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Drogba, Anelka, Hoarau, de plus en plus de stars sont attirés vers la Chine et son championnat tout jeune.

Hoarau a choisi la Chine pour continuer sa carrière, après cinq ans de bons et loyaux services au Paris-Saint-Germain. A seulement 28 ans, l’international français aurait pu partir en Angleterre ou rester dans notre bonne vieille Ligue 1, mais a préféré partir dans ce nouvel eldorado que l’on appelle la Chine.

En effet, le championnat chinois essaye de se faire un nom sur la carte geofootballistique. L’industrialisation du pays apporte forcément de nouvelles envies. Et comme chaque peuple, les chinois ne demandent qu’une seule chose : du pain et du jeu. Pour se distraire, le gouvernement chinois a donc décidé de faire du football une institution. Pour pouvoir se mettre au rang des grandes nations européennes, la Chine est prête à accepter leur mode de vie et d’en prendre le fondement, à commencer par le football : « La Chine n’a jamais renoncé à être le centre du monde. Et dans tous les domaines. Ils ont commencé dans l’industrie lourde, dans les petites productions. Ils continuent avec les produits à haute technologie. Ils veulent aussi ce qui fait notre spécificité, notre savoir-vivre. » Explique l’économiste Pascal Perri sur RMC.

Des modèles voisins

Pour créer un championnat digne de ce nom, les chinois ont décidé de prendre modèle sur les japonais ou encore les qataris. D’abord recruter de nombreuses stars venant en préretraite afin d’apporter le prestige que les fans demandent. Cela a été fait avec Drogba ou encore Anelka, payés des salaires mirobolants pour nous, mais totalement normaux dans l’empire du milieu. « Le salaire dont on parle pour Anelka est à l’échelle de la Chine. Ça n’a rien de choquant de ce côté du monde. Il y a aujourd’hui 2 000 milliards de dollars qui dorment dans les fonds souverains de Chine. Ce sont les nouveaux riches de la mondialisation. Comme en Russie, où l’Anzhi Makhachkala appartient au propriétaire d’une société spécialisée dans les hydrocarbures, on flambe, on s’achète du spectacle, un club de football. Au fond, on s’achète un patrimoine.» continue Pascal Perri.

Ensuite, il faut ramener des techniciens qui exportent tout leur savoir-faire. Marcello Lippi a déjà remporté un titre de champion avec Guangzhou, et Jean Tigana est ensuite arrivé pour entraîner Shangai. Avec leurs connaissances tactiques, le pays va pouvoir s’instruire footballistiquement et s’élever. Grâce aux stars et entraîneurs arrivés au Japon (Michael Laudrup, Arsène Wenger, Frédéric Antonetti), le niveau des clubs s'est élevé, donc le niveau de la formation aussi, et par conséquent, celui de la sélection nationale. On peut le voir, les Japonais sont maintenant des habitués de la Coupe du Monde et produisent des jeunes stars tels que Kagawa à Manchester ou Nagatomo à l’Inter. Il est fort à parier que dans quelques années, la Chine jouera les rôles d’outsiders dans les plus grandes compétitions mondiales.

Des tares persistantes

Mais le football chinois connait quelques dérives qu’il sera difficile d’éradiquer. : "Le football n’existe qu’à travers quatre ou cinq clubs dont les propriétaires achètent cinq joueurs étrangers. Les résultats des équipes chinoises sont liés à 80% à la qualité des étrangers. A partir de là, tout le monde se repose sur leur valeur. On ne se soucie pas du développement du football chinois. Le football chinois n’existe pas en lui-même" explique Philippe Troussier, entraîneur du Shenzen Ruby. Pour résoudre ce problème et privilégier la formation, la fédération de football chinoise a instauré un quota de cinq étrangers par équipe.

Un autre problème bien plus profond continue de gangréner la Chine. Il s’agit des mafias. La ligue chinoise a plusieurs fois tenté d’être réformée, sans succès. C’est pour cela que la Ligue est aussi jeune (1994). Les joueurs locaux ne gagnant que quelques centaines de dollars par mois sont donc faciles à corrompre. Il en va de même pour les arbitres qui ont eu le droit à un stage de cinq jours dans un « camp d’éducation et de rectification contre la corruption » dans une optique de "mains propres".

Dernier problème, les chinois eux-mêmes sont peu intéressés par leur championnat local. Il est facile de voir des supporteurs avec le maillot du Milan ou du Real, mais en voir un avec l’équipement de Guangzhou est bien plus rare. De nombreux championnats européens ont même arrangé leurs horaires en mettant des matches à midi, afin d’être en prie-time en Asie. Pour forcer le peuple à regarder son propre championnat, quoi de mieux que d’attirer des stars à coup de gros chèques ?

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