thumbnail Bonjour,
Euro 2012 - Faut-il boycotter l'Ukraine ?

Euro 2012 - Faut-il boycotter l'Ukraine ?

Petar Milosevic

Les dirigeants de l'Union Européenne pourraient boycotter l'Ukraine à cause du traitement "problématique" de l'ancienne Première Ministre Ioulia Timochenko, condamnée.

Réunis à Bruxelles mercredi, les chefs d'Etat de l'Union Européenne ont menacé de ne pas se rendre en Ukraine durant toute la période de l'Euro allant du 8 juin au 1er juillet prochain. Dans le sillage d'Angela Merkel et François Hollande, de nombreux leaders ont dénoncé le traitement de l'ancienne Première Ministre, Ioulia Timochenko, condamnée à 7 ans de prison pour abus de pouvoir. La femme âgée de 51 ans est emprisonnée à Kharkiv, l'une des quatre villes ukrainiennes à accueillir des matchs de la compétition. Comme les haut dignitaires continentaux le préconisent, faut-il boycotter l'Ukraine ?

Dénonciation consensuelle, utilité restreinte

L'Euro 2012 pourrait devenir un véritable feuilleton diplomatique à travers la grande Europe. Si tout le monde salue les efforts de la Pologne, au rôle important pour l'U.E, le constat est totalement différent pour le co-organisateur de l'évènement, l'Ukraine. Déjà pointé du doigt pour des problèmes liés au logement et à ses tarifs incensés, le pays est menacé d'un boycott par plusieurs chefs d'Etats européens. Tout le monde s'accorde pour dénoncer les conditions de détention de Ioulia Timochenko. Si celle-ci a stoppé sa grêve de la faim, elle fut également opérée d'une hernie discale début mai. L'ex-première ministre, qui dénonce un procès politique de la part du président Ianoukovytch, attend son appel repoussé au 25 juin soit six jours avant la finale de l'Euro 2012 à Kiev. Interrogé à ce sujet à Bruxelles mercredi, le Président français François Hollande a estimé "un problème" la situation de cette femme. Sur ce point, il a été rejoint par l'ensemble des dirigeants dont Angela Merkel, la chancelière allemande. Plusieurs éminents responsables comme le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ou le président de l'UE Herman Van Rompuy ont déjà déclaré qu'ils ne se rendraient pas en Ukraine.



A quelques mois d'élections législatives (octobre) où le parti de Ioulia Timochenko (le BlouT) est engagé, la pression s'intensifie sur Kiev. L'Union Européenne souhaite une libération. Si rien ne change d'ici la cérémonie d'ouverture, qui aura lieu à Varsovie (Pologne), François Hollande n'irait encourager l'équipe de France que si elle se qualifie pour les quarts de finale. Les Bleus jouent en effet leurs trois rencontres de poule en Ukraine. Un boycott serait problématique pour la Pologne, opposée à une telle décision à l'encontre de son partenaire d'organisation. La renommée de cette dernière, largement désirée par ces deux pays, est déjà grandement nuancée. Pourtant, est-ce que cela s'avèrerait vraiment utile. Les observateurs pensent que la seule institution qui pèserait est l'UEFA. Mais celle-ci et Michel Platini ne risquent pas de s'engager sur ce sujet glissant à quelques jours du début de la fête du football européen. On peut aussi penser que les gouvernements européens ont d'autres moyens pour influencer l'Ukraine. Contrairement au mondial argentin en 1978, aucun joueur ne devrait appeler au boycott. Ni Johan Cruyff, ni Marco Van Basten ne s'étaient rendus dans le pays dominée par la junte militaire. Enfin, pour ce qui est du taux de remplissage des stades, l'interrogation est nette. Le prix des places en avait découragé plus d'un (même si une baisse a été effectuée depuis) et un boycott politique pourrait pourquoi pas amener certains fans de foot à rester devant leur télévision.

From the web