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Julien Laurens, notre éditorialiste pendant l'Euro, revient sur le départ de Laurent Blanc et la situation de l'équipe de France, actuellement sans sélectionneur.

 Julien Laurens
 Euro 2012 Editorialiste
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Normalement, il ne devrait y avoir aucune inquiétude, ni aucune angoisse. L'équipe de France n'a pas de sélectionneur. Et alors ? C'est arrivé régulièrement par le passé (le nouveau venu sera le 17e patron des Bleus dans l'histoire) et cela arrivera encore à l'avenir. C'est le lot de la vie d'une sélection comme d'un club. D'ailleurs, Tottenham est par exemple dans ce cas là et personne ne s'affole vraiment. Ca, ce serait en temps normal. Sauf qu'actuellement, le temps n'est pas normal au-dessus des Bleus. Au contraire. Il est plus que nuageux, à la limite de la tempête, et la situation du moment ne fait qu'aggraver, si c'était encore possible, le cas des Tricolores. Après un Euro où les Français ont encore brillé par leurs comportements honteux et par leur médiocrité sur le terrain, l'équipe de France nage plus que jamais en plein flou. En y refléchissant bien, en l'espace de 15 jours, on est passé d'une situation positive à un bordel complet. Le 15 juin au soir, après la victoire face à l'Ukraine (2-0), lors du deuxième match de poule de l'Euro 2012, quatre jours après le nul encourageant contre l'Angleterre (1-1), les Tricolores montent en puissance dans le jeu, se montrent solides, appliqués et leurs ambitions se sont décuplées au fur et à mesure. Que les jours ont passé. Le 30 juin, Laurent Blanc a officiellement refusé de continuer l'aventure, laissant la séleciton sans entraîneur. Entre temps, le vestiaire s'est déchiré, Samir Nasri s'est ridiculisé et a probablement mis un terme à sa carrière internationale (en tous cas pour un moment) et l'équipe a été éliminée sans gloire par l'Espagne (0-2) !

On vient donc de passer quinze jours d'une dramaturge incroyable et tout cela laisse l'équipe de France à l'agonie alors que se réunit ce mardi le comité exécutif de la Fédération française en charge de nommer le nouveau sélectionneur. Il faut dire que la FFF est pleinement responsable pour ce fiasco. Noel Le Great, son président, semble avoir tout fait pour plonger son équipe nationale dans la crise. Il a d'abord fixé des conditions impossibles à accepter pour Laurent Blanc. Son travail de sape pour «éjecter» le technicien a fini par marcher. Il ne l'a jamais apprécié, n'a jamais accepté son aura et ses requêtes (staff élargi, mises au vert à Enghein les Bains plutôt qu'à Clairefontaine, ect...). Blanc n'en pouvait plus de se sentir épié et contesté et il a décidé de jeter l'éponge. Franchement, c'est dur de lui en vouloir. Une fois le départ de Blanc acquis et la satisfaction du travail accompli, Le Graet a dû se dire qu'il était sur la bonne voie. Mais depuis, il va de désillusions en désillusions. Il a cru que Didier Deschamps accepterait le poste. Il l'a eu au téléphone mais l'ancien technicien de Marseille a poliment décliné l'offre ! Il ne veut pas travailler avec le dirigeant, pense qu'à 44 ans, c'est un peu tôt pour prendre un rôle qu'il désire pourtant beaucoup et ne veut pas «trahir» son pote Blanc en prenant sa suite. Même si, à part essayer de court-circuiter l'arrivée de Villas Boas à Tottenham, il n'a pas d'autres options puisque Valence, la Roma, Chelsea, Liverpool ou l'Inter Milan ne l'ont pas attendu pour choisir un entraineur, il a préféré le chômage à Le Graet. C'est dire...

Le Graet a également sondé Arsène Wenger, qui représente son fantasme absolu en terme de sélectionneur, mais le manager d'Arsenal l'a également éconduit. Après avoir tant voulu voir Blanc s'en aller, le président de la fédération est maintenant dans une impasse. Il a perdu les deux seuls candidats crédibles pour le poste et a encore échoué à attirer le plus grand technicien français de l'histoire. En plus, le temps presse. L'objectif est toujours d'officialiser aujourd'hui mardi le nom du nouveau patron des Bleus. Seulement, la liste des prétendants fait quand même un peu peur. La FFF, contrairement à la fédération anglaise, n'ira pas chercher un étranger. Par principe et par manque de moyen: le salaire de Blanc était de 100 000 brut par mois. Loin des 6 millions annuels de Capello ! Il reste donc des Français: Smerecki, Giresse, Mombaerts, Denoueix, Le Guen. Il semble que Paul Le Guen soit désormais le favori. Breton, comme Le Graet, il correspond le mieux au profil recherché.

Aucun nom qui fasse rêver les joueurs, les supporteurs et les médias. Mais Le Graet obtiendra enfin ce qu'il veut: un sélectionneur a sa botte, qui ne coutera pas cher. Et peu importe si les résultats suivent.

Alors que Laurent Blanc avait commencé une aventure intéressante il y a deux ans, qu'il avait fait progresser cette équipe malgré des erreurs dues autant à son manque d'expérience qu'au manque de ressources de son groupe et à la mentalité de certains des joueurs, Le Graet a tout détruit pour choisir de repartir à zéro et de perdre de nouveau du temps dans une nouvelle reconstruction due à l'arrivée d'un nouveau coach. C'est un perpetuel recommencement qui ne prédit rien de bon pour l'avenir de l'équipe de France...

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