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C'est parce que le projet d'une Ligue 1 à 18 clubs lui tient à cœur que Frédéric Thiriez, le président de la LFP, y revient à travers son projet "Delta". Décryptage.

Comme il est de mise de s'inspirer du modèle économique allemand qui fait preuve, dans son ensemble, d'un peu plus de robustesse, le football n'en est pas exempt. Cela fait maintenant une dizaine d'années que Frédéric Thiriez, le président de la Ligue de Football Professionnel, veut copier le modèle de la Bundesliga et de ses 18 clubs. Partant du principe que cette réforme est bien la réponse adéquat aux problèmes économiques du championnat de France liés notamment au déclin des droits télé... Le projet "Delta", qu'est ce que c'est et qu'est ce que ça change ?

Une plus grande répartition des droits TV

La plus grande ligne de ce projet au nom mathématique concerne une soustraction. Ôtez deux de vingt vous obtenez 18 et donc le nombre de clubs que souhaite voir évoluer Thiriez dans le championnat de Ligue 1. Au nom de la qualité, préférée ainsi à la quantité, la répartition des droits TV augmenterait sensiblement pour les clubs de l'élite.

Le hic pour les petits clubs

Décidément, qu'ils soient européens ou simplement nationaux, les grands projets ne font pas de cadeaux aux "petits" clubs. Après le fairplay financier, voici que le projet "Delta" leur veut aussi du mal. C'est en tout cas ce que semblent penser beaucoup d'entre eux qui ne cautionnent pas du tout la mise en vigueur d'une élite à 18 clubs. La raison ? Le projet de Thiriez conçoit une Ligue 1 à 18 avec seulement 2 descentes et 2 montées par saison avec, en plus, un système de barrage ou de "play-offs" pour accéder à la division supérieure et/ou inférieure. La difficulté pour rejoindre l'élite serait donc accrue. Un "championnat protégé" qui ne protégerait guère que les plus gros clubs.

De l'argent pour les gros

Dernières lignes d'un projet qui aboutirait "au mieux pour la saison 2015-2016" pour Thiriez, le renforcement de la "licence club" et la prime aux résultats en Ligue Europa. Pour tous les clubs ayant cette fameuse "licence pro" autrement dit les clubs qui investissent dans leurs infrastructures et qui perçoivent la bagatelle de 2,3 millions d'euros pour cela, les nouvelles sont bonnes. Cette prime à l'investissement comme on pourrait la nommer sera renforcée et distribuée de manière différente, à leur avantage, bien entendu. En ce qui concerne les résultats en Coupe d'Europe, et nous parlons ici de la Ligue Europa, les clubs y accédant et qui auraient la bonne idée de la jouer et d'y faire un résultats seront récompensés. récompenser la performance en C3 ne pourrait faire que du bien à notre coefficient UEFA qui prend des coups chaque année au vu des résultats sur la scène européenne.

S'il n'y a aucune raison apparente pour que les gros clubs de Ligue 1 s'opposent à ce projet qui en plus des avantages économiques, les protège et allège leur calendrier, les plus modestes, eux, ne mettront pas d'eau dans leur vin. Si le président de Caen Jean François Fortin déclare ce vendredi à l'Equipe que "c'est une réflexion du niveau d'un élève de CM1", ses propos sont un premier élément de réponse au président Thiriez qui déclarait il y a peu: "A -t-on les moyens d'avoir vingt clubs en L1 ? Ma réponse est non. Mais ma réponse n'a aucun intérêt. Il faut que les clubs soient d'accord."

Une bataille politique qui ne fait que commencer.

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