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En seulement quatre mois passés à sa tête, Didier Deschamps a redonné à l’équipe de France un visage conquérant et aussi une séduisante image qui la rapproche du public.

Avec son expérience du banc et aussi celle d’un ancien grand joueur international, Didier Deschamps n’était assurément pas un choix par défaut, fait par Noël Le Graët en juillet dernier au moment de remplacer Laurent Blanc au poste de sélectionneur de France. Avec sa carte de visite et son riche passé en Bleu, le technicien bayonnais présentait même le profil idéal pour prendre en mains cette équipe nationale. Toutefois, et en dépit de son important pedigree, l’ancien coach de l’OM n’avait assurément pas la partie gagnée d’avance en acceptant cette mission. Les contraintes que celle-ci présentait laissaient surtout présager une expérience compliquée et semée d’embuches. Quatre mois après, le constat qui s’impose c’est que DD est sur la bonne voie pour remettre la sélection française sur les bons rails et la victoire acquise en Italie mercredi (2-1), qui a fait suite au nul ramené de l’Espagne (1-1) le mois dernier, valide totalement cette impression générale.

Déjà mieux que Blanc
DESCHAMPS A POSÉ LES BASES

Il serait, bien sûr, injuste de ne pas faire la parallèle avec les conditions dans lesquelles Laurent Blanc avait pris les Bleus sous sa coupe. Le Cévénol a dû construire sur les cendres de la catastrophe Knynsa et essayer de ressouder un groupe complètement meurtri par les frasques dont il a été auteur. Sans cela, et même s’il est toujours facile de refaire le monde avec des si, on peut imaginer que son bilan, au sortir de deux années d’exercice, aurait été plus reluisant. Mais, il n’empêche, que ce dernier n’a jamais vraiment fait l’unanimité de part sa manière de coacher, que ça soit sur le plan tactique ou psychologique. En une poignée de semaines, Deschamps, lui, a déjà su faire apparaitre une criante différence dans ce domaine. Et ce n’est pas la défaite imméritée concédée en amical face au Japon (0-1) en novembre qui pourrait venir altérer ce jugement.

L'Équipe de France d’aujourd’hui n’a plus aucun air de famille avec celle qui avait disputé le dernier Euro. Et pas seulement en raison du changement d’hommes (six des titulaires contre l’Italie mercredi ne l’avaient pas été en quart de finale du Championnat d’Europe). La métamorphose de cette sélection réside surtout dans son attitude, sur et en dehors du terrain, et l’état d’esprit qu’elle affiche à chaque rendez-vous, qu’il soit qualificatif pour la Coupe du Monde ou de nature seulement amicale. S’il a refusé de le reconnaitre, en donnant surtout le « mérite aux joueurs », Deschamps est incontestablement pour beaucoup dans cette nouvelle manière de fonctionner. Celle qui caractérise les plus grandes équipes. Une révolution tangible qui n’est pas sans rappeler celle qu’il avait réussi à mettre en place à son arrivée à Marseille en 2009.



Le mental et la notion du groupe, ses chevaux de bataille

La notion du mental, le champion du monde 98 n’a cessé d’insister là-dessus lors de chacune de ses causeries que ça soit dans le vestiaire ou en public. Et il l’a encore fait à l’issue de cette escapade victorieuse en terre transalpine. « Il reste du chemin à parcourir, mais il y a une volonté de bien faire. La mentalité et l’état d’esprit sont fondamentaux, a-t-il tonné. On a beau avoir toutes les qualités du monde si le mental n’est pas ce qu’il devrait être, on ne peut pas aller bien loin. Là, on l’a ». Une analyse qu’on n’est pas vraiment en mesure de discuter au regard de ce que ses Bleus, même limités au niveau de l’expérience, ont su proposer face à deux des mastodontes du football européen et mondial. Il fut un temps, pas si lointain, ou ce genre de parties se perdaient même avant leur déroulement et c’est là la preuve la plus manifeste que les temps ont changé.

Pour remettre dans la bonne direction une équipe qui ne cessait de dérailler depuis 2006, Deschamps a aussi eu l’ingénieuse idée de faire (enfin) comprendre à chacun que le collectif passait avant tout. En se basant sur un noyau de six, sept éléments à chaque rencontre, il aurait pu créer des tensions, mais ce risque, il est parvenu à le réduire au prix d’une gestion humaine irréprochable. A présent, personne ne conteste son autorité et tout élément, qu’il soit titulaire, remplaçant ou réserviste, se met sans rechigner à sa disposition. Avec cette conviction que l’intérêt d’ensemble doit primer et que, par ailleurs, la chance peut également tourner. « La porte n’est pas fermée » a assuré le sélectionneur mercredi. Une phrase qui laisse la place à l’espoir pour tous ceux qui croient pouvoir apporter un plus à cette équipe tricolore. Un espoir croissant et légitime comme celui qui accompagne désormais cette Équipe de France version DD et tous ses supporters.

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