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La Commission européenne a confirmé mardi qu'une plainte avait été déposée contre l'UEFA sur son principe de fair-play financier. Nous avons contacté le plaignant.

EXCLUSIF
Par Hocine Harzoune

L’agent de joueurs belge Daniel Striani a introduit une plainte auprès de la Commission européenne à l’encontre de l’Union européenne de football (UEFA) et son principe de fair-play financier. A ce jour, il est le seul à se dresser contre la dernière trouvaille de l’instance pour lutter contre le dopage financier. Pourquoi ? Comment ? Nous avons décidé de demander directement à l’intéressé. Mais d’abord, replaçons le contexte.

Vers un nouvel arrêt Bosman ?

Fait assez étrange : ce n'est pas d'un club qu'émane la première attaque devant la justice européenne, mais d'un agent, qui comptera,  pour défendre sa cause, sur Me Jean-Louis Dupont, un grand spécialiste du droit communautaire, qui s’était rendu célèbre en défendant les intérêts de Jean-Marc Bosman, le joueur qui a donné son nom à l’arrêt libéralisant les transferts de footballeurs. Cette fois, Jean-Louis Dupont pointe "les restrictions de concurrence", la "limitation des investissements", "une diminution du nombre de transferts, de leurs montants et du nombre de joueurs sous contrat par club" ainsi qu’"une pression déflationniste sur le niveau des salaires des joueurs » dit-il dans un communiqué relayé par l'AFP. L’UEFA a réagi en rappelant que «la Commission européenne, le Parlement européen, les clubs, les Ligues et l’Union des joueurs ont apporté un support total au fair-play financier».

Monsieur Striani a développé en notre compagnie les points cités par Me. Dupont en précisant bien qu’il s’agit de son avocat « depuis dix ans ». Quand on lui demande si le FPF représente un danger pour la profession d’agent, M.Striani est très explicite : « Je cerne clairement dans le fair-play financier tel que modulé aujourd’hui tous les ingrédients destinés à accentuer plus encore l’écart existant entre les grands clubs actuels et les autres, ces derniers étant ceux avec lesquels je travaille principalement. D’où mon souci en tant qu’agent. » Le FPF créerait, selon cette thèse, des restrictions en matière d'investissement, et diminuerait le nombre de transferts et leur montant, diminuant aussi le montant des revenus des agents de joueurs notamment.

« Une mesure dangereuse pour les agents »

Nous lui avons signalé qu’une telle menace devrait lui apporter le soutien d’autre agents de joueurs, et lui avons demandé s’il avait eu des soutiens dans la profession : « Je ne puis savoir si d’autres agents partagent mon opinion. Il faudrait leur poser la question. Si c’est d’un agent, et non d'un club, qu’émane la première attaque anti-Fair-Play Financier, M.Striani affirme ne pas savoir pour autant si sa démarche inspirera les entités de Football à l’avenir : « Aucune idée. Je ne sais pas si les clubs décident de m’emboîter le pas ».

Nous avons ensuite demandé à M.Striani s’il croyait au succès de son entreprise alors que le FPF semble faire le consensus chez les clubs : « Confiant, absolument ». Ira-t-il jusqu’au bout dans la lutte contre une mesure qui est proche d’entamer sa deuxième phase, celle qui contraindra les clubs à présenter des comptes équilibrés sur une période de trois ans ? « Il est prématuré de répondre à votre question ». Nous auront le temps d’y revenir, surtout si une nouvelle bombe de l’amplitude de l’arrêt Bosman éclabousse encore le monde du Football.

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