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Goal.com et Calciomio vous proposent le blog de leur expert du football italien, Valentin Pauluzzi ! Et quelques autres invités surprises...

13 Avril 2012 - Lecce les se sauver

Le chassé-croisé entre la Juve et le Milan et la lutte acharnée pour le dernier strapontin synonyme de Champions League risque de durer jusqu'à la fin de saison, mais cela ne doit pas faire passer au second plan une lutte pour le maintien qui a retrouvé de l'intérêt ces dernières semaines. Et ce, grâce à l'incroyable équipe de Lecce qui remonte tout doucement au classement. Les giallorossi enchainent les bons résultats et mettent la pression à bon nombre d'équipes (au moins huit) qui croyaient avoir assuré leur maintien bien avant l'heure. Mais l'intérêt n'est pas juste arithmétique, sinon, je ne vous en parlerais pas.

En effet cette équipe de Lecce a un entraineur hors du commun et plusieurs jeunes pousses qui font parler d'elles, ainsi qu'un style de jeu léché. En somme, elle essaie de se sauver avec la manière et c'est assez rare pour être signalé. Dirigée par le fameux bonhomme à la casquette, le fantasque Serse Cosmi, un genre de rockeur du banc de touche (Vasco Rossi pour les connaisseurs), et emmenée sur le terrain par le jeune colombien Muriel, qui pour beaucoup rappelle le premier Ronaldo (le vrai pas le portugais hein). C'est une bouffée d'oxygène dans cette partie de tableau où la priorité est d'abord de se défendre avec une tripotée de joueurs ultra-expérimentés (ce qui n'est pas pour me déplaire, mais c'est à force lassant, il faut le reconnaitre).



Habitué à faire l'ascenseur entre la Serie A et la Serie B depuis vingt ans et à batailler dur pour rester parmi l'élite, l'environnement de Lecce a un gros avantage sur ses adversaires pour le maintien que sont des clubs historiques comme la Fiorentina et le Genoa qui trainent régulièrement dans la zone Europe. Cette situation n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle de l'an passé lorsque une Sampdoria qui avait gouté à la Champions League perdit justement le tête à tête avec Lecce l'an passé. Les giallorossi occupent la zone rouge depuis la quatrième journée, mais deux petites défaites lors de la phase retour, une série de cinq matches sans perdre, la réception d'un Napoli malade alors que le Genoa va chez le Milan ce week-end. J'ai envie de dire que c'est le bon moment pour sortir la tête de l'eau, et ce ne sera on ne peut plus mérité.

4 Avril 2012 - Rageant


Moi qui était persuadé que le Milan n'aurait aucune chance dans ce quart de finale de Champions League face au Barca, je dois faire mon mea culpa. Les rossoneri ont très bien tenu tête aux blaugrana et se faire sortir de cette façon laisse franchement un goût amer. A choisir, j'aurais préféré perdre deux fois 4-0. Bon, il faut être honnête, sur l'ensemble des 180 minutes le Barça mérite sa qualif, dominateur sur le plan du jeu, sur le plan des actions dangereuses. Il n'y a rien à redire.

Cependant, pas mal de choses me restent en travers de la gorge, d'abord les actions loupées à l'aller de Robinho et Ibra qui auraient donné une toute autre tournure à cette double confrontation. Puis, le deuxième penalty accordé au Barca. Je ne vais pas me raccrocher à l'arbitrage, car à San Siro, les blaugrana avaient de quoi récriminer, mais cette action entre Nesta, Busquets et Puyol, l'arbitre qui siffle alors que le ballon n'est pas en jeu, un tirage de maillot comme on en voit 10 par match (en Serie A en tout cas, et c'est peut-être là que le bât blesse). Faire basculer une rencontre si importante là-dessus, faut avoir du courage.



C'est vraiment dommage, le Milan avait fait le plus dur, une égalisation rapide après l’ouverture du score catalane. 1-1 à la mi-temps, c'était possible. Et quitte à défendre comme des bourrins pendant 45 minutes, de toute façon, c'était la seule chose à faire. Mais ce 2-1 fait mal, et le 3-1 en début de seconde période clôt le match. Résultat, défaite 3-1 contre le Barca, deux penalties (Messi qui ne marque que de cette façon face aux clubs italiens) et une frappe détournée. Je tire mon chapeau aux vieux briscards que sont Nesta, Ambrosini ou Abbiati qui ont été exemplaires.

La Champions League (et l'Europa League), c'est donc terminé pour l'Italie, place au championnat pendant un mois et demi, lutte pour le scudetto, lutte pour l'Europe. De quoi s'occuper avant l'Euro.

31 mars 2012 - L'Inter rebootée


C'est ce qu'on appelle une saison interminable et plus vite elle finira, mieux ce sera pour les supporters interistes. Et de trois entraineurs sur le banc de l'Inter cette saison, comme à la "belle" époque où Moratti enchainait les coaches par manque de résultats, le président nerazzurro est retombé dans ses travers après les belles années post-calciopoli. Chassez le naturel, il revient au galop. Dans un de mes premiers articles sur ce blog, j'avais chanté les louanges de Ranieri qui enchainait les victoires, énième démonstration que tout va vite dans le monde du foot. Depuis la victoire lors du derby, l'Inter a sombré, distancée en championnat, éliminée en Coupe, et en Champions League. La défaite lors du si symbolique Juve-Inter a été la goutte d'eau...qui a noyé Ranieri.

Moratti a joué la carte de la dernière chance, out Ranieri (séparation en bons termes, contrairement à Gasperini en septembre) et in Stramaccioni. Strama qui ? Non ce n'est un gout de glace italienne. Il s'agit de l'entraineur de la Primavera (littéralement "Printemps", le nom donné aux équipes de jeunes U20 en Italie). Je vais vous le présenter brièvement, une prometteuse carrière de joueur stoppée très tôt à cause d'une grave blessure, quelques années comme entraineur de jeune au centre de formation de la Roma, des titres nationaux avec ces mêmes jeunes, l'arrivée chez les U20 interistes l'été dernier, la victoire lors de la NextGen Series (sorte de Champions League U19) il y a deux semaines. C'est ce qu'on appelle une ascension fulgurante, Stramaccioni a 36 ans, trois de moins que Zanetti. Entraineur précoce, il a déjà un premier surnom StraMouccioni.



Il est probable que ce soit une solution temporaire, à moins que le néophyte remporte les neuf matches à disposition et qu'il qualifie l'Inter pour la prochaine Champions League. Qu'est ce que cela va concrètement changer à l'Inter ? Exit le 442 de Ranieri, place au 433 ou 4231 mourinhien. Mise en valeur des jeunes pousses interistes, les Ranocchia, Castaignos, Obi et autres Poli, à qui Ranieri n'a jamais totalement fait confiance. La bonne solution ? Difficile de s'avancer, en tout cas c'est ce qu'on appelle la promotion au mérite et ça ça me plait. Je finis avec une pensée pour Ranieri qui pour la troisième fois en trois ans, s'est fait remplacer par un entraineur d'équipe de jeunes (Ferrara à la Juve, Montella à la Roma et donc Stramaccioni), s'en remettra-t-il ?

28 mars 2012 - Milan peut-il le faire ?

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, et je préfère être direct, la réponse est non. Pour qu'il n'y ait pas de malentendus (ou plutôt de sous-entendus) et puisque je dois commencer à me dévoiler un minimum, je suis milanista, de façon beaucoup moins intense qu'avant certes, mais je le suis. En tout cas, ça ne m'empêche pas d'être objectif. Le Milan a très peu de chances face au FC Barcelone. Déjà avec l'effectif au complet, ça s'annonçait très compliqué, mais avec plusieurs joueurs out (Van Bommel, Thiago Silva, Abate) ou tout juste de retour (Seedorf, Nesta, Aquilani, Boateng), ça s'annonce encore plus difficile. Il y a deux, voire trois classes d'écart entre le Milan et le Barca aujourd'hui.



Oublions la double confrontation en phase de poules, qui a été certes serrée d'un point de vue purement mathématique, mais beaucoup moins d'un point de vue technique et tactique. Le Milan peut tenir tête lors de la première manche à San Siro demain soir, mais au Camp Nou, ce sera mission impossible. En Italie, on rappelle l'exploit de l'Inter il y a deux ans (qui a sorti les blaugrana en demis), mais ces deux versions milanaises n'ont absolument rien en commun, jamais l'Inter de Mourinho serait passée si près de la correctionnelle comme l'a été le Milan d'Allegri à Londres. Chaque jour, je lis des stats concernant le Barca de Guardiola et celles notamment de Messi et c'est du domaine de Football Manager.

Tiens parlons-en de Messi, il n'a marqué qu'une fois et sur penalty face aux clubs italiens. Peut-on se raccrocher à ça ? Pourquoi pas, ce serait bien la seule raison d'y croire. Ah si, il y en aurait peut-être une autre, compter sur un Ibrahimovic des grands soirs. Celui que l'on a l'habitude de voir contre Lecce, Novara ou Parma et qui a enfin l'occasion de sortir le grand jeu face à un ténor européen, que dis-je face à la meilleure équipe du monde, voire même de tous les temps.

24
mars 2012 - Ça bouchonne pour l'Europe !

On n'a quand même pas à se plaindre cette saison, le sprint final du championnat est lancé, et il y a du suspens à presque tous les étages. La lutte pour le scudetto qui concerne la Juve et le Milan s'annonce acharnée, mais alors que dire de celle pour l'Europe ? A 10 journées du terme du championnat, elles sont encore six équipes en course pour quatre places, et toutes via le championnat. En effet, je me permets de rappeler que la finale de Coupe d'Italie opposera la Juve au Napoli, deux équipes certaines à 99% de terminer dans les places européennes via le championnat, ça a donc libéré un strapontin et celui qui terminera 6ème à la fin de la saison, jouera l'Europa League. Ou plutôt, aura le droit d'y participer, quand on connait l'intérêt des clubs italiens pour cette compétition.

Il y a donc trois places pour la petite Europe (4,5 et 6 ) et une pour les barrages de la Coupe aux grandes oreilles (la 3). Je rappelle les prétendants, Napoli, Lazio, Udinese, Roma, Inter et Catania, sept poins séparent la Lazio 3ème de Catania 8ème, avec 30 points encore à disposition par équipe, un écart tout a fait possible à colmater. Alors, d'ici la 38ème journée, on aura le droit à neuf confrontations directes, bien entendu il est probable que dans quelques semaines, certains de ces matches n'aient plus l'enjeu qu'ils ont au jour d'aujourd'hui. Des matches parfaitement distribués, l'Udinese aura le plus fort à faire, elle devra rencontrer pas moins de quatre de ses concurrents directs, l'Inter seulement deux (mais à l'extérieur), les autres trois, seule la Roma aura l'avantage de tous les recevoir.

Ça va donc être un remake du maillon faible, chaque confrontation directe livrera un verdict plus ou moins important, avec les concurrents qui sortiront au fur et à mesure de cette course effrénée...pour la 3ème place. Car, ne soyons pas hypocrites, ceux qui finiront en Europa League (à part peut-être Catania, qui jouerait pour la première fois l'Europe) se sentiront roulés et considéreront une fois de plus cette qualif comme un poids. Qui sont mes favoris ? Ma foi, il y a le calendrier qui jouera, outre les confrontations directes, deux équipes doivent encore affronter le duo de tête, il s'agit de la Roma et de l'Inter, un bel handicap. La Lazio vient de perdre Klose pour un mois, l'Udinese ne gagne plus à la maison depuis un mois et demi. Allez, je me mouille, Napoli pour la 3ème place, puis Udinese, Lazio et Roma pour l'Europa League.

19 mars 2012 - La Fiorentina en crise, tous responsables !

Doucement mais surement, la Fiorentina s'enfonce vers les bas-fonds du classement. Le club de la splendide Florence vit une saison très difficile mais à y regarder de plus près, on pouvait deviner à l'avance que ça allait se passer comme ça. Plusieurs erreurs ont été commises et tout le monde a sa part de responsabilité. La première grosse erreur est à mettre à l'actif des dirigeants qui n'ont pas su revoir leurs ambitions à la baisse. Alors qu'il y a un strapontin en moins pour la Champions League, l'objectif restait de se qualifier pour cette compétition et ce malgrè la concurrence de la Lazio, l'Udinese et Napoli, en plus des prétendants habituels. Ainsi les supporters tombent légitimement de haut.

Ces supporters responsables d'avoir accueilli Delio Rossi comme le messie, mais aussi d'avoir précédemment fait pression sur les dirigeants pour que Mihajlovic (bouc-émissaire des tifosi florentins et qui doit bien se marrer aujourd'hui) soit limogé en novembre dernier. J'ai rarement vu un nouvel entraineur accueilli de la sorte en cours de saison. La Fiorentina donnait en novembre l'impression d'être durant la préparation estivale, alors qu'elle était larguée en championnat. Y'a rien qui cloche là ? Rossi a excellente réputation en Italie, donc ce n'est pas totalement injustifié, mais cette enthousiasme a probablement aveuglé les joueurs. Un effectif d'ailleurs pas à la hauteur pour lutter dans le haut de tableau.



Et là c'est la troisième erreur, d'abord la faillite collective des joueurs avec ce Jovetic qui est l'arbre qui cache la forêt. Mais surtout, en l'espace de quelques mois, le départ de valeurs sûres telles Frey ou Gilardino, sans oublier le cas Montolivo très mal géré (cela fait un an que l'on sait qu'il va quitter le club en fin de contrat) et pris en grippe par les supporters. Le match contre la Juve pouvait être un tournant afin de se relancer. Florence est surement la ville où la vieille dame est la plus détestée, les raisons sont lointaines (polémiques arbitrales lors d'une lutte acharnée pour le titre, passage de Baggio de la Fiorentina à la Juve). Les supporters, trop occupés à cultiver une rivalité beaucoup moins justifiée de nos jours ont mis le feu, mais quoi de plus logique que de prendre une rouste contre une équipe encore invaincue ?

Ainsi la Fiorentina lutte pour se sauver et elle se sauvera d'ailleurs, j'en met ma main au feu. Et puis elle repartira et se reconstruira, et avec les dirigeants actuels à sa tête. Les frères Della Valle qui ont ramené ce club de la 4ème division nationale à la Champions League en un temps record il y a quelques années et que les supporters veulent voir partir. Ça s'appelle avoir la mémoire courte, mais ça, je commence à en avoir l'habitude.


13 mars 2012 - Vous avez dit complot ?

N'ayons pas peur des mots, depuis quelques semaines, il y a une belle ambiance de merde dans la Serie A, la faute aux polémiques arbitrales de plus en plus pesantes. Les hommes en noir italiens sont en très petite forme et multiple les erreurs ces derniers matches, pas mal de rencontres ont été faussées. Quand il s'agit de matches sans grands intérêts ou avec peu d'enjeu, passe encore... Mais quand cela peut fausser la course au Scudetto, ça devient plus délicat. Bon, le must a été ce fameux Milan-Juve... Inutile de revenir sur ce qui s'est passé durant cette rencontre, ça a en tout cas créé de belles tensions entre les dirigeants des deux clubs, les noms d'oiseau ont même volé. La Juve se sentait lésée par l'arbitrage avant ce match, et cela a repris de plus belle ce week-end avec un arbitre qui l'a probablement privée d'une victoire contre le Genoa.

Hypocrisie quand tu nous tiens...

Que ce soit clair, je ne supporte absolument pas la théorie du complot en faveur ou en défaveur de telle ou telle équipe, des erreurs d'arbitrage, il y en a eu, il y en a et il y en aura. Ce qui en revanche me gonfle fortement, ce sont tous ces clubs qui tour à tour jouent les victimes, remettant régulièrement en cause la bonne foi des arbitres, avant bien entendu de se taire, lorsque ces mêmes arbitres se trompent en leur faveur. Un discours qui pue l’hypocrisie, mais que malheureusement tout le monde adopte en Serie A et qui fait partie du folklore local. Je ne suis pas assez les autres championnats européens pour comparer, mais j'ai quand même l'impression qu'en Serie A, on est les rois pour crier au complot. Et ça ne s'est pas arrangé depuis le Calcipoli, un scandale qui devait régler ce problème, mais qui n'a fait qu'empirer les choses au vue de ce qu'a été réellement cette affaire (et je ne m'étendrai pas, en tout cas pas aujourd'hui).


Revenons-en à la saison actuelle, en toute objectivité, la Juve est clairement pénalisée par l'arbitrage depuis le début du championnat. Le Milan lui peut s'estimer heureux et n'a jamais trop eu à récriminer contre les arbitres. Le classement final sera peut-être faussé, mais ça ne sera pas la première fois. L'important, c'est de ne pas oublier que les années précédentes et les prochaines saisons, les rôles étaient et seront encore inversés. Malheureusement, personne n'a l’honnêteté de le reconnaitre, qu'ils soient supporters, joueurs ou dirigeants.

9 mars 2012 - Et pourquoi pas la Lazio ?

Bah oui pourquoi pas, ce matin je regardais le classement de la Serie A, et je vois Milan premier 54 points, Lazio troisième 48 points alors qu'il reste encore 12 matches à disputer. Bon les laziales eux-mêmes ne croient pas au scudetto, ils préfèrent garder les pieds sur terre et regarder plutôt derrière que devant. Mais en temps normal, à ce stade de la saison, une équipe qui pointe à six longueurs du leader fait d'office partie des prétendants au titre, non ? Et en outre, la Lazio pourrait même se permettre de n'arriver qu'à égalité de points avec le Milan, puisqu'elle a l'avantage au niveau des confrontations directes (une victoire et un nul).



Bon, je vais quand même être plus réaliste et me contenter de mettre en relief ce que fait cette équipe depuis un an et demi maintenant. C'est d'ailleurs de façon assez incompréhensible que personne n'en parle. Bah oui, tout le monde s'accorde à dire que ce que re-fait l'Udinese est énorme, mais la Lazio alors ? Les budgets et le potentiel ne diffèrent pas énormément, je dirais même plus que la Lazio a moins de possibilité de rentrées d'argent, puisqu'elle n'a pas de bijoux à vendre (un mec comme Zarate est plutôt à brader). Je tire donc mon chapeau notamment au coach Edy Reja, vieux briscard qui roule sa bosse depuis plus de 30 ans s'il vous plait, un des vieux potes de Capello (frioulans tout les deux, coéquipiers il y a très longtemps). Le pire, c'est qu'il a failli démissionner deux fois cette saison pour des problèmes extra-sportifs.

L'équipe en elle-même n'a rien de bien extraordinaire, elle n'a pas les individualités du Milan, le collectif de la Juve ou les jeunes pépites de l'Udinese. Non, c'est plutôt une bande de vieux briscards qui ont encore beaucoup à donner. Le symbole, c'est bien entendu Klose, ce mec est un sacré joueur et un sacré bonhomme, il est en train réussir son pari, s'imposer à 34 ans dans un championnat étranger réputé difficile pour les attaquants. Qu'on ne me dise plus qu'il n'y a plus de grands joueurs en Serie A. Un vieil entraineur, un vieux champion, des vieux grognards, moi ça me plait et j'en redemande, surtout dans cette période où on nous rabâche à toutes les sauces les vertus du jeunisme.

5 Mars 2012 - Le meilleur Ibrahimovic ?

Trois buts, un par match de suspension que lui a attribués la justice sportive italienne, Ibrahimovic signe son retour comme il se doit. Je peux vous assurer que le suédois a été vraiment impressionnant à Palermo (où le Milan y laissait des plumes chaque année), c'était pratiquement une frappe = un but, le tout en une vingtaine de minutes. Et encore Viviano l'a privé d'un incroyable quadruplé en une mi-temps. Zlatan est donc revenu en forme et est plus décisif que jamais, 18 buts en 20 matches disputés, son record personnel est de 25 il y a trois ans avec l'Inter, et y a de quoi se demander si à plus de 30 ans, cet Ibrahimovic n'est pas le meilleur que l'on ait vu ?



Bon, voir Ibrahimovic empiler des buts en championnat n'est pas une nouveauté vous allez me dire, et vous avez raison. Mais, cette année, il a pris une autre dimension, il est devenu un attaquant tout terrain, le regista (comme on dit en italien) du Milan, c'est lui. Il marque, il passe, il presse, il descend récupérer des ballons, bref il fait tout et surtout il est beaucoup moins individualiste. Cette saison, il semble aussi avoir également haussé son niveau de jeu en Champions League, 5 buts en 5 matches, de belles perfs face aux gros que sont le Barca et Arsenal, ce qui auparavant été clairement son talon d'Achille. Le Milan peut faire un beau parcours avec lui.

Certains font même de lui un possible ballon d'or, et si la Suède était l'équipe surprise du prochain Euro, emmenée par un Ibrahimovic irrésistible ? Pourquoi pas, ça n'a rien d'impossible. En tout cas, alors que le sprint scudetto s'apprête à être lancé, on sait ce qui différencie pour le moment le Milan de la Juventus. La vieille dame peinant à conclure ces actions de but, alors que Zlatan rend facile les tentatives les plus compliquées. Zlatan, facteur scudetto, un scenario déjà vu. Je ne suis pas fan du personnage, trop arrogant et infidèle à mon gout, et bien trop violent. Mais il faut reconnaitre que le Ibra version 2011-2012 est un sacré millésime, et en juin prochain, on parlera peut-être de la saison de sa consécration.


23 février 2012 - L'Inter achève l'OM

Et dire qu'il y un peu plus d'un mois seulement, je chantais les louanges d'une Inter capable de réaliser une série de victoire impressionnante. A croire qu'elle est remontée dans le haut du classement pour mieux rechuter et s'écraser. Hier contre l'OM, l'Inter a probablement touché le fond, avec un scenario tragique, typique des moments où tout va mal. Les fragiles acquis de la gestion Ranieri sont maintenant un lointain souvenir, d'ailleurs les jours de l'entraineur romain semblent comptés. Coup de chapeau aussi à Didier Deschamps, les marseillais n'ont pas été flamboyants mais on sent la patte du tacticien basque qui a beaucoup appris de ses années à la Juventus. Ce n'est pas nouveau et je pense que la Dech' a un très bel avenir en Serie A (lui qui connait déjà la Serie B).



Revenons à nos moutons noirs et bleus, en championnat l'Inter reste sur trois revers consécutifs, dont deux à domicile face à des clubs de bas de tableau. En un mois, elle s'est inclinée face à deux relégables (et a pris une branlée par la Roma) et le seul point glané sur cette période est le fruit d'un quadruplé un peu fou de Milito. Des stats vraiment piteuses. Il faut dire que l'Inter s'est renforcée (ou plutôt affaiblie) n'importe comment au mercato, la faute principalement à un Moratti trop bon trop con cédant une fois de plus aux envies de voir ailleurs de ses joueurs. Pour beaucoup, le départ de Thiago Motta est un déclic, mauvais bien entendu. De l'improvisation totale. Je considère Moratti un piètre dirigeant et aucunement visionnaire, l'effet Calciopoli qui, aux yeux de certains, a fait de lui un type compétent s'est définitivement estompé comme j'avais prévu. Les deux saisons post-Mourinho sont un bordel sans nom.

Et puis il y a Ranieri, c’est vraiment un coach particulier, capable d'ajuster parfaitement une équipe comme il sait le faire avant de perdre toute cohérence tactique dans la foulée. Je l'apprécie mais je commence à comprendre pourquoi il n'a jamais rien gagné dans sa carrière. Hier à Marseille, il a aligné une formation totalement inédite, alignant un Zarate aux oubliettes depuis des mois, insistant sur la vieille garde du milieu de terrain. Une période de crise qui arrive en plus lorsque l'effectif est au complet ou presque. Le fond de jeu est lui inexistant. Très peu d'alibi donc pour Claudio. Cependant tout n'est pas noir, le 0-1 du Vélodrome n'est pas rédhibitoire, la 3ème place en championnat synonyme de qualif pour la prochaine Champions League reste à portée de main, à 6 points. Je me demande s'il ne serait pas souhaitable que les nerazzurri se plantent une bonne fois pour toutes, afin de repartir sur des bases saines l'été prochain. C'est d'ailleurs le souhait d'une partie des supporters interistes, fatigués par ce remue-ménage. Et dire qu'il y un an et demi à peine, l'Inter raflait tout sur son passage...

Valentin Paluzzi, créateur et rédacteur en chef de Calciomio

21 Février 2012 - L'Inter, une équipe d'amateurs

"L'OM a la chance de sa vie"

L'OM a une grande opportunitée de battre l'Inter sur sa pelouse fétiche du Stade Vélodrome: il ne pouvait pas y avoir une periode meilleure pour rencontrer les Nerazzuri, une équipe au fond du trou après pourtant deux mois d'embellies. Une équipe avec de nombreux problèmes. Des problèmes qui remontent à longtemps, non pas cette saison avec Gasperini, mais bien plus loin encore, plus précisément lors de l'année du triplé (avec José Mourinho). A ce moment là, le propriétaire du club, Massimo Moratti, aurait du renouveler un'equipe dejà tres fatiguée et vieillissante, mais il a plus pensé avec le coeur qu'avec la tête !

L'Inter a gardé tous ses joueurs, notamment les plus vieux, pour les remercier des trophées décrochés, mais ces joueurs ne rentraient clairement plus dans un nouveau projet. Les dirigeants intéristes n'ont pas compris que des joueurs comme Milito, Snejider Cambiasso, Zanetti, Julio Cesar, Lucio et Samuel, etaient arrivés à leur maximum et ils etaient destinés à...décliner. Eto'o a été vendu alors qu'il était encore utile, récemment Thiago Motta a été lâché au PSG et aucun joueur de niveau équivalent n'est arrivé (Forlan, Guarin, Zarate etc..). Ce sont des indications tres claires que le propriétaire n'a pas les idées claires ou, pire, qu'il n'a pas l'envie d'investir sur l'equipe (il est avancé que le fair play financier serait une des raisons...). Le niveau techique de l'équipe a considérablement chuté et évolue sans guide. Ranieri ne sait plus que faire pour revitaliser des jouers qui semblent dejà retraités. Aujourd'hui, l'Inter n'est pas un equipe de Serie A, mais plutot une équipe d'amateurs. Je serais etonné qu'ils arrivent à se qualifier face à l'OM. Et si jamais c'est le cas, l'OM aura beaucoup de regrets d'avoir laissé passer l'opportunité de sa vie...

Sergio Stanco (Goal.com Italie)

3 Février 2012 - Le mercato en Serie A, un bordel total

Ça y est, le mercato hivernal est terminé, personnellement je peux enfin souffler, car janvier est un mois harassant. Je pense que c'est le leader de Serie A qui se renforce le mieux (en toute logique, ça devrait être ses poursuivants), la Juve a recruté un joueur par ligne, Caceres, Padoin, Borriello et surtout elle a fortement dégraissé, se séparant de nombreux joueurs cramés. C'est une des seules équipes qui a fait un mercato organisé et planifié, démontrant tout son sérieux. Les autres, c'était surtout de la grosse improvisation.

"Le bordel total"

Que je vous pose le décor, à chaque session de mercato, les dirigeants des clubs professionnels se retrouvent plusieurs fois dans un luxueux Hôtel de Milan, chaque club ayant son box. Oui une vraie foire ! Et tout ce petit monde (dirigeants, agents, journalistes) se retrouve à chaque fois les deux derniers jours du mercato, de nombreuses transactions y sont faites en quelques minutes lors des toutes dernières heures du mercato. Ainsi, presque la moitié des transferts du mercato d'hiver ont été officialisés lors de la journée du 31 Janvier. Certains se font même avoir pour quelques minutes car les bureaux de la Ligue (où ils doivent faxer les contrats) ferment à 19H00. Pis encore, cette même Ligue avait prévu une journée de Serie B mardi soir. Bref, le bordel total ! L'Inter n'avait recruté aucun joueur le 30 janvier, le Milan en a fait signer quelques uns en deux jours. Je me demande comment un projet sportif sérieux peut-il être mis au point dans ces conditions.



C'était aussi un mercato discount, sous le signe du prêt et de l'option d'achat, les dirigeants n'ont plus un rond, ou alors les dépensent mal. Le Milan a recruté un milieu de terrain à chaque blessé (Aquilani se blesse, Merkel arrive, Merkel se blesse, Muntari arrive), l'Inter a révolutionné ce même secteur de jeu en 48H (out Motta, in Palombo et Guarin). En revanche Napoli, et la Roma ont été discrets, et je pense qu'ils ont bien fait, ils avaient déjà effectué du beau boulot l'été dernier, et seules quelques retouches suffisaient (Vargas pour Napoli, Marquinho pour la Roma). Finalement, outre la Juve, les grands gagnants de ce mercato sont des relégables, Novara (Caracciolo, Mascara) et Cesena (Santana, Iaquinta) ont mis les moyens pour s'en sortir. Ils auront au moins été premiers dans quelque chose.


27 janvier 2012 -
Totti-Del Piero, des légendes encombrantes ?


Mardi soir, je ne voulais pour rien au monde louper le dernier échange de fanions entre deux légendes vivantes du football italien, qui ont une fois de plus fait parler d'eux par leurs exploits. Entre Totti, devenu le buteur le plus fidèle de l'histoire de la Serie A, et Del Piero, qui marque enfin son premier but dans le nouveau stade de la Juve. Deux joueurs qui en sont aux dernières prouesses de leurs splendides carrières. Ils sont bien entendu les symboles de leurs clubs dont ils ont battu tous les records de matches disputés ou de buts marqués. Et pourtant, ils ne font pas l'unanimité au sein de leurs propres clubs.

Totti l'indispensable

Commençons par Totti, le doublé contre Cesena porte son total à 211 buts en Serie A avec le maillot de la Roma, il dépasse ainsi le précédent recordman (Nordahl 210 buts avec le Milan) devenant le joueur ayant marqué le plus de buts dans un club en Serie A. Un record empli de sens pour celui qui, en refusant de quitter les Giallorossi, a fait une croix sur bon nombre de distinctions personnelles et collectives.

D'ailleurs son retour comme titulaire indiscutable au sein de la Roma coïncide avec l'excellente série sur laquelle les hommes de Luis Enrique restaient avant le match de mardi soir. Et ce n'est évidemment pas un hasard. Pourtant, en début de saison et jusqu'à il y a quelques semaines encore, ses propres tifosi se demandaient s'il n'était pas devenu un poids pour son équipe et un frein au projet "made in Barca" du coach ibérique. Comme je m'y attendais, Totti leur a vite remis les idées en place.

Del Piero l'increvable

Del Piero a quant à lui marqué son premier but de la saison, le premier dans la nouvelle enceinte de la Juve. Il aura marqué dans quatre stades différents où la Vieille Dame a séjourné, ce qui illustre son incroyable longévité. Professionnel hors-pair, Del Piero a accepté sans broncher les décisions de son coach, qui en a fait un joker de luxe, le faisant parfois entrer dans les arrêts de jeu. Jeudi, il nous a gratifié d'un de ses fameux buts à la Del Piero, démontrant qu'il pouvait encore être très utile à la vieille dame. Et pourtant, ses dirigeants l'ont mis en retraite anticipée dès octobre dernier annonçant que c'était sa dernière saison en bianconero. Malgré ses 37 ans, je reste persuadé que Pinturicchio peut encore apporter à la Juve, sur et en dehors du terrain, selon moi, ce ne serait pas une hérésie que de le prolonger une saison supplémentaire.

Mais voilà, c'est un peu le revers de la médaille que d'être un joueur symbole, encore plus lorsqu'il s'agit de joueurs offensifs. Avec le cours des années et au moindre coup de barre, supporters et dirigeants craignent qu'ils puissent nuire au renouvellement de l'équipe et du club, qu'ils deviennent encombrants. Et il ne s'agit pas là de faire jouer ces joueurs juste par reconnaissance (même si j'ai une forte aversion pour l'ingratitude), mais tout simplement parce qu'ils ont leur place et qu'ils sont encore parmi les meilleurs. Nous ne parlons là pas seulement du symbole qu'ils représentent pour leurs clubs, mais avant tout de ce don inné qu'ils ont pour cet art qu'est le football. Et ça, certains supporters ou dirigeants devraient s'en rappeler plus souvent.



25 Janvier 2012

Balotelli, une proie facile

Dans un pays où même le commandant d'un navire qu'il a abandonné (le commandant Schettino du Navire Concordia, échoué près de Naples), est défendu par les habitants de son village, trouverez-vous objectif que je défende un attaquant, italien, comme moi ? Pourtant je n'ai jamais défendu Mario Balotelli et je ne peux que regretter le plus souvent son comportement. Je ne pense pas être "pro Balotelli", à vrai dire.

Il a clairement touché Parker sur l'action mais comment affirmer qu'il l'a fait exprès ? Il était en train de tomber, son gest n'est pas "naturel" mais la situation n'est pas "naturelle" non plus (Balotelli déclenche une frappe et retombe sur Parker qui a tenté de tacler le ballon). Si quelqu'un peut affirmer, OK il l'a frappé volontairement, alors il faut le bannir, mais dans cette affaire bien mâlin qui peut l'affirmer. En Espagne il y a toujours des discussions sur l'affaire Pepe/Messi, et il me semble que cela est pourtant plus clair que pour Balotelli, pourtant dans le doute, il ne peut y avoir sanction.



Balotelli est une proie facile en raison de sa gloire et de son talent, et peut être aussi parce que Manchester City est une équipe qui dérange, avec ses millions. Cette sanction me paraît tout simplement ridicule. Ils sanctionnent une idée, ils punissent un joueur parce qu'ils pensent qu'il a peut être fait quelque chose, et non parce qu'il l'a fait. Ils punissent une intention supposée et non un fait avéré. Cette sanction est lâche et peu courageuse, elle est juste infame.

Sergio Stanco (Journaliste Goal.com Italie)


21 Janvier 2012



Ranieri, on l'appelle l'ajusteur

Et de sept victoires consécutives toutes compétitions confondues pour l'Inter, désormais qualifiée en quarts de la Coupe d'Italie. La série des nerazzurri continue et je me demande bien quand elle va s'arrêter. Le mérite en revient à Ranieri qui a repris une équipe au fond du gouffre en septembre dernier et qui la ramène dans la lutte pour le scudetto, sans oublier la qualif' en Champions League (et un tirage clément pour les 8èmes). Le romain a été fidèle à sa réputation, on l'appelle l'ajusteur, celui qui prend des équipes en cours de route ou mal en point pour les relancer. Doucement mais surement, Ranieri a analysé la situation, quelques revers cinglants pour ses débuts (notamment face au Napoli et à la Juve) avant de trouver la bonne tactique : un bon vieux 4-4-2 des familles, le schéma assurance tous risques qui garantie une équipe bien en place et de l'équilibre entre chaque secteur de jeu.

La vieille garde ne trahit jamais

Alors que beaucoup annonçaient des cadres sur la pente descendante, ce sont pourtant bien eux qui ont montré l'exemple. Ranieri a eu raison d'insister, Zanetti, Julio Cesar, Maicon et même Cambiasso retrouvent leur niveau d'antan, le must restant quand même la renaissance de Milito. Pragmatique, Ranieri n'a pas pris de risques, il fait confiance aux briscards, et ça a payé mais puisqu'il n'est pas borné, il a également donné sa chance à Alvarez. L'argentin était bien parti pour être un de ces fameux transferts loupés made in Inter, mais il s'est libéré au fil des matches et a prouvé (pour le moment) qu'il a sa place en Italie. Ce qui m'étonne le plus, c'est que Ranieri a réussi cet exploit sans les deux joueurs les plus hypes de son effectif, Sneijder et Forlan constamment blessés. D'ailleurs le hollandais peut devenir un casse-tête car il n'a pas sa place dans le schéma de Ranieri. Son retour garantirait certes un jeu plus léché, mais ce serait aux dépends de la défense béton et du jeu en contre-attaque qui a relancé l'Inter. Philosophie de jeu pas des plus esthétiques mais en même temps c'est ce qu'on a demandé à Claudio quand il a signé : le résultat avant tout.



L'éternel second

Le choix de Ranieri se sera révélé gagnant, un coach dont j'apprécie le style et pas assez mis en avant à mon gout. Principalement à cause de son palmarès, il a entrainé une myriade de clubs prestigieux mais n'a presque rien gagné. Personnellement, le gros reproche que je lui fais, c'est d'aller manger à tous les râteliers, en 18 mois, on l'a vu sur le banc de la Juventus, de la Roma et de l'Inter. D'ailleurs, à chaque fois il a obtenu des résultats au delà des espérances (la Juve en Champions League, la Roma à un ongle du scudetto), mais Ranieri c'est un peu la bonne poire dont on se débarrasse facilement quand son taf devient moins efficace (bon, techniquement, il a a démissionné de la Roma), seulement gicler Ranieri, ça se paye, la Juve a vite gouté à l'Europa League et la Roma n'est pas prête de lutter pour le scudetto. Après tout je peux comprendre qu'il aille d'un club rival à l'autre vu comment il a été remercié à chaque fois. D'ailleurs on parle déjà de Spalletti ou Guardiola à l'Inter...


16 janvier 2012

Pato, et maintenant ?

La Serie A est relancée, c'est le sentiment qui domine au lendemain de ce derby milanais. L'Inter s'impose grâce à un but de Milito, symbole on ne peut mieux choisi de la renaissance interiste. Voilà que l'Inter peut de nouveau penser en toute légitimité au Scudetto. Après tout, 6 points de retard à 20 journées du terme du championnat, on a vu pire. Si Milito est le symbole interiste, le symbole milaniste n'est autre que Pato. Le Brésilien a fait parler de lui la semaine dernière et les yeux de nombreux observateurs étaient évidement rivés sur lui hier soir. Ce transfert loupé au PSG n'est pas sans rappeler la mascarade Kakà, agitant son maillot rossonero à un balcon un soir de janvier 2009 alors qu'il refuse de partir à Manchester City... pour signer au Real six mois plus tard. Cependant, tout n'est pas similaire dans ce feuilleton, ne serait-ce que pour le facteur Tevez, rarement j'ai vu Galliani revenir les mains vides après s'être personnellement déplacé pour conclure une transaction.



Mon beau-père et moi

Tout aurait capoté à cause de la volonté de Pato, moyennement convaincu du challenge parisien malgré la présence de ses deux pères adoptifs Ancelotti et Leonardo. Il semblerait surtout que ce soit Silvio Berlusconi en personne (le beau papa du Brésilien puisque sa fille Barbara sort avec Pato) qui ait décidé de son avenir. Le président rossonero a déclaré qu'il n'était convaincu par cette opération, ni techniquement, ni économiquement. Un avis que je partage, Pato présente un bilan comptable tout à fait enviable après quatre ans sous les couleurs rouges et noires (un but tous les deux matches) et a une marge de progression encore importante. Tevez quant à lui n'est ni disponible pour disputer la Champions Legaue, ni en état de jouer après trois mois de vacances (et ce n'est pas un footing matinal sur les plages de Rio qui me fera croire le contraire). Économiquement, je peine encore à croire que Galliani était prêt à accepter l'offre francilienne de 28 Millions + 7  de bonus. Je rappelle que Pato a signé il y a quatre ans pour...22 Millions d'€ (le mineur le plus cher de l'histoire du foot). Et si les qataris mettent 43 millions sur Pastore, Pato en vaut au moins 50.

A double-tranchant

Ce feuilleton terminé (non sans irritation de la part de la presse parisienne voire française), Pato redevient donc un joueur du Milan, à disposition de son coach. Un rapport loin d'être idyllique entre les deux. Et pourtant hier soir, Allegri l'a titularisé lors du derby. Un choix surprenant envoyant Robinho (pourtant un fidèle du Mister) sur le banc, pour certains une directive venue d'en haut...cela dit, la prestation de Pato a été proche du néant. Et c'est généralement quitte ou double après une historie pareille, soit le match suivant (qui plus est le plus important de l'année), le joueur marque, embrasse l'écusson du club et repart de plus belle. Soit il est aux abonnés absents et s'écroule sportivement et mentalement. Je crains que le jeune Brésilien digère mal tout ce tohu-bohu, le mental n'étant pas son point fort. Au final, j'ai l'impression que le Milan s'est tiré une belle balle dans le pied dans cette affaire, espérons que Barbara remette les idées en place à Pato, de quelque manière que ce soit...

VALENTIN PALUZZI
fondateur de Calciomio

Comme d'habitude, n'hésitez pas à poster vos commentaires, Valentin Paluzzi et les intervenants exceptionnels du Blog y répondront !


12 janvier 2012 - Eduardo Vargas, la bonne pioche du Napoli ?

Le mercato hivernal a maintenant commencé depuis une bonne semaine, comme d'habitude il y a eu d'emblée quelques transferts officialisés et dont les négociations ont débuté bien avant janvier. On devrait maintenant assister à une période de calme avant la tempête de fin du mois quand les dirigeants de tous les clubs se retrouveront à Milan pour ce qui peut-être comparé à une vraie foire aux footballeurs. Les plus grosses transactions de ce début de mercato concernent des attaquants : je ne m'étendrai pas sur Gilardino au Genoa ou Borriello à la Juve. C'est de Eduardo Vargas que je vais vous parler, il est sans aucun doute la recrue qui intrigue le plus.

Vargas 3.0




Petite anecdote, la Serie A accueille son troisième Vargas en quelques saisons, il y a eu Jorge à la Reggina, il y a Juan Manuel à la Fiorentina et il y aura donc Eduardo au Napoli, il pourrait d'ailleurs débuter ce soir contre Cesena en coupe d'Italie. Un joueur à l'ascension fulgurante encore méconnu du grand public, il faut dire qu'il a réellement explosé l'année (civile) passée avec l'Universidad de Chile. Vainqueur des deux championnats annuels (les fameux Apertura et Clausura), de la Copa Sudamericana (équivalent de l'Europa League) et deuxième (derrière Neymar) au ballon d'or sud-américain. Entre-temps, il a même inscrit ses premiers buts avec la sélection chilienne. Ce qui donne un total de 30 réalisations en une cinquantaine de matches sur l'année 2011, des stats qui ont forcément fait grimper sa valeur marchande.

La formule Cavani

Le calcio n'échappe pas à la crise et ses dirigeants rivalisent de fantaisie pour trouver des formules low-cost, les napolitains ont réitéré la même opération qu'avec Cavani, prêt avec option d'achat obligatoire qui s'élève à 12 Millions d'€ ! Je ne suis pas franchement convaincu qu'un joueur ayant flambé (et encore, ses stats ne sont pas non plus exceptionnelles) dans la ligue chilienne et en Europa League sud-américaine vaille cette somme. Certes, je ne suis pas expert en la matière, mais j'espère que vous me pardonnerez de ne pas suivre le championnat chilien et la Copa Sudamericana (déjà que l'Europa League...). Ce qui est sure, c'est que ça lui met déjà une belle pression sur les épaules, lui qui était encore un parfait inconnu il y a un an.



Star avant l'heure

D'autant que son transfert a été un véritable feuilleton (l'Inter était également sur le coup) qui l'a mis sous le feu des projecteurs. Cerise sur le tiramisù, il débarque dans un club et surtout dans une ville réputée pour son exubérance et son don de l'exagération. "Turboman" (non pas celui de la "Course aux jouets") a été accueilli comme une star à Naples, acclamé par des tifosi qui attendent visiblement beaucoup de lui. Une chaleur locale dont il devra rendre la pareille d'une façon ou d'une autre, gare à l'ingratitude ! Joueur râblé et vif, format chilien par excellence (à la Alexis Sanchez, une comparaison avec laquelle il devra vivre, ce qui augmente encore plus les attentes), la concurrence est rude, le trio offensif Hamsik-Cavani-Lavezzi est une valeur sûre, la première alternative Pandev aussi. Cela dit Napoli joue sur plusieurs tableaux et il devrait vite trouver du temps de jeu.

Pour finir, on dit en Italie que son arrivée signifie le départ d'Ezequiel Lavezzi qui quitterait Napoli cet été...reste à savoir si d'ici là Vargas se sera montré à la hauteur et je pense que la clé de la réussite sera avant tout la gestion de cette immense pression.

VALENTIN PALUZZI
fondateur de Calciomio

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6 janvier 2012 - Le jugement de la Befana

Le hasard fait bien les choses. En effet, tandis que les Français s’empiffrent de galettes des rois et s'étranglent avec les fèves, ce blog ouvre ses portes le jour de la Befana. Je ne pouvais rêver mieux puisque cette tradition italienne veut qu'une sorcière dépose du charbon (pour les vilains enfants) ou des bonbons (pour les enfants sages) dans des chaussettes soigneusement accrochées à la cheminée le jour de l’Épiphanie. L'occasion parfaite pour distribuer les bons points de cette première partie de saison avant que les hostilités reprennent !

Les enfants sages...

Commençons par les bons rejetons, il serait trop simple de citer d'emblée la Juventus ou le Milan qui atteignent finalement un résultat tout à fait en rapport avec leurs investissements estivaux, leurs ambitions initiales et leur histoire. C'était en revanche beaucoup plus compliqué pour l'Udinese à qui on a arraché (bon oublions la métaphore de l'enfant pour le coup!) la colonne vertébrale l'été passé (Zapata, Inler, Sanchez). Et pourtant, elle réussit même à faire beaucoup mieux que la saison dernière grâce notamment aux compétences de Guidolin et aux buts de Di Natale !

La Juventus et le Milan sont plutôt les deux favoris de service qui répondent présents, c'était plus évident pour les hommes d'Allegri champions en titre que pour ceux de Conte restant sur deux septièmes places. Je n'oublie pas la Lazio qui réalise cependant un début de saison tout à fait identique à celui de l'an passé. Enfin concernant l'Atalanta, la Befana est tiraillée entre les 26 points effectifs et les 6 points de pénalité dûs à son rôle dans le scandale des matches arrangés qui est reparti de plus belle avant les fêtes. Coupons la poire en deux, un charbon et une sucette pour la chaussette bergamasque !

Et les autres...

Les mauvais élèves ne manquent pas cette année et malgrè une remontée de dernière minute qui la ramène en haut du tableau, on trouve l'Inter qui a battu bon nombre de ses records négatifs datant de la préhistoire, on parle pourtant là d'une génération de joueurs qui a marqué l'histoire du football il y a à peine plus d'un an. Mais la sous-estimation de la perte d'Eto'o, l'insuffisance des nouvelles recrues et l'erreur de casting Gasperini ont lourdement handicapé les nerazzurri qui s'en sont remis au pompier de service Ranieri.

 

Napoli est aussi à classer dans la catégorie des enfants dissipés, le retour dans une dimension maradonesque a du mal à être digéré, certes il y a la qualification en 8e de la Champions League, mais la priorité n'est-elle pas justement d'y retourner via le championnat ? De trop nombreux faux-pas ont pour le moment compliqué les choses. La Roma, reste un gros point d’interrogation malgrè un léger mieux sur la fin de l'année, l'alliance entre l'US Army et les Conquistadores a chamboulé pas mal de choses et l'équilibre récemment trouvé reste très fragile.

Enfin, en plus d'une tonne de charbon, la Befana a apporté un bonnet d’âne à la Fiorentina qui lutte pour ne pas descendre et dont l'arrivée de Delio Rossi sur le banc n'a pour le moment pas eu l'effet escompté. D'autant que 2012 a débuté par la vente de Gilardino, mais on dérape sur le mercato hivernal sur lequel j'aurai le temps de revenir, car ce n'est plus de la compétence de la Befana !

Et vous, à qui donneriez-vous le charbon et à qui les bonbons ? Réagissez à l'article de notre expert italien !!




Valentin Pauluzzi est le fondateur et rédacteur en chef du site Calciomio.fr, premier site d'information francophone du foot italien. Passionné et expert du calcio, il intervient chaque semaine sur le blog de Goal.com, le Calcio Football Club !

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