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Éliminés de l'Euro 2012 avec aucun point et une image déplorable, les Pays-Bas quittent la compétition la tête très basse.

En perdant (2-1) face au Portugal dimanche soir, les Pays-Bas ont enchaîné leur troisième défaite de rang dans cet Euro 2012. Après un revers surprise lors du match d'ouverture du groupe B contre le Danemark, les Bataves ont ensuite été respectivement dominés par l'Allemagne mercredi puis les Lusitaniens hier. Les vice champions du Monde 2010 quittent donc la compétition sans le moindre point récolté. Pire, ils ont montré le visage d'une équipe qui n'en est pas une avec des joueurs aux égos surdimensionnés et un sélectionneur, Bert Van Marwijk, complètement dépassé.

"Le gag de l'Euro 2012"

Le titre du supplément sportif du Telegraaf est éloquent. Jamais les Pays-Bas n'avaient été éliminés lors d'un tournoi international sans avoir glané le moindre point et en ayant perdu trois fois. "Rarement dans le passé, une équipe, encore numéro un dans le classement du football international un an auparavant, a ruiné sa réputation aussi rapidement et aussi profondément que les Oranje au cours des derniers mois" résume le quotidien NRC Next. Bref, la presse locale tire à boulets rouges sur la sélection batave. Les raisons de la colère ? Trois prestations indignes pour une équipe aux multiples talents sur le papier. Pourtant, tout avait commencé comme il se doit. L'entame de match face au Danemark est rythmée mais les Néerlandais n'arrivent pas à concrétiser leur domination. Plus de trente tirs aux buts mais aucun ne fait mouche. Dans ces cas là, l'adversaire en profite et Krohn-Delhi ne s'est pas fait prier pour offrir la victoire aux siens. Au cours de la partie, le jeu oranje s'est effrité. La suite est un inévitable recommencement.

Contre la National Mannschafft, les coéquipiers d'Arjen Robben tentent de réagir mais leurs errements défensifs profitent à Mario Gomez. Ménés de deux buts, aucune réaction d'équipe ne se fait sentir. Normal puisque les joueurs tentent chacun leur tour et font 11 au lieu de ne faire qu'un. C'est tout de même grâce à une action individuelle que Robin van Persie réduit le score mais l'Allemagne étouffe vite les espoirs d'égalisation. Dimanche soir, le scénario s'est une nouvelle fois avéré identique. Au début du match, les Pays-Bas font une nouvelle fois bonne figure. Rafael van der Vaart ouvre le score d'une superbe frappe. Il manque à ce moment là un but aux Bataves pour se qualifier puisque l'Allemagne mène au même moment contre les Danois. Mais le Portugal réagit et surtout les Oranjes sombrent comme jamais. Les espaces se créent, la formation de van Marwijk est coupée en deux et les joueurs offensifs semblent perdus. Rien ne va et les Pays-Bas concèdent leur ultime défaite avant de faire leurs valises.



"L'ego des joueurs est trop grand"

Le quotidien néerlandais Trouw pointe du doigt ce que toute l'Europe du football pense en voyant évoluer la sélection des Pays-Bas. Les talents offensifs sont nombreux et présents dans tous les plus grands clubs européens. Arjen Robben, Wesley Sneijder, Robin van Persie, Klaas Jan Huntelaar pour ne citer qu'eux. Tous sont passés à côté. Ils n'ont pas perdu leurs qualités par magie, ils ne savent tout simplement pas jouer ensemble. "C'est très difficile pour nous dans ce groupe, parce qu'il y a juste trop d'égos. Après la Coupe du Monde, ils sont devenus encore plus gros. Cela rend notre tâche difficile," a déclaré Robben au site KNVB. "Si vous voulez accomplir quelque chose ensemble, vous devez mettre ces égos de côté. Vous devez vous battre comme une équipe pour redevenir invincible. Ca ne reviendra pas comme ça." a t-il continué avant le match face au Portugal. L'ailier du Bayern Munich n'est peut-être pas la meilleure personne pour en parler. Dimanche soir face à la presse, tous étaient pourtant sur la même longueur d'ondes. "Ce que nous avons montré est très, très mauvais." a par exemple affirmé Sneijder. Mais même dans ce discours la gaminerie est de mise. "J'étais démarqué plusieurs fois mais mes coéquipiers ne m'ont jamais donné le ballon". Le retour au pays de Grégory van der Wiel devrait être difficile.

Dans cette guerre d'égos, le sélectionneur, Bert van Marwijk, s'est trouvé complètement perdu. Personnellement et surtout tactiquement. Vouloir jouer avec tous ses atouts c'est bien, trouver un équilibre pour son équipe, c'est mieux. Contre le Portugal, les défenseurs centraux se sont trouvés complètement délaissés, en plus de leurs carences individuelles. Placer Wesley Sneijder sur un côté était tout aussi suicidaire. Le joueur de l'Inter Milan est un homme qui aime être au centre du jeu. Après cet échec, van Marwijk, en contrat jusqu'en 2016, va avoir du mal à continuer l'aventure. Ce fiasco au présent ne doit pas échapper aux responsables de la Fédération néerlandaise de football. Il y a un réel problème de formation à certains postes clés, surtout dans le secteur défensif. Présenté comme un grand espoir, le latéral droit Grégory van der Wiel a été catastrophique de bout en bout. Des joueurs de devoir et une âme, voilà de quoi a besoin la sélection oranje pour retrouver les sommets. Vingt-quatre ans après la victoire de van Basten et Gullit au championnat d'Europe, trente-huit années après la parenthèse enchantée de la bande à Cruyff en 1974, le football néerlandais vient de vivre un échec sans précédent.

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