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Élu meilleur joueur français de l'année par ses pairs après l'avoir été en Europe, Franck Ribéry attend impatiemment la récompense ultime qui pourrait bien lui échapper.

Et hop, un trophée de plus dans l’escarcelle déjà bien remplie de Franck Ribéry ! Élu meilleur joueur français de l’année, Franck Ribéry court à grandes enjambées vers le 13 janvier, date à laquelle sera rendu le verdict tant attendu du Ballon d’Or. Un trophée qu’il troquerait volontiers contre les prix individuels qui lui ont été décerné dernièrement. Et si le numéro 7 des Bleus venait à échouer dans sa quête, ses multiples récompenses ne seraient alors qu’un bien maigre lot de consolation.

Pourquoi ne le serait-il pas ?

La récompense individuelle suprême est une contradiction à elle seule puisqu’elle récompense individuellement un sportif qui doit tout ou partie de ses performances au collectif dans lequel il se mue. Peu importe, on comprend bien qu’il s’agit de distinguer le meilleur joueur du monde. N’est ce pas ? Un avis subjectif rendu unique par un vote – qui ne semble pas intéresser tout le monde – des capitaines de sélections, des sélectionneurs et un panel de journalistes spécialisés des différents continents. Et les critères alors ? C’est là que tout se mélange. Oui Franck Ribéry a réalisé un clinquant quadruplé cette année en se faisant figure de proue d’une équipe titrée en Ligue des champions, en Bundesliga, en Coupe d’Allemagne et en Supercoupe d’Europe. Les plus méticuleux y rajouteront même les grandes chances que le Bayern Munich entretient lors du Mondial des clubs courant décembre. Les deux autres nominés au Ballon d’OR n’ont guère remporté de titres, autres qu’une Liga pour le Barca de Messi. Mais leurs statistiques sont hallucinantes et en font incontestablement les meilleurs joueurs du monde. Un constat inamovible quand on analyse objectivement le comparatif. Sur la meilleure saison de sa carrière, Franck Ribéry a inscrit jusqu’à aujourd’hui 14 buts et 21 passes décisives en Bundesliga pour 38 matches disputés. En Ligue des champions, quatre buts à mettre à son actif en 16 matches joués. Du côté des deux autres monstres, ces statistiques pourtant affriolantes font pâle figure. Cristiano Ronaldo a pour sa part inscrit 51 buts en Liga pour 20 en Ligue des champions. Le quadruple Ballon d’Or qui le laissera sûrement échapper cette année en raison de blessures récurrentes à la cuisse présente un bilan de 54 réalisations en championnat pour 14 en C1.  Même si les deux pensionnaires de Liga jouent globalement plus de matches à l’année que Franck Ribéry, la mise en perspective de leurs statistiques ne révèle qu’une seule vérité: Franck Ribéry n’est pas le meilleur joueur du monde.

Des contradictions et du déjà vu

Chacun ira donc de son avis sur les critères qu’il est bon de retenir pour désigner le Ballon d’Or. Habituellement, le joueur récompensé à tout de même au moins un titre à faire valoir, accompagné si cela ne suffit pas de statistiques qui prouvent sa légitimité. On se souvient ainsi du Ballon d’Or 2010 décerné à Lionel Messi au nez et à la barbe de son coéquipier Iniesta, champion du monde et buteur en finale, ou encore devant Wesley Sneijder, quintuple vainqueur cette année là  sur les scènes nationale et européenne et finaliste de la Coupe du monde avec la Hollande. Pourquoi ne pas le donner à Cristiano Ronaldo cette année ? Le Portugais n’a rien gagné (aucun titre !) mais fait la démonstration continue par le jeu qu’il est un monstre de football. Si Franck Ribéry venait à ne pas remporter la distinction des rois, le palmarès du trophée n’en serait donc pas à sa première contradiction. L’histoire en est gorgée, pour les uns et pour les autres d’ailleurs, puisque la subjectivité ne quittera jamais les critères d’élection, et que la FIFA ne semble pas apte à en imposer d’irréversibles. Revenons à notre Franck national, élu meilleur joueur européen de l’année puis, fort logiquement, meilleur joueur français de l’année. Meilleur joueur européen d’ailleurs, parlons en. Les trois finalistes sont bien européens, sauf erreur. Et selon l’UEFA, le Français a bien devancé les deux autres…? Alors comment, dans cette mesure, la logique pourrait accepter que le meilleur joueur du monde ne soit un autre que celui là ? La question reste en suspend. Ce ne sont pas les mêmes votants, les mêmes aspirants, la même instance… Ah oui alors on recommence tout et on reprend. Que de contradictions... La féroce concurrence qui avait quitté la compétition ces dernières années apprendra – encore une fois – à tout le monde qu’il est grand temps d’harmoniser les critères de décision.  Entre deux joueurs stratosphériques dont tout le monde sait qu’ils sont les meilleurs mais qui ne l’ont pas concrétisé par les titres ravis par le collectif bavarois, et celui qui l’a mené aux victoires, il faut choisir. Et celui qui a le choix a aussi le tourment.  

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