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Eden Hazard s'est confié au quotidien The Independent, après des débuts en fanfares, le belge semble s’être effacé. Selon-vous a t'il fait le bon choix en rejoignant les Blues ?

Selon-vous Eden Hazard a t'il fait le bon choix en rejoignant Chelsea, plutôt que City ou United ?

"Mais je n’ai aucun regret. Parmi tous les clubs qui étaient intéressés, j’ai eu le sentiment que Chelsea me voulait vraiment profondément. Il y avait beaucoup de raisons de venir à Chelsea. Ils ont manifesté un réel désir de me faire venir ici. Je n’ai pas eu à réfléchir beaucoup. En premier lieu, je savais que Londres était un endroit magnifique. Mais le principal a été de bien faire les choses dès le début et je pense que c’est ce que j’ai fait. J’espère pouvoir rendre sa confiance au club." s'est exprimé le petit belge dans les colonnes de The Independent

A propos de Roberto Di Matteo et les objectifs du club

"Je pense que c’est la première fois de ma carrière que l’un de mes coaches est limogé en cours de saison. Ce n’est jamais facile. Ça fait partie du football. Nous devons mettre notre déception de côté. Même si j’étais désolé puisque c’est l’entraîneur qui m’avait recruté. C’est le manager qui fait l’équipe, mais ce sont les joueurs qui sont sur le terrain, alors ça dépend aussi un petit peu de nous. Tu te dis : "Si cette occasion était entrée, ou si je n’avais pas raté ce tir, il aurait peut-être toujours son job". Alors, on se sent responsable, mais tu te dois te reprendre et te dire que ce n’est que du football. Il faut repartir de zéro et faire avec. Avant d’arriver, je savais dans quelle sorte de club je mettais les pieds. Je savais que Chelsea était un club qui changeait souvent d’entraîneur. Évidemment, je ne m’attendais pas à ce que cela soit si rapide parce que Di Matteo est la personne qui m’a recruté et je m’attendais à bâtir une relation de travail sur le long terme avec lui. Nous avons un nouveau manager maintenant et nous devons nous concentrer pour être le plus haut possible au classement, pour aller aussi loin que possible en coupes, pour bien jouer et pour gagner autant de trophées que nous le pouvons. Encore une fois, ça fait partie du football. C’est naturel. Tu dois te remettre en question tout le temps. Tu dois te concentrer sur les points positifs."

Ci-dessous, un focus sur celui qui ne laisse rien au ..........

Bienvenue au jardin d'Eden

S’il y a bien un joueur évoluant dans le championnat de France pour lequel on s’est pris à rêver qu'il soit français, c’est lui. Avant de s'envoler pour l'Angleterre et les Blues de Chelsea, Eden Hazard nous a régalé durant quatre saisons, franchissant chaque année tous les paliers qui se sont présentés à lui, mettant par la même occasion tout le monde d’accord : il est un futur crack, c’est indéniable. En 2010, Zinedine Zidane tombait sous le charme du joyau belge : "Quand vous jouez comme quelqu’un qui a 5/6 ans d’expérience à son âge moi ça m’impressionne, comme je suis conseiller au Real Madrid moi je conseille. Alors j’en ai parlé au sein du club car j’apprécie le joueur, ce qu’il réalise pour son club est extraordinaire." De quoi flatter l’égo et donner des ailes, car ce n’est pas tout le monde qui reçoit les éloges du maître en personne.

Aujourd'hui après des débuts en fanfare en Premier League, Eden semble être plus effacé, largement en dessous de ses performances du début de saison : 12 apparitions pour 3 buts et 5 passes décisives. Mais au final, qui est vraiment Eden Hazard ?

"Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années."

Non loin de sa Belgique natale, c’est à Lille qu’Eden répète ses premières gammes, celles qui très tôt le confortent dans l’idée qu'il sera un jour le meilleur joueur de son équipe. Peut-être même le meilleur joueur tout court. Celui capable de changer le cours d’un match à n’importe quel moment, celui qui porte ses coéquipiers le temps d’une course effrénée vers le but, et qui à la fin vous fait gagner. Depuis son plus jeune âge, Eden est sûr de lui, sûr qu’un jour il sera tout en haut de l’affiche. Lui le fils de deux parents footballeurs sait que bientôt la foule scandera son nom, pour le porter vers des sommets qu'il désire atteindre depuis tout petit. Car son rêve n’est pas seulement de jouer au football, Eden veut briller, Eden veut qu’on l’acclame, mais par-dessus tout, Eden veut côtoyer le très haut niveau. Et c’est ce qui a frappé le staff lillois, sa capacité à aller vers le haut niveau, à gravir les paliers un à un comme si tout était facile pour lui, comme si rien ne pouvait l’arrêter, sauf peut-être son ego et sa nonchalance lors des entraînements. Mais depuis son plus jeune âge il surprend ceux qui le côtoient par sa facilité désinvolte, celle qui lui permet de s’imposer partout où il passe, cette volonté à réussir, cette conviction qui l’anime et qui forge sa détermination. Il n’a peur de rien, au contraire même, il aime la pression comme en témoigne sa petite mise en scène autour de son transfert à Chelsea. Utilisant les réseaux sociaux pour annoncer sa future destination, Eden booste son nombre d’abonnés. Il y en avait 57 000 avant sa signature et pendant la période où il laissait le doute (Manchester United, Manchester City, ou Chelsea) ils sont plus de 250 000 à avoir rejoint sa « Fan Page » après cette petite opération de communication, pour un total de 710 000 aujourd'hui.

Il est bien lointain le temps où le petit Eden jouait à la balle, non loin de chez lui dans son jardin ou sur la parcelle de terrain de Braine-le-Comte. A onze ans, il a le choix entre patienter tranquillement chez lui au sein du cocon familial ou rejoindre Anderlecht, la référence en Belgique. Conseillé par son père Thierry, ancien footballeur en seconde division belge et Carine sa mère, joueuse en division une, Eden fait le choix d’attendre et de continuer à progresser au sein de son club : l’AFC Tubize. Malgré des premiers contacts avec Lille lorsqu’il n’avait que douze ans ce n’est que plus tard qu’il rejoindra le LOSC. D’un commun accord entre les parents et le club, Eden reste chez lui jusqu’au moment où il sera prêt à quitter sa ville et ses proches. A quatorze-ans il intègre le centre de formation lillois et entame sa marche en avant vers le monde professionnel. Deux ans lui suffiront pour débarquer au sein du groupe pro, comme le souligne Jean-Michel Vandamme directeur du centre de formation du LOSC : "Cela ne servait plus à rien de le laisser avec les jeunes du centre de formation parce qu’il voyait plus vite, il agissait plus vite, il jouait à un niveau qui ne correspondait pas à celui de ses coéquipiers, alors nous l’avons intégré au groupe pro à seize-ans. Face à ses qualités et sa capacité mentale à aller vers le haut niveau nous n’avions plus le choix."

Eden avait réussi sa première étape : séduire ceux qui l’entourent pour gagner leur confiance. Alors un soir de Novembre 2007 (Nancy-Lille 15ème journée), Claude Puel décida de lancer sa nouvelle pépite dans l’arène et d’y apprécier la partition qu’elle jouerait. Elle fut si bonne qu’Eden ne quitta plus jamais le groupe « pro ». C’était fait, lui le petit belge était instauré au sein de l’équipe. La saison 2008/2009, Rudi Garcia rejoint le LOSC. Une rencontre qui façonnera la carrière d’Eden. "Le danger avec ce genre de perle c’est de se dire qu’il faut le brosser dans le sens du poil, qu’il ne faut surtout pas le fâcher. Il faut le forcer à donner le meilleur de lui-même, sinon on fait fausse route" déclarait le nouveau coach lillois.

"S'élever par l'effort."

C’est le début d’une nouvelle ère pour Eden et ses coéquipiers. Lors de la 15ème journée face à Saint-Etienne il est titularisé pour la première fois. Il n’aura fallu attendre que vingt-six minutes pour qu’Eden soit décisif. Une série de passements de jambes suivie d’une frappe somptueuse qui viendra se loger dans le petit filet de Jérémy Janot, de quoi s’assurer une standing-ovation à sa sortie. Le LOSC s’imposait par 3/0 ce soir-là et Eden brillait déjà. Quelques jours plus tard, il sera récompensé par une première sélection en équipe nationale de Belgique. En Coupe de France (1/8ème de finale contre Lyon) il réalise la partition parfaite, celle qui le fera connaître du grand public. Deux passes décisives accompagnées d’un but magnifique après avoir éliminé trois joueurs, à seulement dix-sept ans Eden est déjà décisif pour les siens.

Le LOSC termine à la 5ème place du Championnat de France et ses premières apparitions riment déjà avec satisfaction. Le football français est sous le charme, le désignant « Meilleur espoir de Ligue 1 » au terme de la saison. Titre qu’il trustera l’année suivante à la suite d’un épilogue malheureux pour le LOSC. Deuxièmes au terme de la 37ème journée, les lillois craqueront lors du dernier match à Lorient, défaite qui leur coûtera la qualification en Champions League au profit de l’AJA, permettant par la même occasion à Jean Fernandez de prendre une photo avec José Mourinho… Mais ce n’était que partie remise pour Eden et ses coéquipiers, le meilleur était à venir. Après cette désillusion, les Dogues entament la saison 2010-2011 avec l’intime conviction qu’ils sont capables de se mêler à la bataille pour le titre. Et c’est ce qui va se passer, petit à petit au fil des matchs, le LOSC va s’installer en tête du classement (dès la 16ème journée) et ne plus jamais lâcher sa place de leader. Hormis deux journées (31ème & 32ème) où les Marseillais ont pu espérer un court moment un éventuel doublé. Cette saison-là,  Eden inscrira probablement le plus beau but de sa jeune carrière contre l’OM au Vélodrome. Un missile envoyé de 35 mètres directement dans la lucarne d’un Mandanda qui ne pouvait tout simplement rien faire.

Rudi Garcia et sa bande réaliseront le doublé Championnat+Coupe mettant fin à cinquante-six années de disette. Cette année-là le collectif lillois permet aux joueurs offensifs de se mettre pleinement en valeur. Moussa Sow et Gervinho sont décisifs tout au long de la saison, mais c’est bien Eden qui se voit titrer « Meilleur Joueur de L1 » par ses pairs. Gervinho étincelant durant la saison se voit snober lors de la cérémonie UNFP. Mais au fond de lui, Eden sait qu’il doit encore progresser, oui il a été champion mais cela ne lui suffisait pas. Seulement sept buts et dix passes décisives. Pour lui, il ne jouait pas encore le rôle qui devait être le sien. Alors il s’est remis en question, s’est efforcé d’en faire plus, pour enfin montrer à tout le monde qu’il avait compris que pour passer du stade de potentiel à crack incontesté, il lui fallait en faire plus, beaucoup plus.

"On n'est pas le meilleur quand on le croit, mais quand on le sait."

Il entame la saison 2011/2012 avec le statut de meilleur joueur du championnat alors que rappelez-vous, il n’a que vingt-ans à cette époque. Décidé à passer la vitesse supérieure avant de quitter ses coéquipiers, Eden est avant tout un homme qui veut rendre à son club tout le bien que celui-ci lui a apporté. A l'intersaison le LOSC perd trois de ses meilleurs éléments, Yohan Cabaye, Gervinho et Adil Rami. Ludovic Obraniak décide de récupérer le numéro onze laissant par la même occasion le numéro dix pour Eden. Numéro dix dans le dos ? Comme un signe. Cette année-là, le jeune belge se laisse pousser des ailes pour enfin devenir l’homme décisif de son équipe, c’est la première fois qu’il va pouvoir côtoyer la Ligue des Champions.

Le LOSC est dans le chapeau trois mais hérite d’un tirage plutôt clément (Inter Milan, CSKA Moscou, Trabzonspor), malheureusement jamais les lillois ne se montreront à la hauteur que nécessite les grandes soirées européennes. Sortis dès les phases de poules avec une seule victoire pour trois nuls et deux défaites, les joueurs de Rudi Garcia déçoivent. Tout comme Eden qui se montre très timide. Peu en jambes dans cette compétition, jamais le belge n’arrivera à hisser son niveau de jeu. Lors du dernier match à domicile, il suffit d’un but face à Trabzonspor pour accéder aux 1/8ème de finale. Mais pourtant les lillois n’y parviendront pas, terminant quatrièmes de leur groupe avec le maigre total de six points… Le LOSC avait clairement raté sa campagne européenne et Eden ne s’était pas mis en valeur. Alors il lui fallait redoubler d’efforts et répondre présent en championnat. Surtout qu’un de ses concurrents directs avait complètement changé de dimension, on ne parlait plus du PSG mais du QSG et de ses pétrodollars.

Eden avait bien saisi l’enjeu de cette saison, il devait montrer de quoi il était capable réellement avant de s’envoler vers sa destinée. Alors il passa la vitesse supérieure, celle qui lui permettrait d’être le chef d’orchestre, celui qui fait jouer ses coéquipiers et qui les porte vers la victoire. Le LOSC termine troisième et Eden est à nouveau nommé « Meilleur joueur de L1 », mais cette fois-ci c’était largement mérité. Vingt buts et quinze passes décisives, le joyau belge a tout simplement éclaboussé le championnat de son talent cette année-là. On pensait que le LOSC s’écroulerait après son titre et ses départs, mais Eden en avait décidé autrement et porta son club tout au long de la saison. Décisif à chaque match, il a séduit toute l’Europe et pouvait partir la tête haute. Fier d’avoir été l’artisan de tout un collectif et d’avoir pleinement rendu service au LOSC.

Transféré pour 40 millions du coté de Chelsea, aujourd’hui le petit belge fait parti de ces joyaux devant lesquels nous pouvons nous émerveiller lorsqu’ils foulent le rectangle vert. Ce même rectangle vert sur lequel Eden devra nous montrer qu'il a enfin saisi que dans la vie, il arrive toujours un moment où on se fait dire qu'il est fini le temps des amusements, qu'il faut laisser place au sérieux et à l'acharnement pour passer un tel pallier. Car la Ligue des Champions n'est pas la Ligue 1 et si Eden n'a toujours pas su hausser son niveau de jeu dans cette compétition, c'est aussi le cas avec l'équipe nationale de Belgique. Mais du haut de ses 21 printemps, Eden a encore du temps pour progresser, pour atteindre ces sommets qu'il désire côtoyer depuis tout petit...

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