L'interview exclusive de Ricardo Faty (deuxième partie)
Le milieu de terrain de l'AS Rome, Ricardo Faty s'est confié à Goal.com sur son début de saison dans la capitale transalpine. Un retour gagnant pour l'ancien Nantais, heureux de disposer du temps de jeu et désormais toujours plus ambitieux. Découvrez la deuxième partie de l'entretien avec Ricardo Faty !
De retour en Italie, à l'AS Rome, après un an et demi de prêt au FC Nantes, Ricardo Faty est un joueur visiblement heureux. Depuis l'arrivée de Claudio Ranieri à la tête de la Roma, il dispose de davantage de jeu et trouve ses marques petit à petit. De quoi doper ses ambitions personnelles, mais également collectives pour un club qu'il apprécie particulièrement.
Comment se passe le début de saison en Italie ?
Ricardo Faty : Au début ce n'était pas facile, je n'avais pas trop de temps de jeu. L'arrivée de Ranieri a un peu débloqué les choses. Il m'utilise plus ces derniers temps. Je suis content de moi, je travaille bien ici et j'espère que je pourrais enchaîner le plus de matchs possibles à Rome.
Sous l'ère Spalletti, pensez-vous que vous n'auriez pas eu le même temps de jeu ?
R.F. : Je ne sais pas... C'était aussi un coach qui m'appréciait beaucoup, mais ce n'était pas évident, il avait ses joueurs en place comme De Rossi et Pizarro. Ce n'est pas évident de trouver de l'espace. Mais c'est vraiment un coach que j'appréciais énormément car c'est lui qui m'a fait venir alors que j'étais à Strasbourg en 2006. C'est aussi un coach qui me prêtait pas mal d'attentions.
Appréhendiez-vous ce retour à Rome après 1 an et demi à Nantes ?
R.F. : Non, non. dès mon retour à Rome, j'avais fait le point avec le coach pour connaître un peu ma situation. Lui-même m'avait dit qu'il n'y avait pas de problèmes, qu'il comptait sur moi. Je savais que ça serait difficile de trouver ma place, mais j'étais sûr que j'étais dans le groupe et qu'il n'était pas question d'un prêt ou même d'une vente. C'est pour ça que je ne pensais pas partir au mercato estival... Mais arrivé le 30 août ils m'ont dit "il faut que tu partes en prêt". C'était trop tard et ça n'a pas pu se faire.
"Ranieri a apporté sa grinta à la Roma"
Qu'est-ce qui a changé dans votre jeu ou votre comportement depuis votre première expérience à la Roma ?
R.F. : Depuis deux ans, j'ai pris pas mal d'assurance, surtout balle au pied. Je peux mieux m'exprimer avec le ballon. physiquement, j'ai pris pas mal de poids ausi. C'est l'une des premières choses qu'ils ont remarqué et qui les intéresse le plus à Rome. Je travaille bien ici, même si je n'ai pas encore atteint le maximum de mes capacités. J'ai encore une grosse marge de progression. C'est pour ça aussi qu'ils veulent me garder.
Et dans quels domaines pouvez-vous encore progresser ?
R.F. : Etant donné ma taille, je peux être plus performant dans mon jeu de tête car je n'arrive pas encore à marquer de buts de la tête. C'est un registre dans lequel il faut que je travaille.
Qu'est-ce qui a changé concrètement entre Luciano Spalletti et Claudio Ranieri ?
R.F. : Spalletti était là depuis longtemps et avait un style de jeu bien en place depuis 2005. Il était même réputé pour être un des plus beau jeu d'Europe avec des gens comme Pizarro et De Rossi qui maniaient bien le ballon au milieu de terrain. Mais au bout de 4 ans, les clubs commençaient à voir venir le truc et à faire déjouer la Roma. Il y a eu comme une cassure. 4 ans c'est énorme pour un coach, mais il y avait moins d'agressivité, de grinta dans l'équipe. Ranieri a remédié à ça, il a apporté toute son expérience de l'étranger vu qu'il a coaché en Espagne et en Angleterre. Il a vraiment apporté sa rage. En plus comme c'est un Romain de naissance, il est très motivé. Ca fait du bien à la Roma.
Les joueurs ont-ils dont joué un rôle important dans sa démission par ce manque de motivation ?
R.F. : Du tout non. On n'était pas au courant du fait qu'il démissionnait. Du jour au lendemain, on a appris qu'il allait partir et Ranieri est arrivé très vite ensuite. Ca a été très rapide, très bref. On n'a pas toutes les explications...
Dans l'effectif, quel est le joueur qui vous impressionne le plus ?
R.F. : Je ne vais pas être original en vous disant Totti. Malgré son âge avancé, il marque des buts exceptionnels. Ca reste vraiment un grand joueur. Sinon il y a de grands joueurs comme De Rossi, Pizarro ou Perrotta, qui sont vraiment essentiels à l'équipe et qui arrivent à faire la différence au milieu de terrain et à la finition.
Et quel est celui qui peut vous apporter le plus ?
R.F. : Je m'entends très bien avec De Rossi. C'est un joueur de très haut-niveau sur lequel j'essaie de prendre exemple. Sinon il y a aussi Philippe Méxès qui est souvent à mes côtés et m'aide énormément. C'est une personne qui m'a toujours aidé, toujours soutenu, depuis le premier jour où je suis arrivé, le jour de mes 20 ans. C'est un peu grâce à lui si ça se passe bien à la Roma.
Vous avez joué dans trois championnats majeurs (Bundesliga, Ligue 1 et Serie A, ndlr), lequel appréciez-vous le plus ?
R.F. : La Serie A parce que c'est un championnat le plus difficile, plus homogène. Le fait de jouer à Naples ou en Sicile à Catane, à Palerme c'est très compliqué. Tous les dimanche c'est une vraie bataille, même si les stades sont un peu vétustes. J'apprécie les supporters italiens et le fait de jouer des gros matchs quasiment tous les dimanche. Jouer contre Naples, les deux clubs de Milan, les deux de Turin, les deux clubs de Gênes.
Et que n'aimez-vous pas en Italie ?
R.F. : Il n'y a pas grand chose que je n'aime pas sincèrement. Après c'est vrai que certains comportements sont désagréables, mais j'essaie de ne pas y penser n'y d'en parler. C'est de la bêtise humaine et on ne peut pas faire grand chose contre la bêtise.
"Accrocher une place parmi les 3 ou 4 premiers"
Le week-end prochain vous jouez face à Milan, et même si les Rossoneri ne sont pas bien, vous attendez-vous à un grand match ?
R.F. : Les matchs contre Milan, à San Siro, ça reste des grands matchs. C'est toujours une grosse équipe qui joue en Ligue des champions cette année. C'est toujours une grande affiche et un match important pour la Ligue des champions. On aura à coeur de faire un gros match là-bas, déjà pour remettre un peu de distance en championnat et essayer de rattraper les clubs d'en-haut.
La Roma peut-être jouer un rôle important cette saison ?
R.F. : Malgré les débuts difficiles, j'ai toujours espoir. On a eu deux défaites au début contre la Juve et le Genoa, mais lors du dernier mois, on a été l'équipe la plus en forme avec l'Inter, donc c'est bon signe pour la suite. J'espère qu'on pourra accrocher une place en Ligue des champions, c'est à dire dans les 3 ou 4 premiers. Et je pense qu'on a les moyens de le faire.
Quels sont vos objectifs personnels avec l'équipe ?
R.F. : Faire le plus de matchs possibles avec la Roma et accrocher les premières places, ça voudrait dire que le coach compte sur moi. C'est vraiment le plus important : l'objectif de l'équipe et ensuite mon cas personnel.
Entretien réalisé par Marie Ange Kostoff
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