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Par Joseph Ebequoi

La Ligue 1 entendait rentrer dans le cercle fermé des meilleurs championnats européens notamment par l’apport financier outrancier du Qatar dans la capitale. Un pari partiellement gagnant lorsqu’on voit le verbe Zlataner dans le dictionnaire suédois ou encore des émissaires de toutes parts venir renifler les talents tricolores de demain. Partiellement rempli en effet, car la désertion perpétuelle des joueurs de Ligue 1 paupérise notre championnat émergent. Néanmoins, il n’y a pas que des côtés négatifs dans ce braquage à l’anglaise.

La maladie de Newcastle ici dépasse toute notion médicale. Je retiens de la définition proposée par Kraneveldt, le lien avec la grippe aviaire. Effectivement, comme en 2004, avec la souche H5N1, la maladie de Newcastle a rapidement atteint le seuil épidémiologique. Cette envie latente abruptement avouée par un joueur de Ligue 1 qui se matérialise par un départ immédiat pour la pelouse du St James' Park a touché pour l'instant cinq personnes en moins d'un mois. Une envie franchouillarde donc, qui rencontre une lubie british, celle d'acheter inlassablement du "made in France". N’en déplairait pas à François Bayrou ni à Arnaud Montebourg, le produit français a la cote chez  les « Brexit » (Les eurosceptiques Britanniques favorables au retrait de l’Angleterre de l’Union Européenne). 

C'est toujours la crise en Ligue 1

Depuis plusieurs saisons, les clubs phares de l'hexagone - hormis le PSG- se saignent aux quatre veines pour mieux se serrer la ceinture. Au 30 juin dernier était annoncé un déficit cumulé de 107 millions d'euros contre 65 millions la saison précédente. Les clubs doivent ajuster leurs masses salariales et recruter "malin", discount ou encore recruter "Intermarché". Par exemple, l’Olympique de Marseille dont la recrue majeure l'été dernier se nommait Raspentino (désormais Brestois) prouve que les temps sont rudes même en période de crise. Dans la canebière, il faut faire des économies. L'OM ne peut plus se permettre les folies d'antan (Lucho) et opte dorénavant pour les oiseaux rares méconnus en Europe (Moudou Sougou). Parlons brièvement, des septuples champions de France. L'Olympique lyonnais, qui jadis acheter sans compter (Lisandro pour 24M, Gourcuff à 22M, Cissokho 15M etc…) est obligé de revoir sa politique de recrutement. Jean Michel Aulas ne fera plus ses emplettes au FC Porto et compte même se revendre à perte ses plus belles tenues de soirée au plus offrant. Quelle gabegie ! 



Cette quête de l'abstinence est prisée par la DNCG (direction nationale de contrôle de gestion). Une commission de la LFP qui décortique les comptes des clubs français. L’exception française quand tu nous tiens ! Ajoutons aussi, la baisse des Droits TV. Les droits télés de la Ligue 1 vendus par la Ligue de football professionnel pour les quatre prochaines saisons de 2012 à 2016 ont baissé de 61 millions d'euros. A titre de comparaison, Les droits vendus par la LFP pour la L1 sur la période 2008-2012 étaient de 668 millions d'euros et ils passent à 607 millions d'euros entre 2012 et 2016. Fort est de constater que de manière générale, les équipes de Ligue 1 manquent de cash. Sans liquidité, il est difficile de s’aligner sur les salaires que proposent les clubs étrangers.

Ne soyons pas totalement pessimiste, il y a une fine lueur d’espoir. L'organisation de l'Euro 2016 en France impliquant la construction (à Nice, Lyon, Bordeaux, Valenciennes) ou les rénovations (à Marseille et à Saint-Étienne) de nouveaux stades, ouvriront de nouvelles perspectives. On est, en fin de compte peut-être dans une « phase de transition » pour les deux ou trois prochaines années à venir. 

Exodus de Bob Marley 

La cadence infernale de départs des footballeurs français vers l’Angleterre mériterait peut-être qu’on pense à créer un ministère de l’émigration non ? Ou moins un référendum populaire pour approuver les départs ? Je ne sais pas moi ! L’expatriation de joueurs confirmés de Ligue 1 est une catastrophe pour le championnat. Belhanda (auteur du plus beau de L1 la saison dernière), Remy et Gouffran (à eux deux 30 buts en moyenne la saison précédente), Mapou, M’vila et Sissoko (internationaux français) ou encore Debuchy (l’un des meilleurs latéraux de la L1), je vous laisse constater les dégâts. 

La balance commerciale de la Ligue 1 pendant ce mercato hivernal va laisser des traces et de la place. Effectivement, les prodiges que sont Cabella (MHSC), Saivet (FCGB), Sidibé (LOSC) auront la possibilité de confirmer sous les projecteurs et la pression. D’autre part, les espoirs tels que Regattin (TFC), J.Ayew (OM), Pajot (SRFC) pourront s’avérer être des recrues inopinées. Espérons ! Pour les beaux yeux de ce fallacieux coefficient de « spectacularité ». 



Les nouveaux Frenchies de la Premier League, une aubaine à long terme pour l’équipe de France. En effet, une saison de crème anglaise équivaut- en termes de niveau de jeu- au mieux à une participation en Ligue des Champions et au pire à la Ligue Europa. La concurrence au sein d’une formation anglaise, la pression omniprésente des médias anglais, se frotter aux meilleurs défenseurs et attaquants d’Europe ; tous les arguments pour distinguer le single de l’été du joueur de marque. Une aventure plus qu’intéressante pour les internationaux français à quelques encablures du Mondial 2014. Vu comme ça, on a presqu’envie que la Ligue 1 ait la grippe aviaire enfin le virus de Newcastle.  

"L'entente cordiale" 

Olivier Giroud le sait, « Frenchy » est un statut dur à assumer que ça soit à Londres ou à Newcastle, il va falloir prouver. Actuel seizième de Premier League, les Magpies espèrent se bonifier grâce à l’apport de la touche française. Alan Pardew, alors coach de West Ham, pestait contre le recrutement franco-français d’Arsène Wenger. En 2006, il trouvait qu’avec « l’afflux de joueurs étrangers certes talentueux, la Premier League pouvait perdre tout de même l’âme du football anglais- le joueur anglais». Sept ans plus tard, il n’en a littéralement rien à cirer de l’esprit mystique de l’âme du football de la Reine d’ Angleterre. Newcastle United rebaptisé Nouveau Château Uni et Alan Pardew surnommé Alain Depardiew pillent la ligue 1 grâce à une recette infaillible. Ils prennent pour cible, les joueurs en fin de contrat et proposent une faible indemnité de transfert et un salaire mirobolant. 



Avec « Haidara-Debuchy-Mapou », la défense des Magpies n’aurait pas l’excuse de la barrière de la langue pour expliquer son gros nombre de buts encaissés (41) en championnat. La devise latine de Newcastle «Triompher par une défense courageuse » est de nouveau le mot d’ordre de la maison. On y voit un réplica « low-cost» mais prometteur du trident tricolore « Clichy-Koscielny-Sagna » d’Arsène Wenger. Devant, le milieu Tiote-Cabaye-Sissoko, ce mélange de puissance, vitesse et de technique a déjà fier à l’allure. Un petit bémol sur l’attaque, avec Gouffran et Cissé qui ne sont pas réellement des tueurs de profession. Toutefois avec Hatem Ben Arfa le danger peut venir de nulle part. 

"On se croirait en France"

Interrogé sur la « Frehcmania » ambiante en Outre-Manche, Steed Malbranque a évoqué le problème de l’intégration qui sera omniprésente dans cette équipe. Ce dernier avait connu une situation similaire avec le Fulham de Jean Tigana au début du siècle. A peine débarqué en Angleterre, l’ancien latéral lorrain, Maissado Haidara déclarait : « On se croirait en France (rires). C’est une équipe de L1 dans le championnat anglais ». Une blague certes mais le constat conjoncturel lui donne raison. Même si des contre-exemples il y en a, notamment : Les Gunners « Invincibles » (7 français, 9 francophones) et le Chelsea de Mourinho (portugais) deux équipes qui ont gagné la Premier League avec un vestiaire harmonieux. 

Newcastle a dévalisé la ligue 1, la moindre des choses aurait été de s’arrêter à Moussa Sissoko. Insatiables, ils ont eu l’outrecuidance de vouloir nous chiper notre toute nouvelle coqueluche évoluant en Corse, le jeune Florian Thauvin auteur d’un très bon début de saison. Grâce aux Anglais, le football français sera obliger de faire joueur ses jeunes talents précoces… Tant mieux ! 

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