thumbnail Bonjour,

Le championnat italien est de plus en plus orphelin de tous ces champions qui ont fait sa grandeur dans le passé.

Si les départs de Thiago Silva et Zlatan Ibrahimovic se vérifiaient, plus que le Milan, c’est la Serie A toute entière qui prendrait un coup à sa compétitivité et à son attractivité. En effet, chaque année de nombreux talents en devenir, des stars confirmés qui rendaient le championnat italien mythique, quittent le navire naufrageant tel un Costa Concordia.

Car avec Ibra, l'Italie va peut-être perdre son dernier joueur charismatique. Que reste-t-il donc du championnat qui aura vu jouer Platini, Zidane, Maradona, Ronaldo, Totti, Del Piero et autres grands noms du monde du football ?

La fuite des cerveaux

Depuis maintenant quelques années, les clubs italiens n’ont plus les moyens financiers pour rivaliser avec les nouvelles puissances, boostés par les pétrodollars, ainsi que contre les anciennes, qui prennent de plus en plus de place dans leurs championnats respectifs. Les jeunes joueurs qui voyaient un transfert en Italie comme l’aboutissement d'un rêve, privilégient désormais d’autres destinations plus attractives économiquement et sportivement. En plus de ne plus pouvoir attirer les grands noms remplisseurs de stades et vendeurs de maillots, l’Italie laisse aussi échapper ses « pezzi da novanta », autrement dit, les grandes stars. On le voit avec le mal qu’à la Juventus de Turin, par exemple, à recruter un attaquant de pointe digne du rang de la vieille dame. Les joueurs sont maintenant frileux à jouer pour un salaire moindre, dans un stade à moitié vide, à l'intérieur d'un football malade.

L'EXODE DU TALENT

La liste est longues de grands joueurs qui lors des dernières années ont laissé la Grande Botte pour s’installer dans des clubs plus compétitifs, ou simplement plus généreux

Sirigu

 Santon, Thiago Silva, Criscito, Kolarov,

Sanchez, Pastore, Lavezzi

Eto'o, Ibrahimovic, Balotelli

Mais en plus de perdre ses grandes stars internationales au profit des autres championnats, l’Italie laisse aussi s’échapper ses petits champions. Avant, pour un jeune italien, jouer pour la Juventus ou le Milan était un honneur inégalable. Aujourd’hui, le petit prodige transalpin préfère quitter le cocon familial pour tenter sa chance à l’étranger. Là encore, la liste des « émigrant » est longue comparé à 2006 par exemple, où tous les champions du monde évoluaient au pays. Balotelli, Giuseppe Rossi, Santon, Macheda, Sirigu, Jacopo Sala sont tous des joueurs que les clubs transalpins n’ont pas su retenir. L’exemple le plus flagrant se déroule en ce moment même. Le club de Pescara l’a avoué ; si Verratti ne va pas à la Juventus, se sera uniquement de la faute du club turinois. Le neo-promus demande juste deux millions en plus pour conclure l’affaire. Le joueur veut porter la casaque noire et blanche, mais la vieille dame ne veut pas faire d’effort, et perdra donc un autre grand talent. Tout cela fait les affaires du Paris-Saint-Germain, que Verratti aurait à peine considéré sans les moyens faramineux du club de la capitale. Ce manque de confiance envers les jeunes est tout simplement une question de mentalité. L’hégémonie des anciens est dans la société italienne, et à fortiori dans le calcio, une règle d’or. 

Des infrastructures indignes d’un grand pays

Les italiens tiennent à l’ancienneté. Un choix respectable quand on voit les légendes que sont Totti, Del Piero, Zanetti ou encore Ambrosini, extravagant quand on voit les stades italiens tombant presque en ruine. En effet, les antres italiens se désertent petit à petit. Sortez les calculettes et vérifiez : la moyenne d’affluence est de 23 214 cette saison, contre 45 116 en Bundesliga, soit une baisse de 7% par rapport à l’année dernière. Le Stadio Olimpico ressemble de plus en plus au Colisée, les barcelonais se plaignent de la pelouse de San Siro. La "Tessera del tifoso" a contraints de nombreux ultras à bouder leur équipe. Pour conclure en beauté, la nouvelle affaire des matches truqués na va pas aider l'Italie à refaire confiance en son football, et à se rassembler pour lui.

Un lifting comme solution

Mais le renouveau du football italien pourrait bien venir des stades justement.  On l’a vu avec le Juventus Stadium, avoir un nouveau stade permet un nouvel élan. Les supporteurs sont venus en masse cette année redonner du souffle à l’équipe turinoise quand elle en avait besoin. Au final, la Juventus a gagné le Scudetto. La raison n’est pas uniquement la construction du Juventus Stadium, certes, mais le nouveau bijou a joué son rôle.  Suite à ce succès sans conteste, de nombreuses villes italiennes veulent imiter le modèle turinois et jouer la carte de l’innovation. En effet, une « loi du stade » est sur le point de passer en Italie. Elle permet au secteur privé de prendre part aux programmes d’infrastructures. Ceci devrait permettre à la Roma de quitter le vieux Stadio Olimpico pour un nouveau stade construit par les Américains débarqués dans la ville éternelle l’an dernier. Le président de Catane a présenté lui aussi un projet de nouveau stade. Naples, Gênes ou encore Cagliari devraient suivre la mode en lançant des projets d'enceintes. Si aucune date n’a encore été fixée, l’envie est présente et les projets fleurissent.

Pour finir, l’Italie devra changer sa mentalité pour faire peau neuve. À l’instar du Milan qui a salué des légendes telles que Seedorf, Inzaghi, Gattuso ou Zambrotta, elle devra parier sur la fraîcheur des nouvelles pousses pour refaire se soulever les foules. Car en effet, les jeunes talents en Italie ne manquent pas. El Shaarawy, Destro, Muriel comme chefs de file, la jeunesse se doit de reprendre le pouvoir en Italie, comme l'a fait la Juventus, (un nom qui doit servir d’inspiration) cette année. En plus de cela, le renouveau doit se faire tactiquement, comme Prandelli l’a montré avec son Italie lors de cet Euro. Un jeu toujours vers l’avant, une volonté de jouer sans faille devrait faire retrouver au public l’envie de retourner au stade, de vibrer, de vivre au rythme des clubs.

Relatifs

From the web