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Michel Platini s'est confié à nos confrères de Ouest France. Des Bleus aux compétitions européennes, en passant par l'arbitrage, le président de l'UEFA n'a esquivé aucun sujet.

Michel Platini n'est jamais avare de réflexions sur le monde du football. Le président de l'UEFA s'est confié dans un long entretien accordé à nos confrères du régional Ouest France, ce mercredi. L'ancien meneur de jeu livre son sentiment sur les Bleus, les difficultés du football français, la Ligue des Champions ou encore l'arbitrage. Extraits.

Les Bleus, le foot français

En connaisseur avisé du poste de sélectionneur, Michel Platini a d'abord évoqué les résultats positifs du début de l'ère Deschamps. "Sa vie de footballeur a été formidable, sa vie d’entraîneur est formidable. Didier a toute la légitimité pour être sélectionneur. Ce sera évidemment plus facile de gagner avec des bons joueurs (...) On me demande souvent si l’équipe de France actuelle compte de « grands » joueurs. Ce sont eux qui nous le diront ! Là, ils sont jeunes. On ne peut pas les juger maintenant. Henri Michel, quand on lui demandait si Michel Platini était un grand joueur, il répondait : « On verra à la fin de sa carrière ». Il avait raison." Le dirigeant envisage-t-il Zinédine Zidane occuper un jour ce poste ? "Quelqu’un qui a l’aura de Zinedine peut être sélectionneur. J’en discute parfois avec lui, c’est à lui de trouver sa voie.(...) ! Pour revenir à Zidane, si le président de la Fédération juge un jour que c’est la bonne personne, qu’il y aille. Et puis s’il a des bons joueurs, il fera un bon entraîneur (sourire)…"



Platini est également revenu sur les remous actuels des joueurs français en sélection. "Aujourd’hui, les footballeurs ont un problème d’image. C’est dû à l’accumulation de bêtises que font quelques-uns. D’un autre côté, si les Espoirs avaient gagné ce match en Norvège, pensez-vous que cette affaire aurait tant fait parler ? On a tous fait des conneries dans notre vie, mais il vaut mieux gagner. Si on a des résultats, on peut accepter qu’un joueur ne serre pas la main du coach ou qu’il sorte en boîte trois jours avant un match. Moralité, il ne faut jamais perdre en football (sourire). Si tu gagnes, quelles que soient les bêtises que tu fais, on te pardonne.", a t-il expliquer. Le dirigeant a aussi livré son sentiment sur les difficultés en Coupe d'Europe. "Montpellier manque peut-être d’expérience et a perdu son meilleur joueur (Giroud), Lille a aussi perdu le sien (Hazard). Si on n’a pas les meilleurs joueurs, c’est difficile d’être compétitif dans une telle épreuve ! Le PSG, lui, se qualifie plutôt facilement."

Les Coupes d'Europe, le dopage, l'arbitrage

Autre sujet évoqué, la formule actuelle de la Ligue des Champions et la Ligue Europa. L'UEFA réformera t-elle la Ligue des Champions en augmentant le nombre de clubs participants après avoir supprimés la Ligue Europa ? "Il y a une réflexion en cours pour déterminer quelle forme auront les compétitions européennes entre 2015 et 2018. On en discute, on prendra une décision en 2014. Il n’y a rien de décidé pour le moment.", indique le dirigeant, qui met en exergue d'autre dossiers importants à traiter pour l'instance européenne. "Le racisme et le nationalisme sont aussi des vrais problèmes de société qui s’expriment dans les stades. Depuis quelques années, j’observe une montée du nationalisme dans certains endroits. C’est inquiétant. Ce que je préconise, et François Hollande l’avait évoqué avant son élection, c’est la création d’une police européenne du sport, comme existent déjà la police des mœurs ou celle des douanes. Elle travaillerait efficacement sur les fléaux comme le racisme, les paris truqués, le dopage…"

Concernant le dopage, justement, le président de l'UEFA a précisé sa pensée. "J’ai déclaré que je ne pensais pas qu’il y avait du dopage organisé dans le foot. Or-ga-ni-sé. Il y a peut-être quelques cas isolés. Mais je ne vois plus les clubs de football organiser leur dopage." Enfin, quid de l'arbitrage ? Connu pour sa position contre la vidéo, Michel Platini pourrait entrouvrir une porte. "Il n’y a qu’une chose de compliquée, pour laquelle on aurait peut-être besoin de la vidéo, je dis bien peut-être, c’est le hors-jeu. Car c’est très difficile à juger pour les arbitres. Et encore, il faudrait mettre une caméra sur le gars qui appuie sur le bouton, pour savoir quand part le ballon ! Donc je n’y crois pas. Le reste, c’est de l’interprétation : faute ou pas faute, ligne de but, ce n’est pas difficile…" Une chose est sure, le dirigeant a encore le temps pour se pencher sur la question, surtout si l'hypothèse de succéder à Sepp Blatter à la tête de la FIFA se confirme...

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