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L'Inter a remporté le derby milanais (0-1), dimanche soir. Un score et un spectacle qui n'avaient rien d'emballants, à l'image d'un contexte médiatique morne.

Même quand il n'expose pas son profil longiligne dans l'antre de San Siro, Zlatan Ibrahimovic reste le meilleur ambassadeur du derby milanais. Pendant que les 22 acteurs de ce grand classique italien s'apprêtait à faire leur entrée pour la 192ème confrontation entre les clubs ennemis, l'ancienne star des deux écuries glorifiait le prestige de l'affiche dans une interview accordée à Canal +. L'ombre d'Ibra - comme pour toutes les stars qui l'ont précédé, est donc toujours présente en Lombardie. Et il n'y a bien que les commentaires élogieux de ces illustres gloires pour replacer ce derby sous un semblant de lumière.

Entre l'ombre des anciennes gloires et celle des autres "Clasico"...

Le parallélisme d'un calendrier exceptionnel dans les championnats concurrents avec 2 "Clasico" au programme (Barcelone-Real Madrid en Espagne et OM-PSG en France) est évidemment une circonstance plus qu'atténuante. Mais elle ne suffit pas à justifier l'apathie générale de ce choc, dans les médias comme en tribunes. Zlatan Ibrahimovic était le premier à affirmer que le véritale "Clasico", en terme de ferveur populaire, se situait de l'autre côté des Alpes. La réussite extraordinaire en Italie de la star actuelle du PSG doit certainement orienter son jugement, surtout lorsqu'on la compare à son passage en Espagne... Mais le dernier meilleur buteur de Serie A n'a pas tout à fait tord. Historiquement, le derby milanais a toujours proposé des duels de stars. Les dernières décennies peuvent l'illustrer, entre les présences de Ronaldo, Eto'o ou Ibra, donc, dans les rangs nerazzuri, ou celles de Shevchenko, Kaka ou le même Ibra dans le camp rossonero. Aujourd'hui, cette époque est clairement révolue. Les deux géants italiens, comme tout le reste du pays, sont entrés dans une politique de rigueur, en vue de l'instauration du fair-play financier. Problème, ce contexte économique terrible touche également les tifosi, qui n'ont par ailleurs toujours pas digéré le départ de leur vedettes. Le nombre d'abonnés n'a jamais été aussi faible sous l'ère Berlusconi à l'AC Milan (comme nous vous l'indiquions hier).

Dans un pays où le football est roi, le désamour n'en est que plus profond. Et les résultats qui ne suivent pas peuvent être considérés comme la cerise de ce gäteau indigeste. Rappelons en effet que le derby d'hier mettait en scène une Inter troisième face à un Milan encroué dans les profondeurs du classement ! Difficile donc de trouver un argument venant contre-balancer la colère populaire. Il y avait bien une curiosité à observer les prestations respectives de Pazzini et Cassano, qui avaient fait un chassé-croisé l'été dernier. Mais l'un était remplaçant, pendant que l'autre s'est plus fait remarquer par son attitude provoquante que sa copie sur le terrain...
Le terrain, donc, parlons-en, ou essayons d'en parler ! Une ouverture du score de Walter Samuel au bout de trois minutes, et on exagérera à peine si l'on affirme que ce fut à peu près tout. La tension était palpable, comme l'a prouvé la série d'avertissement dans les deux camps et l'expulsion de Nagatomo. Mais tactiquement, ce rapport de force a surtout mis en exergue la prudence des Intéristes - au moins réalistes - face à la possession stérile et brouillonne des Milanais. La jeunesse de ces effectifs remodelés est une explication tout à fait plausible, mais dans un championnat longtemps réputé pour sa culture tactique et l'expérience de ses acteurs, le changement est brutal.

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