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CAN - Pitroipa : "Cette fois, c'est la bonne"

CAN - Pitroipa : "Cette fois, c'est la bonne"

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En conférence de presse, l'attaquant Rennais Jonathan Pitroipa est revenu sur la progression de son pays.

«Quelles sont les ambitions du Burkina Faso ?
Sortir des poules pour valider notre progression. J'espère que cette fois, c'est la bonne, après deux éliminations au premier tour. Tous les joueurs ont progressé, se sont imposés dans leur club. On est un bon groupe, on travaille ensemble depuis quatre ans, mais il faut être plus concentrés, travailler plus ensemble. Il ne faut pas avoir de complexe, se donner à fond. Sur un terrain tout est possible. Le premier match contre le Nigeria (avant ceux contre l'Ethiopie et la Zambie, ndlr) sera très important car en cas de victoire on pourra aborder le deuxième avec plus de sérénité.

Quelle est votre place au sein de la sélection ?
Je suis un des leaders, mais plus sur le terrain, car je suis capable de faire gagner un match à l'équipe. Mes coéquipiers entrent en confiance sur le terrain car ils se disent, je pense, que je peux faire la différence à tout moment. A moi donc d'être encore plus fort dans la tête pour les satisfaire, ainsi que le public. Dans le vestiaire, je suis plus réservé et discret, je ne parle pas beaucoup. Le groupe le comprend et vit avec. Charles Kaboré, lui, aime faire rire dans le vestiaire et cela fait du bien d'avoir ce genre de joueur pour que le groupe vive bien. Alain Traoré aussi. Et (Mamouni) Dagano, en tant qu'ancien, nous fédère.

Ressentez-vous davantage de pression en jouant pour votre pays ?
Oui, c'est vraiment différent de l'Europe. Le public, en Afrique, est passionné mais un peu excessif. Il en demande beaucoup, surtout à domicile. Il veut toujours voir son équipe gagner, pour faire la fête, même si elle joue contre le Brésil. Souvent c'est difficile, mais c'est intéressant aussi. Quand on voit comment le public se comporte avec les joueurs après une victoire, c'est extraordinaire. Dans les bons moments ça te pousse, dans les mauvais tu peux avoir envie d'arrêter. Mais c'est toujours un plaisir et important de représenter son pays.


Vous avez d'ailleurs ouvert un centre de formation à Ouagadougou il y a quatre ans...
L'idée nous est venue avec Wilfried Sanou (également retenu pour la CAN 2013, ndlr) à Fribourg. Comme Planète Champion, le seul vrai centre de formation, où nous avons joué, avait fermé, on a voulu donner aux jeunes la chance de pouvoir réaliser leur rêve comme nous, jouer en Europe. C'est un sport-études car c'est aussi important qu'ils aient un bon niveau d'études. Nos parents le gèrent sur place pour que nous puissions nous concentrer sur nos carrières. Je vais voir que tout se déroule bien quand je suis en vacances ou qu'il y a un match en sélection. Tout se passe bien, huit de nos jeunes ont gagné la CAN des moins de 17 ans au Rwanda en 2011. C'était une fierté pour moi. Il faut maintenant tenir même si ce n'est pas facile de gérer un centre de formation.

Vous avez un jeu à l'instinct, fait de dribbles et de percussions. Vos entraîneurs en Europe ont-ils essayé de vous brider ?
Non, ils ont tous pensé que c'était mon plus, même s'ils m'ont fait travailler la technique devant le but. Cela vient du football de quartier, à Ouagadougou, où on ne pensait qu'à jouer pour le plaisir, à dribbler. C'est vrai, les Africains ont de plus en plus un jeu européen, mais dans le foot il faut toujours des exceptions pour donner ce plaisir de regarder. Si c'est trop "droit", si tout le monde fait ce qu'on lui demande de faire, c'est ennuyant.»

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