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Euro 2012 - Des Bleus et des bosses
La France a profité de l'Euro-2012 pour recoller les morceaux de son blason, après deux fiascos retentissants, mais la fin du parcours laisse un sentiment très mitigé. Voir amer.
Tombés en quart de finale contre l'Espagne, championne d'Europe et du monde en titres, les Bleus auront évité le naufrage au tableau d'affichage: défaite 2 à 0 (dont un penalty). Pas vraiment humiliant devant le parangon du foot continental et mondial. D’ailleurs, en s‘incrustant le Top 8 européen, l'objectif assigné par la FFF, Laurent Blanc pourra toujours se dire qu'il a rempli l'essentiel de son contrat et replacé les Bleus sur l'échiquier continental. Des arguments à avancer au moment d'entamer les discussions avec Noël Le Graët pour un éventuel renouvellement de son bail.
La France loin du sommet
L’infamant souvenir des deux dernières débâcles (Euro-2008 et Mondial-2010) commence à s'estomper et la France a retrouvé un début de crédit sportif, capital dilapidé après le Mondial-2006. Si l’épisode du vestiaire après la défaite contre la Suède (2-0) lors du 1er tour a réveillé quelques vieux "démons", selon les termes de Florent Malouda, et rappelé les heures sombres de Knysna, Blanc, au contraire de son prédécesseur, est resté le maître à bord et a évité l'explosion de son groupe. Le contraste est en cela manifeste avec les évènements survenus en Afrique du Sud et "le Président" peut se prévaloir d'avoir opéré une véritable rupture avec une époque pas si lointaine. Voilà pour la maigre colonne des satisfactions. C’est tout. C’est insuffisant.

Car cet Euro a montré que le chemin pour revenir au sommet serait long et tortueux. Le bilan comptable est à cet égard assez médiocre: 1 victoire, 1 nul et 2 défaites (3 buts inscrits, 5 encaissés). Blanc a tenté, parfois avec réussite, d'offrir une nouvelle identité de jeu basée sur la possession de balle et l'attaque. Sauf contre l'Espagne, où il a voulu faire l’inverse. Mais une constante a surfacé depuis l’entrée en lice face aux Anglais, la France n’a (toujours) pas les individualités capables de se sublimer lors des rendez-vous couperets. Ribéry et Benzema devaient être ces leaders techniques qui font les grandes équipes mais leur apport aura été pour le moins homéopathique. Car s’il y avait des Bleus, il n’y avait pas beaucoup de « Boss ». Que ce soit dans l’intimité ou sur le pré.
Les fausses promesses de la génération 87’
Samedi soir, il n'y aura pas eu de miracle pour les Bleus, punis dès la 19e minute de jeu sur une tête imparable de Xabi Alonso puis sur un penalty du milieu du Real Madrid (90+1) et incapables d'inquiéter la Roja. Un symbole, ces deux buts d’un fringant centenaire et d’un stratège du milieu. Tout a fait le type de joueur qui manque cruellement aux Bleus. C’est un fait avéré, les troupes de Laurent Blanc ne possédaient décemment pas assez d'armes pour contrecarrer la maîtrise technique et collective d'une équipe devenue en quatre ans la référence absolue du football international. A l’inverse de la France, qui en 4 ans n’a toujours pas mis un terme au chantier permanent de la défense, encore défaillant ce soir. L’écart était donc de taille. Un véritable fossé aménagé en tranchées où les égos hypertrophiés ont failli tout engloutir sous les yeux d’un impuissant Hugo Lloris, capitaine par défaut, ou en tous cas malgré lui, qui aura eu le mérite de souligner à quel point il manque un « président », un Laurent Blanc, à cette équipe.
Cet échec, c’est surtout celui des Benzema, Nasri, Ben Arfa, Ménez. La fameuse génération 1987 dont on ne tarissait pas d’éloges et sur laquelle Blanc avait tout misé. Résultat des courses ? Dramatique, comme on aurait pu sen douter avec de tels poulains immatures et autres étalons ombrageux. Ben Arfa l’a défié après France-Suède alors que Nasri, guère apprécié par ses camarades, a cristallisé ET justifié toutes les critiques dont il n’a eu de cesse d’être l’objet depuis l’Euro austro-suisse. Quand à Benzema, il aura déçu sur le terrain en ne marquant pas, ratant des opportunités au propre comme au figuré, la plus grande étant de briller face à ses amis et rivaux espagnols comme l’a fait Zidane en 2006. Si personne n’a rassemblé hors-terrain, aucun joueur n’a fédéré sur le pré. L’individualisme outrancier a desservi le collectif et l’animation en a souffert au centre du terrain. Le milieu est l’ennemi du bien, serait-on tenté de dire alors que de nouveaux défis attendent des Français perclus de bleus.
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