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La Serie A semble être tombée très bas. Championnat d’élite il y a encore quelques années, le Calcio est-il devenu une Ligue de seconde zone ?


« C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de 50 étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer : « Jusqu’ici tout va bien... Jusqu’ici tout va bien... Jusqu’ici tout va bien. » Mais l’important, c’est pas la chute. C’est l’atterrissage. » La Serie A reprend ce week-end et il convient de se demander s’il s’agit encore d’une Top League européenne. Depuis quelques années, le championnat italien ne cesse de chuter qualitativement, essuyant le départ de ses stars les plus proéminentes et le désamour du public et des aficionados. Le football italien, pas à une contradiction près, a d’ailleurs vécu un drôle d'été: pendant que l'équipe nationale brillait lors de l'Euro-2012, la première division transalpine a vu ses stars s'exiler, donnant à la Serie A des allures de championnat de seconde zone.

Milan assez

« Assez ! » semblent crier en chœur les tifosi rossoneri le club de la Via Turati cristallise les reproches que l’on peut faire à toutes les équipes de l’élite italienne. Il symbolise à lui tout seul le déclin de la première division transalpine au profit d'autres championnats européens. Cet été, son meilleur joueur, le défenseur central brésilien Thiago Silva, considéré comme le plus fort du monde à son poste, et sa star, l'attaquant suédois Zlatan Ibrahimovic, ont fait leur valise pour la Ligue 1 française et le Paris Saint-Germain.  Malgré les protestations des supporteurs de son club, Silvio Berlusconi n'a pas pu refuser les 65 millions d'euros que lui proposaient les dirigeants du club parisien pour acheter ses deux bijoux, sans parler des économies réalisées sur les salaires de la "doublette". Pour cause, la Fininvest, le groupe de M. Berlusconi au sein duquel le club fait figure d'une filiale comme une autre, a perdu 80% de sa valeur en bourse depuis avril 2010.

Plus au sud de la Botte, le coup de pied au culte de la Serie A se poursuit. A Naples, le fantasque attaquant argentin Ezequiel Lavezzi, idole des supporteurs depuis son arrivée en 2007, a lui aussi choisi de poursuivre sa carrière dans la capitale française. Quant à Marco Verratti, petit milieu de terrain désigné par tous les observateurs comme l'héritier du brillant Andrea Pirlo, il est passé de Pescara au PSG alors que les plus grands clubs de son pays le voulaient.

Se réinventer pour survivre


La raison est toujours la même: impossible pour la Serie A de s'aligner sur les prix exorbitants des propriétaires qataris du Paris-SG, ni même sur les tarifs en vigueur dans le reste de l'Europe. Le prometteur uruguayen Gaston Ramirez, qui évoluait depuis 2010 au club de Bologne, a résumé la situation cet été: "En Italie, il n'y a plus d'argent. Personne ne pouvait m'acheter". Alors Gaston Ramirez, fortement convoité par l'Inter Milan, prestigieux club de la Serie A, est parti à Southampton, tout juste remonté dans l'élite anglaise.

Inutile aussi de compter sur des stades flambant neuf qui seraient propriété des clubs pour encaisser de l'argent: cette année encore, ce sera l'exception. Après la Juventus de Turin, seul le modeste Cagliari disposera d'une enceinte moderne, l'Is Arenas. Mais le stade, qui pourra accueillir 23.600 spectateurs, sera encore en travaux lorsqu'il sera inauguré le 2 septembre. Ce manque d'argent et le départ des stars oblige le football italien à se réinventer: traditionnellement peu enclin à faire confiance aux jeunes, les clubs transalpins n'auront pas d'autre alternative lors de l'exercice à venir. L'AS Rome a ainsi recruté Mattia Destro, né en 1991, en provenance de Sienne. Le Napoli a choisi en Lorenzo Insigne, petit attaquant lui aussi né en 1991 et venu de la deuxième division, le successeur d'Ezequiel Lavezzi.Même le champion en titre, la Juventus, a rapatrié son international italien Sebastian Giovinco après l'avoir envoyé en prêt ces dernières années à Empoli et Parme.

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