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Le nouvel entraîneur va très certainement être amené à faire un choix entre ces deux possibilités : l'ADN catalan ou le trio Messi-Neymar-Suarez ?

C'est la question que Luis Enrique s'est très probablement posée en 2014 lorsqu'à l'époque Luis Suarez est venu s'adjoindre à Lionel Messi et Neymar pour former un trio qui a depuis fait passer les supporters du Barça par tous les états : faut-il prioriser le talent brut de trois joueurs par rapport à un collectif, un modèle de jeu inscrit dans l'ADN du club depuis des décennies ? Par le passé, les coaches du Barça, qu'il s'agisse de Johan Cruyff, Frank Rijkaard ou Pep Guardiola, ont tous eu sous leur direction un joueur d'une dimension supérieure, un élément qui avait besoin d'une grande liberté d'action afin d'exprimer son plein potentiel. Ronaldinho étaient de ceux-là, comme, un peu plus tard, Messi. Toutefois, la problématique était différente pour Luis Enrique qui, lui, disposait de trois joueurs d'un calibre unique avec Suarez, Neymar et Messi. 

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De fait, il devait opter pour la solution lui semblant la plus judicieuce : exploiter les talents de Suarez et Neymar, aidés par Messi en délaissant peu à peu l'ADN du Barça. Marqué par les pertes de Xavi, Alves, ainsi que certaines irrégularités d'Iniesta ou Busquets, le Barça a connu une saison 2016-2017 conclue par une Coupe du Roi comme seul trophée notable, alors qu'il rêvait de Liga et Ligue des champions, appartenances du Real Madrid de Zinédine Zidane. Aussi fiable puisse-t-elle être, la MSN, qui demeure l'attaque la plus efficiente de la planète, n'a pas été suffisante en Europe comme en Espagne lors de la saison qui vient de s'écouler. Face à un adversaire aussi serein et rôdé que la Juventus Turin, elle n'a pu trouver la faille en 180 minutes devant une défense qui a pourtant montré certaines failles criantes contre le Real Madrid, en finale de la Ligue des champions à Cardiff (4-1). L'impact de la MSN est très important au niveau des statistiques (trois saisons consécutives à plus de 100 buts inscrits toutes compétitions confondues), et il ne doit pas être négligé mais il semblerait, au vu de ses premières déclarations, qu'Ernesto Valverde veuille instaurer un équilibre très important en s'appuyant sur l'histoire du Barça, en renouant avec un ADN oublié. 

"Le poids de la MSN est important, mais l’équipe doit être équilibrée"

Ainsi, le 1er juin dernier, lors de sa conférence de presse de présentation, Valverde a livré quelques indices sur sa possible façon d'envisager les choses du côté du Camp Nou. L'ancien entraîneur de l'Athlétic Bilbao, qui a toujours su s'adapter à ses joueurs par le passé, aspire à refaire du Barça une équipe dominatrice avec le ballon dans les pieds, un groupe qui assume son désir de posséder le ballon. "Je dois m’adapter au style et au jeu du club, de l’équipe depuis si longtemps, qui a ramené des titres. Le jeu du Barça passe par un grand jeu collectif, surtout au milieu, multiplier les combinaisons. Nous voulons avoir le contrôle du jeu. Le jeu du Barça a toujours été basé sur un grand esprit collectif, en attaque comme en défense. Le poids de la MSN est important, mais je sais que l’équipe doit être équilibrée. La clé, c’est d’être ensemble, le collectif", soulignait-t-il notamment sur la récurrente question du style, de l'identité.

Si ses déclarations peuvent sembler très lisses et convenues, son discours était sensiblement similaire lors d'un entretien accordé à So Foot, en 2013. "Pour moi, un entraîneur, c’est avant tout un type qui doit trouver l’équilibre pour faire fonctionner au mieux tous les rouages de sa machine. Une fois trouvé, c’est aux joueurs de donner le meilleur d’eux-mêmes. Avec ou sans passements de jambe, peu importe, du moment qu’ils ont compris qu’ils faisaient partie d’un tout, ils peuvent s’exprimer, selon moi, plus librement. La notion de collectif ne bride pas un joueur, au contraire, j’ai plutôt tendance à croire que c’est justement ce qui lui permet de mieux s’exprimer sur le terrain." Les équipes du technicien se sont toujours caractérisées par un pressing très important, auquel il faudra probablement ajouter un travail dans la relance au Camp Nou. Et c'est ce pressing, qui, peu importe, le choix de Valverde, devrait déterminer le visage du Barça 2017-2018. Si le natif de Viandar de la Vera parvient à convaincre son groupe du profit que peut engendrer cet axe, alors la possibilité de voir une équipe plus compétitive sera très importante. Joueur au talent le plus important de la planète, Messi estime par ailleurs qu'une bonne organisation est essentielle afin d'avoir du succès à titre collectif.

On a pu constater que la dépendance du Barça envers Lionel Messi était monumentale, donnant l'impression nette que la consigne de Luis Enrique, son plan de jeu, était centré sur les miracles que son numéro 10 pouvait accomplir à une fréquence très élevée. Alors qu'il paraît accorder une grande importance au collectif, à l'ensemble global plutôt qu'à des joueurs de façon isolée, Valverde va-t-il délaisser Messi d'un certain poids dans la création ? Le technicien pourrait reconduire son schéma favori, un 4-2-3-1. Même si, comme toujours, il sera nécessaire de se focaliser sur l'animation et non le tableau noir. En tout cas, la décision de Valverde, quelle qu'elle soit, aura des incidences très importantes sur la saison du Barça. Après avoir assisté au sacre du Real Madrid de Zidane, le club catalan a un blason à redorer, des ambitions à affirmer. Le Camp Nou pourrait bien connaître une saison des plus intriguantes.

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