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Rétro 2012 - Des supporters qui ont du chœur

Rétro 2012 - Des supporters qui ont du chœur

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Par Hocine Harzoune


L’Espagne lamine l’Irlande. 4-0, les Irlandais sont les premiers éliminés de l’Euro 2012 en n’ayant pas montré grand-chose lors de la compétition. Et soudain, «Fields of Athenry» retentit dans la Gdansk Arena. Ce chant mythique qui retrace la douloureuse et dramatique famine au XIXe siècle en Irlande résonne pour célébrer l’esprit de l’île et encourager les équipes irlandaises (notamment en rugby). Entendre ainsi son écho propulsé par des milliers de poitrines à l’unisson dans un contexte de lourde défaite et d’élimination a quelque chose de magique.

Ce moment de félicité pure m’a donné des frissons comme je n’en avais plus ressenti depuis longtemps. J’aurai donné un bras pour être dans le stade à ce moment là, mais je suis déjà reconnaissant envers la providence, le hasard, Sammy Traoré ou toute force aux commandes de l’univers pour m’avoir permis d’être devant la télé à cet instant là.

Enfin des supporters qui ont du cœur (du chœur ?), car même si les plus forts ne sont pas vraiment les Verts, on ne peut pas nier qu’ils ont un bon public et les meilleurs supporters comme le disait la chanson narrant les exploits de l’ASSE. Le contraste avec les « fans » des Bleus qui sifflent à 1-0 en leur défaveur (voir même AVANT le match, pendant les hymnes) est saisissant et pas très flatteur.

Je n’aime pas céder aux clichés, mais je suis forcé d’étreindre chaleureusement un souverain poncif en  tentant de vous expliquer à quel point ce chant spontané m’a paru rafraichissant à l’heure où le football apatride et vénal envahit nos chaumières. Fields of Athenry parait avoir une signification particulière pour tous ceux qui ont, à travers les années, laissé la nostalgie grignoter la passion. Un sens caché pour tous les fans de football blasés, désillusionnés, saturés, usés et de plus en plus indifférents.

Si bas sont les champs d'Athenry
Où nous avions l'habitude de voir les oiseaux voler
Notre amour était parfait
Nous avions des rêves et des chansons à chanter
Les champs d'Athenry sont devenus si tristes

Grâce à une poignée de supporters irlandais, les champs du football paraissent bien moins tristes aujourd’hui et la magie d’antan semble même, quelque peu, subsister. Et surtout grâce à eux, on n’entendait plus Christian Jean-Pierre.



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