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À une semaine de la reprise du championnat de Ligue 2, la seconde division française n'a jamais parue aussi relevée. Analyse.

Les préparations respectives sont bouclées. Les effectifs commencent à se dessiner, et certaines écuries sont déjà rodées. Les acteurs de la Ligue 2 ont rechaussés les crampons à l'aube d'une saison palpitante. À quelques jours du levé de rideau, la seconde division pourrait offrir un spectacle de choix, avec quelques poids lourds du football français dans ses rangs.

Plus qu'une antichambre

Elie Baup, le nouvel entraîneur de l'Olympique de Marseille, avait livré une analyse technique durant la saison dernière. "Le niveau est très homogène en France. Je considère que le top 10 de Ligue 1 est au-dessus des autres. Il y a ensuite un niveau comparable entre les 10 autres équipes de Ligue 1 et les 10 premières de Ligue 2. Les autres formations de Ligue 2 sont un cran en-dessous", expliquait dans les colonnes de France Football celui qui était alors consultant pour Canal +. L'homme à la casquette pointait du doigt l'homogéneité du football professionnel français, une tendance qui semble s'accentuer au fil des années. Les visages des deux divisions le démontrent. Les clubs au palmarès vierge sont désormais légion en Ligue 1. A contrario, certaines places fortes du football français ont dû affronter les affres d'une relégation au cours des derniers exercices. L'AJ Auxerre est le dernier exemple en date. Avant les Bourguignons, le RC Lens, le FC Nantes puis l'AS Monaco avaient connu pareille destinée.



Ces institutions auront toutes les même objectif. Retrouver l'élite dès cette année. Mais la tâche s'annonce ardue, exceptée pour le club monégasque, dont les finances boostées par l'arrivée du milliardaire russe Dmitri Rybolovlev constituent un argument de taille. Pour le reste, le savoir-faire et l'histoire de ces champions des années 90 ne sera pas forcément suffisant. La seconde division française possède en effet quelques caractéristiques spécifiques. La constitution d'un projet de jeu et la continuité d'une dynamique pour certains promus sont des éléments concrets qui viennent fréquemment bouleverser la hiérarchie de ce championnat indécis. Et si les effectifs des relégués sont encore bien garnis, ces clubs doivent faire face aux conséquences directes d'une relégation à l'étage inférieure.

Et c'est évidemment sur le plan financier que la pilule est la plus difficile à avaler. Remodeler un budget est une véritable mission dans un laps de temps extrêmement réduit. Le salaire moyen d'un joueur de Ligue 2 est de 16.000 euros, contre 40.000 euros à l'étage supérieur. Et l'on ne parle même pas des conséquences sur la billeterie ou les partenaires... Cette faible marge de manoeuvre laisse place à une incertitude pénalisante pour les débuts de saison. C'est d'ailleurs à cause d'un retard à l'allumage que l'ASM n'a pu retrouver l'élite malgré une fin de saison canon. La compétition est donc homogène mais le produit reste valorisant. Et il sera valorisé. La chaîne BeIN Sport a en effet récupéré une part majoritaire des diffusions pour cette saison 2012-2013. Avec des matches programmés à 18h45, les acteurs sont logiquement montés au créneau. Mais avec des affiches aux allures de Ligue 1, les spectateurs, eux, en auront pour leur argent. Jean-Guy Wallemme, l'entraîneur de l'AJA, a bien résumé le sentiment général. Cette Ligue 2 est une Ligue 1 bis ! Il y a beaucoup de prétendants. Mon premier objectif c'est de construire un groupe compétitif. Il faudra faire un bon début. Si on trouve un équilibre, on pourra viser plus haut". Le décors est planté. Le spectacle peut commencer.