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Le cyclisme est frappé par une nouvelle affaire de dopage, une de plus. Mais pourquoi toutes ces histoires ne touchent pas le football?

Hier soir, devant le monde entier, assis sur un fauteuil, près d’Oprah, Lance Armstrong a avoué s’être dopé pendant toute sa carrière. Une carrière faite de trophées et de victoires au Tour de France qui lui seront bientôt retirés. Oui, Armstrong a avoué l’évidence, des déclarations qui n’ont surpris personne. Car si le cycliste a avoué, c’est parce que les preuves étaient indéniables. Un sportif ne regrette qu’après s’être fait prendre la main dans le sac.

Mais si ces écarts sont possibles dans le cyclisme, pourquoi aucun cas n’apparait dans le football ? Le sport le plus populaire du monde fait-il donc preuve d’une innocence, d'une pureté à toute épreuve ? Difficile à croire. Loin des vagues accusations de Yannick Noah sur les joueurs espagnoles, le football pourrait bien commencer une chasse aux sorcières.

Le président de la FIFA, Sepp Blatter déclarait il y a des années de cela que "il n’existe aucun produit capable de faire d’un mauvais joueur un bon joueur et d’un bon joueur un grand joueur." Certes, sur le plan technique, il a en théorie raison. Et c’est ce qui rend les déclarations de Yannick Noah ridicules, le football espagnol étant avant tout basé sur un jeu fait de passes et de précision. Vous pouvez prendre tous les stéroïdes du monde, vous n’aurez jamais la vista d’Iniesta.

Cependant, le football n’est pas que technique et le physique s’invite dans les performances individuelles. La vitesse, la puissance et l’endurance peuvent en revanche bien être amélioré par des produits dopants. Pourtant, très peu de contrôles ont lieu dans le football. Par exemple, on ne compte aucun contrôle en sortie de compétitions majeures telles que la Coupe du Monde ou l’Euro.

Pourquoi un manque de contrôle aussi flagrant ? Car les hautes instances du monde du football ne veulent tout simplement pas y croire. Platini avouait dans Ouest France il y a de cela quelques jours : "Il y a peut-être quelques cas isolés. Mais je ne vois plus les clubs de football organiser leur dopage.". Et pour répondre à la question des différents rythmes entre les championnats, le président de l’UEFA ose répondre très sérieusement : "Ce sont les angles des caméras de télévision, les façons de filmer qui ne sont pas les mêmes partout, qui donnent cette impression". Bien sûr. Si les 0-0 affluaient en Ligue 1 il y a de cela quelques années, c’était simplement à cause de Jean-Jacques Amsellem.

La technique de l'autruche

Pourquoi le football, en marge des autres sports, ne serait pas tenté par le dopage et ses dérives ? Le Docteur de Mondenard, auteur du livre Dopage dans le football, la loi du silence, déclarait à France 24 : « À l’origine, le dopage, ce n’est pas l’argent, c’est la compétition, l’ego. Personne ne souhaite être dernier. Tout le monde veut exister. Le vecteur du dopage et de la triche, c’est la médiatisation. Plus il y a de médiatisation, plus il y a de la triche. En curling, dans les fléchettes, à la pétanque il y a des cas positifs. Pourquoi alors n’y aurait-il pas de dopage dans le football ? C’est une absurdité totale de vouloir faire croire qu’il n’y en a pas. Le dopage est hyper présent dans le football. »

A l’instar de l’Etat Français qui en 1986 nous rassurait en déclarant que le nuage toxique de Tchernobyl n’avait pas dépassé la frontière française, les grandes instances du football nous assurent que le dopage dans le football n’existe pas. Cependant, certaines langues commencent à se délier, à l’image du marseillais Joey Barton qui déclarait sobrement : «Il y en a, il suffit de regarder ». A vous de choisir maintenant. Qui faut-il croire? Le méchant anglais accros à la violence, où la Fifa toute propre dans ses costumes quatre pièces qui ose mettre Piqué en défense centrale de son équipe type de la saison 2011-2012 (Et oui, la légitimité passe aussi par là)? 

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