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Par Joseph Ebequoi

Sergio Pellissier est un attaquant italien, un chasseur de buts. J’insiste sur cette image, c’est un chasseur de buts, le genre de joueur capable de marquer contre n’importe quelle équipe. Pourtant Sergio n’est qu’un bon numéro 9, un buteur à l’ancienne- par ancienne je veux dire à l’époque d’Inzaghi- qui attire littéralement le ballon. Mal nommé « Pelli-Sitter » (un anglicisme désignant le type d’attaquant qui marque de près) ce joueur de 33 ans est beaucoup plus qu’un simple ramasse miettes. 

Natif du Fénis, une commune italienne du Val d’Aoste, Sergio Pellissier établissait ses premiers pas dans le football dans la région du Piémont au Torino FC puis fera partie des murs du Chievo Vérone. En effet depuis 2002, le valdôtain évolue chez les Anes Volants (10 saisons). Bon ce n’est pas Totti à la Roma ou Maldini à Milan mais c’est quand même un signe fort de loyauté. Il devient capitaine, le bras droit d’Eugenio Corini sur le terrain. Exemplaire comme quand il déclare « Ce n’est pas sur l'arbitre où tu dois lâcher ta colère. Tu peux laisser tes coéquipiers à dix. Il faut arriver à contrôler ses nerfs », Le Pellissier mot dièse Héros !

Sergio Pellissier, un joueur de classe sous-évalué !

Friand de dribbles, esthètes à mes heures perdues et surtout amateur de beaux gestes ; voir le Chievo jouer n’est pas la première idée qui me vient en tête lorsque je cherche une activité mondaine pour combler mes soirées. Toutefois, ce vieux de la vieille (en termes de style de jeu) n’est pas un joueur brut. Il est fin techniquement, intrépide ambidextre et possède un sang-froid digne d’un agent secret lituanien. Pour lui « Dans un match, il faut se défouler en marquant » sauf si tu t’appelles Messi, Ibra and Co mais pour les autres attaquants en herbe, écoutez « Le Pellissier ». Ce joueur me fascine, c’est un chef !

Parlons un peu du sujet qui fâche, les statistiques. Celles-ci ne sont pas à son avantage. Sur ses 10 années sous le maillot jaune et bleu de Vérone, il a inscrit une moyenne de 10 buts par saisons. Une petite moyenne pour un si grand attaquant dans un si petit club. Chievo Vérone est le club contre qui les gros du championnat n’aiment pas jouer, que ça soit à domicile ou à l’extérieur les rencontres contre le Chievo sont les plus appréhendées. La raison s'appelle « Le Pellissier », un justicier à visage découvert, orné d’un bouc porté avec classe, qui punit selon son bon vouloir les cadors de la Série A (Juventus, As Roma, Milan AC) tout le monde a gouté à l’instinct du tueur à la «Goatie».

Buteur contre les plus grands, le talent du numéro 31 du Chievo n’est guère pour autant une évidence en Europe.Bien qu'en une action, en une sélection, Sergio Pellissier a marqué avec la Nazionale le 6 juin 2009, lors d'un match amicale remporté face à l'Irlande du Nord (3-0). Sous-estimé ? Evidemment que oui ! Sans manquer de respect aux Anes Volants, Pellissier aurait pu avoir un rayonnement autre au sein de la Série A s’il évoluait avec des Pirlo, Marchisio, Cassano au Stade Marc'Antonio Bentegodi. C’est inéluctable ! 

Nonobstant, il a refusé Naples lors du mercato hivernal en 2010 estimant que les napolitans n'avaient pas besoin de lui. Il a choisi de rester dans le coeur des supporters, il a fait son Javier Zanetti. Les choix qui vous taillent un homme. « Quand un supporter dans la rue me demande : "pourquoi tu as si mal joué hier" je lui réponds :" je suis un être humain, je peux me tromper" », les superlatifs me manquent, je veux simplement qu’il soit mon ami sur Facebook. Fidèle, loyal et sous-estimé, Sergio porte son équipe depuis 10 ans et les sauve de temps à autres de la relégation. Un vrai "Capo", un homme et un ******! 

Juventus-Chievo: 3-3

"L’homme contre qui, il ne faut pas parier "

Sergio Pellissier m’a ruiné. Pellissier m’a privé d’un gain possible, une perte de chance et un dommage certain, un cote et match à la poubelle. Je me souviens de ce dimanche après-midi à Paris. J’attendais tranquillement le match de la Juventus contre Chievo Vérone lors de la 30ème journée du Calcio durant la saison 2008-2009. La Vieille Dame était à la lutte avec l’Inter pour le Scudetto donc cette rencontre contre la bande à Pellissier qui luttait certes pour rester en Série A semblait être un pari sûr. La Juve menait 3-2 à la 80e minute de jeu après qu’Ianquita ait effacé le doublé de Pellissier. J’avais inscrit la Juve gagnante sur mon pari. Le match était dans la poche, la Juve dominait les débats et gérait tranquillement la fin du match. A la 93e minute Sergio Pellissier inscrivait son troisième but dans les arrêts de jeu du match et portait le score à 3-3. Stupeur au Stadio Olympico. J’ai, depuis ce jour, décidé de ne plus jamais parier sur  contre le Chievo de Pellissier.

« Le sport que je pratique est magnifique mais c'est un travail. Si ton rendement est mauvais, tu es mis sur le côté. Tu as donc cette angoisse de toujours être bon. » Ces derniers temps, le buteur du Chievo connaissait une période à vide. Le buteur maison ne marquait plus devant ses 42 000 fidèles. Un ami pensait capitaliser sur la baisse de régime du Pellissier. Lors de la 17e journée, le Chievo Vérone recevait l’AS Rome qui restait sur cinq succès de rangs en championnat. Il décida de miser sur une victoire des Giallorossi de Totti. Ce qui l’a poussé à faire ce choix, la non-titularisation du Pelli-Sitter. Un choix logique pour les habitués du milieu des paris. Logique jusqu’à l’entrée en jeu à vingt minutes de la fin du Chef. A trois minutes de la fin de la rencontre, le capitaine Pellissier inscrivît le but de la victoire pour Verone...

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