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Les joueurs du PSG sont-ils inhibés par la présence de Zlatan sur le terrain et libérés quand ce dernier ne joue pas ? Retour sur le schéma tactique du PSG.

La seule équipe de football à produire constamment du jeu durant un match est le FC Barcelone. Hormis cette exception -qui confirme que dans le football, le beau jeu est un fantasme réalisable que par une infime catégorie d’équipes- les grandes équipes n'excellent pas forcément dans le jeu.  Donc pourquoi cette obsession de voir du beau jeu en Ligue 1 ? Dans le système actuel du PSG peut-on vraiment espérer mieux ? La prétendue méforme de Zlatan en est-elle pour quelque chose ?

Le beau jeu dans le football se définit par une circulation fluide et enjolivée pour les plus techniques du ballon. Une animation totalitaire donc, car celle-ci prive l’équipe adverse de jouir à son tour du cuir. Que ce soit le Brésil de Socrates, l’Ajax de Cruyff, l’Asec Mimosas de Yapi Yapo ou le Barça de Messi, une équipe qui produit du beau jeu est un plaisir pour nos rétines. Venons-en aux faits !

Le PSG a-t-il les moyens de produire du beau jeu ?

Oui dans l’absolue le PSG peut produire un jeu reluisant. Toutefois, cela requiert qu’Ibrahimovic soit en mode France-Suède Euro 2012 à chaque match ou Angleterre-Suède à chaque journée ou simplement se munir d’un meneur de jeu. Le PSG ne peut pas produire du beau jeu pour la simple raison que la formation concoctée par Ancelotti en 4-4-2 avec Matuidi et Motta à la récupération ne galvanise pas une conservation pérenne du ballon.

Le club de la Capitale avec Motta et Matuidi au milieu, se retrouve avec un milieu lent et précis mais combattant et brouillon. L’international italien possède un jeu de passe raffiné, une vision de jeu respectable mais n’a pas l’impulsion que demande la position. Il ne détient pas la capacité d’accélération que demande cette position. A ses côtés, Blaise Matuidi aurait pu pallier ce manque d’explosivité. Néanmoins, la locomotive parisienne n’est pas un métronome. L’un des meilleurs à son poste, Blaise brille plus défensivement qu’offensivement bien que ce dernier ait marqué à plusieurs reprises cette saison (4).

"Je veux rendre mes coéquipiers meilleurs"

A cela s’ajoute l’agrégat de joueurs du même type. Lavezzi, Menez et Lucas sont des joueurs de couloirs. Ces trois attaquants à la course et au contrôle de balle différent se rejoignent dès qu’il s’agit d’arpenter leur côté de prédilection. Lavezzi est un mort de faim. Le joueur qu’on envoie au charbon qui est toujours capable de sauver une action bancale, ou de dévorer à la fois les défenseurs et l’espace. Menez est un croqueur. Un technicien imprévisible à la fois pour les défenseurs adverses et ses partenaires. On ne sait jamais s’il offrira un caviar ou enverra au casse-pipe. Lucas est pour l’instant un ovni dans l’effectif Parisien. Surdoué balle au pied, il a le talent pour faire ce qu’il veut sur le terrain mais collectivement ce n’est pas Iniesta malgré sa passe décisive à Zlatan à Bordeaux.

En plus si Zlatan n’est pas à son maximum, ça donne un PSG époumoné dans le jeu. Le Suédois essaie pourtant d’être le numéro 10 de l’équipe. Décrochant dans le cœur du jeu pour l’orienter, le meilleur buteur du championnat n’a pas eu la même application qu’on lui connaît dans ce rôle. « Je veux rendre mes coéquipiers meilleurs un peu comme Zinedine Zidane le faisait. » L’envie de marquer des buts prend peut-être le dessus sur sa générosité footballistique ce qui fait qu’il est tiraillé entre son devoir (marquer) et son désir (faire comme Zizou). Peut-être que cela expliquerait son rendement moyen voire trop suffisant dans les deux domaines. Avec ou sans jeu, Zlatan peut à lui tout seul faire gagner un match ce qui rend les supputations à propos de sa forme physique futiles.

Paris jouerait mieux sans Zlatan ?

Non, Paris avec un meneur de jeu attitré joue mieux tout simplement. Les parisiens avec Pastore en numéro 10 et un vrai 9 comme face à Toulouse (3-1) produisaient du jeu car chaque joueur était dans son registre. D’ailleurs à Bordeaux (0-1) la décision s’est fait lorsque Lucas Moura a occupé l’axe du terrain trop souvent  délaissé ou mal occupé par Matuidi (techniquement parlant).

Pour ce qu’il en est de l’inhibition de certains joueurs lorsque Zlatan leur demande le ballon ce qui expliquerait des choix de passes illogiques, il est conseillé qu’ils fassent un autre sport. Comme dirait le concerné s’ils ont peur ils n’ont rien à faire sur le terrain. Un joueur sûr de lui ne peut pas se laisser atteindre par des admonestations certes à répétition. 

En définitive, le débat n’est pas Zlatan, bon ou mauvais pour l’équipe mais la volonté de l’entraineur. Clairement avec Motta et Matuidi, le coach italien gagne en rigueur tactique, en expérience et en générosité. Avec le duo Lucas-Lavezzi, ils prônent le jeu sur les côtés, les débordements et les centres pour Zlatan. Menez lui, doit étirer l’étau défensif des équipes adverses. Une recette efficace jusqu’aujourd’hui car l’essentiel pour le PSG c’est les trois points. Comme tous les cracks Zlatan moins efficace c’est un but, une fois sur deux.

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