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Au lendemain de la défaite contre le Japon (0-1) en amical, Didier Deschamps, le patron des Bleus, a refusé de blâmer ses joueurs. Pour lui, il n’y pas de quoi s’inquiéter.

Didier Deschamps a vécu vendredi soir son premier revers comme sélectionneur des Bleus. Au Stade de France, ses protégés ont buté sur le Japon, avant de concéder sur le fil une frustrante défaite (0-1). Une contre-performance qui a suscité pas mal de critiques dans les médias, mais pour le patron tricolore, il n’y a pas lieu d’en faire tout un plat. A trois jours du choc contre l’Espagne en éliminatoires du Mondial, il s’est attelé à positiver et à rassurer son groupe, en le défendant publiquement.

« Il Y A TOUJOURS DU TRAVAIL A FAIRE »

Didier, avez-vous revu le match et quelles analyses en avez-vous tiré à froid ?

Didier Deschamps : J'ai revu le match. Sur la première période, il y a eu cette envie de bien faire. On a eu beaucoup de situations. C'était plus équilibré en deuxième période. Les Japonais ont fait un peu plus que ce qu'ils avaient fait en première période.

Ne pensez-vous pas qu’il y a encore du travail au niveau de la construction du jeu ?

D.D. : Il y a toujours du travail à faire. On a obligé notre adversaire à défendre, il a mis un bloc plus bas. Ils ont bien défendu. On peut toujours mieux faire en qualité. Il a manqué la précision, mais sur les 45 premières minutes il y avait de quoi pouvoir marquer.

Avez-vous haussé le ton devant les joueurs après cette défaite ?

D.D. : Je n'ai pas besoin de les mettre en garde, ils sont conscients qu'on a manqué d'efficacité. On a un match qui nous attend mardi. Il n'y a ni à dramatiser ou à dédramatiser. J'espère faire l'analyse la plus juste possible. Je leur dis mon sentiment. On peut faire le même match et le gagner 1-0.

A quoi attribuez-vous vraiment ce faux pas ? Au manque de réussite, de talent ou de concentration ?

D.D. : On a manqué de justesse. Il peut y avoir aussi la chance. C'est un ensemble de choses qui ont abouti à notre inefficacité.

« EN ESPAGNE, ON IRA AVEC NOS QUALITES ET NOS FAIBLESSES »

Tous les joueurs ont-ils le niveau international ?

D.D. : C'est quoi le niveau international ? Il y a des exigences encore plus élevées. On ne peut pas demander à un joueur qui a peu de sélections de faire comme celui qui en a 50. On a l'envie et la détermination. Il peut y avoir du déchet. Mais il y a de la qualité et du talent.

En partant de votre raisonnement, le souci de l’inexpérience sera toujours de mise en 2014…

D.D. : On verra, moins j'espère. Il y a beaucoup de joueurs qui ont entre 0 et 15 sélections et peu au-dessus des 50.

La génération actuelle ne peut-elle, tout simplement, pas faire mieux ?

D.D. : On a un objectif qui est de se qualifier pour la Coupe du monde. Mardi on affronte la meilleure équipe du monde. On va y aller avec nos qualités et nos faiblesses. Ce n'est pas une question de talent et de génération. Il y a un classement mondial. Si on en est là aujourd'hui…

Mais, c’est moins fort que par le passé, ne pensez-vous pas ?

D.D. : Les joueurs qui sont là, je les ai sélectionnés. On a eu une période forte, il y a des périodes creuses. On a aussi connu 93 avant d'avoir 98. Le constat aujourd'hui, c'est qu'on n'est pas la meilleure équipe du monde. Ce n'est pas pour ça qu'on n'a pas de qualité. Beaucoup de joueurs n'ont pas l'expérience internationale.

Vous n’avez donc aucun doute sur le potentiel de vos joueurs ?

D.D. : Des doutes sur quoi ? Si je sélectionne des joueurs, c'est que je pense que ce sont les plus aptes. Après, confirmer au niveau international, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Tout dépend des évolutions.



« SI ON AVAIT GAGNE 5-0, CA NE NOUS AURAIT PAS DONNE PLUS DE GARANTIE »

Avant le rendez-vous de mardi, il y avait mieux pour se rassurer, n’est-ce pas ?

D.D. : C'était mieux d'avoir un résultat positif pour jouer l'Espagne. Mais même si on avait gagné 5-0, cela ne nous aurait pas donné plus de garantie. Un match donne toujours des infos.

Face à l’Espagne, la première solution ne serait-elle pas de prier ?

D.D. : Tout dépend de la foi qu'on a ! On n'aura pas autant d'opportunités contre l'Espagne. Ce n'est pas inquiétant. Tout le monde voudrait qu'on soit efficace. Quand on ne l'est pas on n'est pas à l'abri. Le foot est le seul sport collectif où le plus petit peut battre le plus gros. Même avec peu, on peut être efficace.

Est-ce excitant de jouer contre l’Espagne ?

D.D. : Excitant ? Si on veut... Il y a toujours ce plaisir à chosir et à trouver des solutions. Après, le côté excitant... ce ne sera pas simple. Cela passe par une prestation collective de haut niveau par rapport à l'adversité. Après, c'est la qualité individuelle qui peut faire la différence. Il faut une grande discipline et beaucoup d'efforts.

Connaissez-vous les joueurs qui vont débuter ce match ?

D.D. : Non, pas encore. Il y a encore l'entraînement cet après-midi.

Y-a-t-il un problème avec Benzema, qui ne marque plus. Par rapport à son utilisation notamment ?

D.D. : Benzema n'est pas le problème. Il y a des périodes de réussite, d'autres un peu moins. Il faut une bonne efficacité. On a battu la Biélorussie avec moins d'occasions que face au Japon. Le problème, c'est tout sauf Karim. Il a prouvé qu'il était efficace en club et il travaille pour être plus efficace.

N’y-a-t-il pas un souci de complémentarité avec Giroud ?

D.D. : Ils sont capables de jouer ensemble dans des formules différentes. Ils ont des qualités différentes qui peuvent être associées.

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