EXCLU GOAL - Sébastien Squillaci : "Sans Ibra, le PSG n'est pas moins fort"

Sébastien Squillaci, qui a fêté ses 36 ans jeudi, retrouve la L1 vendredi contre le PSG (20h). Pour Goal, le défenseur de Bastia livre ses ambitions avant cette nouvelle saison.

Ne comptez pas sur Sébastien Squillaci pour raccrocher les crampons. Malgré ses 36 ans, le défenseur du Sporting va bien reprendre la saison avec Bastia. Une suite logique pour l'ancien Gunner qui ne se voyait pas dire stop à la fin de la saison dernière alors qu'il lui restait encore une année de contrat. Pour Goal, l'ex-international tricolore est revenu sur l'été agité du club corse avant d'affronter le PSG. Il se réjouit de pouvoir repartir pour une année en Ligue 1 et prévient les supporters : "La saison sera longue et difficile".

Vous venez d'avoir 36 ans, pourquoi avoir choisi de repartir pour une saison ?

Sébastien Squillaci : J'avais encore un an de contrat, mais c'est vrai que j'aurais pu arrêter. L'année dernière, j'ai joué une trentaine de matches et je me sens encore bien physiquement et mentalement. C'était important pour continuer l'aventure avec le Sporting et c'est pour ça que j'ai décidé de repartir pour une saison.

L'option fin de carrière vous a-t-elle traversée l'esprit ?

Ce n'est pas quelque chose auquel je pense. J'ai toujours eu à l'esprit que j'avais une année de contrat derrière. Je me suis dit "fais ton année, fais ta saison, on verra le nombre de matches et de blessures". Je réfléchis de cette manière parce qu'une blessure peut arriver tellement vite. À mon âge, par exemple, c'est difficile de revenir si on se fait les croisés. C'est pour ça que je ne me pose pas la question. Tant que je me sens bien et que j'ai envie de jouer, je continuerai.

"Dinosaure", "vieux de la veille", "l'ancien"... Ce sont des surnoms qui vous amusent ou qui vous agacent ?

C'est normal, je fais partie des plus vieux en Ligue 1. On va moins vite quand on vieilli, mais on a aussi plus d'expérience. Les jeunes poussent et je peux leur transmettre quelque chose. Ces surnoms ne me dérangent pas. Ça fait partie du jeu. Je pense que les clubs sont contents d'avoir des joueurs d'expérience. C'est le cas pour Bastia, mais aussi pour d'autres clubs qui jouent le maintien. C'est important d'avoir des joueurs qui ont de la bouteille. Quand c'est compliqué, ils ne s'affolent pas, tout simplement parce qu'ils connaissent ce championnat.

Combien d'années pensez-vous encore pouvoir jouer à haut-niveau ?

Je suis en fin de contrat à la fin de la saison, je ne me projette pas. D'un côté, je me dis que c'est peut-être ma dernière saison, mais je ne sais pas. Autant cela peut-être la dernière, autant je referais un an si cela se passe bien, que je suis performant et que je reste prêt mentalement. Mais pour l'instant je n'en suis pas là car la saison n'a pas commencé. Je pense qu'elle va être longue et difficile, donc je ne me donne pas encore de deadline.

On a craint une descente de Bastia cet été, vous aussi ?

Oui, bien sûr. On ne savait pas trop ce qui se passait. On lit beaucoup de choses, mais on n'est pas forcément au courant de tout ce qui se passe en interne. Ce n'était pas facile de commencer la préparation de cette manière, avec l'incertitude de savoir si on allait être en Ligue 1 ou en Ligue 2. Maintenant, on a la chance de rester en Ligue 1. C'est une bonne chose pour le Sporting, pour ses supporters et tous les gens qui travaillent au club parce qu'une descente aurait été catastrophique.

Ce n'est pas faire injure au Sporting que de dire que vous jouerez le maintien cette saison...

Comme chaque année. On reste un petit budget de Ligue 1 (le 17e avec 28M€), on a connu de nombreux changements cet été. Plusieurs joueurs cadres (Kamano, Ayité, Modesto, Palmieri) nous ont quittés. C'est une année de transition et je pense que ça va être compliqué. On a pris des joueurs qui sont arrivés tard et avec qui on n'a pas pu préparer correctement la saison. Plus tôt on a l'ensemble des joueurs, mieux c'est, mais c'est parfois difficile de recruter. On n'a pas forcément un gros budget donc il faut attendre les bonnes opportunités, mais on est conscients que ça va être difficile.

Malgré les départs de Kamano et Ayité, le Sporting a étoffé son secteur offensif (Saint-Maximin, Nangis, Crivelli, Bifouma, Cabral). Est-ce une bonne chose ?

Je pense surtout que le Sporting n'avait pas le choix. On avait besoin de vendre pour rester en Ligue 1. Derrière, on a pris de bons joueurs, qui ont de la qualité, mais il faut travailler pour trouver les automatismes et être performants. Il faudra un peu de temps, surtout qu'on a un calendrier difficile en début de saison donc on verra bien, mais en tout cas ce sont des joueurs de qualité et je suis certain qu'ils seront performants et donneront tout pour le Sporting.

Vos dirigeants explorent des pistes en défense. Estimez-vous qu'il est nécessaire de renforcer ce secteur de jeu ?

Une saison est longue, il y a beaucoup de blessures, les joueurs prennent des cartons. Doubler les postes est une bonne chose, mais on n'a pas le budget pour tous les doubler et il y a des postes charnières comme celui de défenseur central où on est exposés (El Kaoutari est prêté par Palerme avec option d'achat). Je crois que le club cherche aussi un arrière gauche. Je ne sais pas s'il y aura encore des recrues, mais ce qui est sûr c'est que plus il y aura de qualité dans ce groupe, mieux on travaillera à l'entraînement parce que durant la préparation il nous a manqués un peu de qualité par moments.

Le PSG, que vous allez affronter vendredi, est-il plus fort que la saison dernière ?

C'est difficile à dire. Même s'ils ont perdu Ibra, ils ne sont pas moins forts. Ils ont pris de très bons joueurs. C'est la meilleure équipe de Ligue 1, elle a des joueurs exceptionnels et un entraîneur qui va amener un plus à ce groupe. Il est différent et a d'autres convictions que Blanc. Je pense que le PSG sera aussi performant, voire meilleur.

Vous avez goûté au football espagnol avec Séville, pourquoi Emery est-il un bon choix pour le PSG ?

En Espagne, toutes les équipes essayent de jouer et même si c'était le cas du PSG en Ligue 1 lors des saisons précédentes on ne peut plus le juger uniquement sur le championnat. Ils sont tellement au-dessus... Il n'y a pas photo, on sait qu'ils seront champions et on les attends maintenant en Champions League. Emery a remporté la Ligue Europa à trois reprises, il a de l'expérience et a coaché de belles équipes. Quand j'étais en Espagne, il était entraîneur à Valence. Je ne le connais pas personnellement, mais c'est une bonne chose.

L'année dernière, vous avez dit ses quatre vérités à Ibrahimovic. Que vous inspire le départ de ce joueur ?

Cela reste un joueur star de la Ligue 1. C'est dommage pour notre championnat, mais c'est un choix du PSG. Je ne n'ai pas de commentaires particuliers à faire. Bon vent à lui !

Le Sporting a-t-il un plan anti-PSG ? 

Non, tout simplement parce qu'il y a de la qualité dans tous les secteurs. On sait qu'on devra faire le moins d'erreurs possibles et essayer d'être solides défensivement pour ne pas encaisser de buts. À nous de faire un très bon match, de tout donner, pour ne pas avoir de regrets au coup de sifflet final. On sait que ce sera difficile, mais à partir du moment où on rentre sur la pelouse c'est pour faire une bonne prestation. On veut faire un résultat même si ce sera très compliqué pour nous.

Propos recueillis par Benjamin Quarez