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Sur le rocher de la principauté, le ballon rond fait son retour en toute discrétion. Retour sur cette équipe monégasque qui revient fort dans le paysage du football hexagonal.

La première place de ligue 2 pour l'instant acquise est une formalité, tant l’effectif monégasque est de qualité. L’objectif ultime est de rejoindre la cour européenne du football. En 2004, l'As Monaco était sur le toit de l'Europe. Enfin pas vraiment, le FC Porto d’un certain José Mourinho était sur le trône, et l'équipe alors dirigée par Didier Deschamps était à côté. Un exploit de la bande à Patrice Evra qui reste le meilleur parcours d’une équipe française en Ligue des Champions depuis l’OM de 93. 

Il n’y a pas que Paris

La légende veut que Le milliardaire Russe, Dimitry Rybolovlev soit tombé amoureux du stade Louis II lors d’un voyage d’affaire. Oui l'ambiance électrique, les tifosis, les fumigènes, le fameux "Vous ne marcherez jamais seul" version français, le coup foudre, admettons ! Investir dans le club français est-il devenu tendance ? Avoir un club français, nouvelle lubie des riches ? Ou sont-ils réellement des amoureux du ballon ? Ce qui est sûr c’est que cet investissement produira des externalités autres que purement sportives dans la région. De plus, la fiscalité monégasque est un atout pour faire venir les joueurs étrangers. L’adage « l’argent ne fait pas le bonheur », prend un sacré coup de vieux au vu des prestations des nouveaux magnats financiers du football français l'ASM et le PSG. Ne parlons pas trop vite même si, sur le papier le championnat est déjà joué.

Qui est le Tsar ?

Claudio Ranieri est-il le boss ? Le technicien italien est connu dans le milieu pour être un joker de luxe, le plombier, une sorte de Mac Gyver, le choix de la dernière chance, le baroud d’honneur. Il a sauvé Parme de la relégation en 2007, a fait remonter la Fiorentina en 1994, il a replacé la Vieille Dame sur la scène européenne après avoir succédé à Didier Deschamps lors de la saison 2007-2008. Il a entrainé 12 clubs depuis le début de sa carrière d’entraineur. Mis à part ses cinq années passées à la Fiorentina, et ses quatre années à Chelsea, Claudio Ranieiri ne s’éternise pas sur le banc d’une équipe. Souvent même après des victoires comme à Valence en 2004-2005 où il a gagné la super coupe d’Europe.  Il a connu des échecs avec l'Atletico Madrid et à l’As Rome. Le bilan du technicien italien est mitigé. Le seul championnat qu’il a gagné est la Serie B avec la Fio. Hormis cela, il a gagné quelques coupes nationales, rien de vraiment clinquant. L’ancien joueur de la Juventus sait gagner dans l’adversité c’est sûrement sa plus grande force. Omniprésent dans les décisions de transferts notamment de séparer de Ludovic Guily et Vladimir Koman dans le but de rajeunir son équipe, Claudio est le boss du rocher, le manager général à l’anglaise comme l’a souhaité son président. C’est un gagneur. Son esprit de combattant galvanise ses joueurs et ses derniers lui le rendent bien : « Être entrainer par Claudio Ranieri c’est flatteur » confesse Valère Germain, symbole de la formation monégasque. 

Qui est la star ? 

Un centre dans la surface, une tête bien placée et but. Un autre centre venu de la gauche pour une reprise de volée du droit qui finit au fond des filets. Impérial dans les airs et puissant balle aux pieds. Les friands de la L1 penseront qu’il s’agit de la palette de la star du PSG, le grand Ibrahimovic. Et non, il s’agit du « zlatan sénégalais », Ibrahima Touré qui siège nonchalamment à la pointe de l’attaque des rouges et blancs. L'actuel meilleur scoreur de son club (12 buts), est un buteur efficace. De la même race que ses coéquipiers Les Lions de la Téranga, Papiss Cissé et Demba Ba. De bon augure même si la L1 et à posteriori la C1 sont d’un niveau nettement supérieur. A côté, le chouchou du Stade Louis II, nommé Yannick Ferreira Carrasco se crée un nom sur Youtube à coup de passements de jambes et de crochets dévastateurs. Il est fin rapide et technique, il est belge quoi, oui encore un. De nos jours, les joueurs belges concurrencent le patrimoine footballistique brésilien, c’est dit ! «Yannick est l'homme à abattre depuis le début de saison. Il n'est pas assez protégé par les arbitres» a affirmé le coach italien au sujet de son joueur. Derrière, il y a aussi de la qualité avec de très bons défenseurs accoutumés aux compétitions européennes comme Les deux Andrea Wolf et Raggi. Un effectif homogène, un secteur défensif expérimenté et une attaque efficace, la meilleure du championnat. Pour couronner cela, il y a Valère Germain, symbole de la formation monégasque. Auteur d’un bon début de saison, il bénéficie d’assez de temps jeu pour exprimer son talent (5 buts et 3 passes décisives) .

Rentré dans l’histoire

Le Stade Louis II accueille depuis 98 les matchs de la Supercoupe d’Europe. Un privilège pour ce stade qui a du mal à se remplir durant la saison régulière. L’affluence du stade augmenté de 20 % depuis le début de la saison soit 1021 places de plus occupées par rapport à la saison dernière, portant le nombre moyen de supporters à près de 8.000 par matchs. Une bonne moyenne pour une ville de 35 000 habitants. Ce club est en reconstruction. L’héritage du Prince Rainier veut devenir une machine à résultats, un monument. A long terme, tutoyer la ligue 1 et fréquenter chaque saison les Ronaldo et Messi.  Pour l’instant le pain quotidien reste la deuxième division. Cette équipe est-elle suffisamment talentueuse pour être champion de Ligue 2 ? Peut-être mais c'est radicalement insuffisant pour entendre de nouveau l’hymne écrit par Tony Britten et chanté par les chœurs de l'Académie de Saint Martin in the Fields. 

As Monaco du Prince Albert II revit. Tout le malheur qu’on souhaite aux Ultras et aux Hercules est de remplir á nouveau les gradins du Stade Louis II. Pour le compte de la 15e journée de ligue 2, les leaders monégasques se déplacent à Clermont Ferrand, il faudra confirmer la belle victoire (2-0) face à Auxerre la journée d'avant.

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