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Accueilli froidement par les supporters à son arrivée à Chelsea, l’entraineur espagnol Rafael Benitez commence petit à petit à gagner le respect de Stamford Bridge.

Face aux critiques et sifflets qui lui ont réservés lors de ses premières sorties à la tête de Chelsea, Rafael Benitez avait choisi le mutisme. Aucune déclaration de travers, aucun aveu de mécontement. A peine s’est-t-il permis, peut-être inconsciemment, de mettre une cravate d’une autre couleur que le bleu pour se présenter sur le banc à un match de championnat. A part cela, le technicien espagnol a décidé de fermer les yeux sur l’accueil houleux qui lui a été préparé par les fidèles de Stamford Bridge. Aux micros des journalistes, il a éludé les sujets sensibles et les questions qui fâchent. Ses seules réactions ont été des plus sobres, même au bout de trois premiers matches où il n’avait enregistré aucun succès. Une prise de position qui aurait pu alors s’apparenter à une faiblesse, mais qui, aujourd’hui, parait être totalement justifiée. L’ancien manager de Liverpool avait foi en son projet et le temps, ainsi que les résultats, semblent lui avoir donné raison.

L’équipe retrouve confiance en elle

Avec Benitez, Chelsea n’a encore rien gagné. Le club londonien a même laissé échapper un titre qui lui tendait les bras, celui du champion du monde des clubs, avec cette défaite à Tokyo concédée face aux Corinthians (0-1) il y a une semaine. Toutefois, fallait-il vraiment s’attendre à ce que cette équipe en plein doute repart de l’avant en un claquement de doigts ? Non, pour le coach ibérique, il aura fallu du temps pour trouver la bonne formule. Et, du temps, il en faudra encore pour pouvoir juger son bilan, mais le malaise et le scepticisme qui avaient accompagné son intronisation à la place de Roberto Di Matteo ont laissé place à un excellent climat de travail. La source de ce changement presque radical est toute simple ; en deux matches, Rafa a redonné plein de couleurs à sa formation. Les champions d’Angleterre viennent, en effet de signer deux résultats fleuves, contre Leeds en League Cup (5-1) et face à Aston Villa en championnat (8-0). Face à la lourdeur de ces scores, difficile de ne pas y avoir une progression et la fin définitive de l’état de crise.

Plus que le succès acquis mercredi, c’est celui obtenu haut la main dimanche face aux Villans qui a prouvé que ce Chelsea version Benitez avait les moyens de remonter vers les sommets de la Premier League. Remporter une victoire par huit buts d’écart dans un championnat aussi relevé n’est pas donné à tout le monde et il est certain que l’entraineur y est pour quelque chose. « Il parle beaucoup aux joueurs, confiait Eden Hazard après la rencontre aux micros de Canal+. Di Matteo le faisait aussi, mais, lui, le fait d’une manière plus naturelle. C’est un fin tacticien ». Un tacticien qui sans vraiment procéder à une tonne de remaniements, a su redonner un visage conquérant à cette équipe. Et cela ne se vérifie pas seulement à travers les nombreux buts qu’elle arrive désormais à empiler, mais aussi cette solidité retrouvée derrière (2 buts encaissés seulement lors des 3 derniers matches). A ce titre, le replacement de David Luiz au poste de milieu défensif a été une énorme réussite.

Outre ce qu’il a pu modifier sur le plan tactique, Benitez est parvenu à redonner de la confiance à des joueurs que l’on disait finis. Un peu comme ce qu'il l’a fait à son arrivée à Liverpool en 2004, le coach espagnol a relancé quelques cadres oubliés et d’une manière plus que spectaculaire. Frank Lampard, qui n’avait même plus sa place sur le banc avec Di Matteo, retrouve une seconde jeunesse maintenant, alors que Torres redevient un vrai buteur. El Nino, qui a côtoyé Rafa du côté d’Anfield, a inscrit 7 buts en 9 matches. Et c’est autant que lors de ses 20 précédentes rencontres de la saison. De quoi être très confiant en vue du reste du championnat. Benitez le reconnait, mais en gardant son côté mesuré surtout lorsqu’on lui parle du titre. « On y verra plus clair après deux ou trois autres matches, a-t-il déclaré. Ce que je retiens maintenant c’est surtout que l’équipe a retrouvé confiance en ses capacités. Il y a de beaux mouvements, on se crée des occasions. Maintenant, on n’a plus qu’à prolonger cette série et il me sera alors facile de dire qu’on peut concourir pour le titre ». Vous l’aurez compris, si l’opportunité se présente, Benitez ne dira pas non à la couronne nationale, surtout qu’en six ans passés à Liverpool, c’est le seul trophée qui a fait défaut à son palmarès.

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