il y a déjà quelque temps. Laisser son "bébé" sans avoir pu y accomplir tous ses objectifs. Surtout que le club a loupé le coche de la valse des managers. Tous les grands ont bougé ces derniers mois. Un Antonio Conte aurait pu totalement réveiller cette équipe mais il a signé à Chelsea. Carlo Ancelotti s'est engagé au Bayern, Pep Guardiola a rejoint City et Jurgen Klopp tente de redonner des couleurs à Liverpool. Du coup, les options sont assez minces. Diego Simeone semble être le candidat idéal mais il rêve de l'Inter. Massimiliano Allegri et Thomas Tuchel n'ont pas des personnalités assez fortes pour créer quelque chose de fort en débarquant à Londres. Mais pour rappel, personne ne connaissait Wenger à l'époque où il est arrivé. Il faudra également revoir toute la structure du club et ne pas laisser toutes les responsabilités à un seul homme. Car Wenger veut aujourd'hui tout contrôler et il est dépassé à tous les niveaux.

Le coach alsacien rêvait de gagner la Ligue des Champions. Les supporters aussi. Mais il faut parfois se résoudre à comprendre qu'un fantasme n'est pas destiné à se réaliser. En février 2013, le club londonien venait de perdre 3-1 à domicile devant le Bayern. Quatre ans plus tard, rien n'a changé. Il est temps pour Arsenal de prendre de nouveau des risques et pour Arsène Wenger de partir. La tête haute car il restera toujours un héros pour tout ce qu'il a apporté. Mais il faut savoir s'en aller car aujourd'hui, il fait plus de mal que de bien. La plus belle preuve d'amour est le sacrifice, alors au revoir Arsène, pars et laisse voler de ses propes ailes ce club que tu aimes tant.

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