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En convoquant Clément Chantôme dans son groupe, le sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps, a consacré un brillant talent, mais aussi la formation du PSG.

A dire vrai, ce n’était pas franchement une surprise de voir Didier Deschamps faire appel à lui ce dimanche suite au forfait de Lassana Diarra. Le patron des Bleus a, certes, convoqué un néophyte, mais Clément Chantôme, le milieu défensif du PSG, est tout sauf un débutant au plus haut niveau. Avec 145 matches en Ligue 1, il dispose même d’un vécu et d’une expérience assez respectable. D’autre part, il fait partie de ces éléments dont le nom a toujours circulé parmi les probables appellés sans qu’aucun sélectionneur ne se décide à franchir le pas. Avec DD, c’est donc chose faite, et le paradoxe se situe dans le timing. C’est au moment où le PSG se démarque par la qualité et la quantité de ses recrues ainsi que le côté cosmopolite de son effectif, que le natif de Sens a eu l’honneur de rallier Clairefontaine.

Deschamps : « Un milieu de terrain assez complet »
DESCHAMPS ENCENSE CHANTOME

Certes, avec quatre coéquipiers de club présents chez les Bleus, Chantôme n’est pas le seul à incarner le nouveau visage « parisien » de l'équipe tricolore, mais sa particularité, en compagnie de Sakho, c’est qu’ils sont les seuls à être issus des équipes jeunes de ce club. Depuis 1998 et le duo Anelka - Dutruel, Paris n’avait plus connu l’honneur de voir deux de ses produits appelés simultanément en sélection. Et encore les deux joueurs n’évoluaient alors plus du côté du Parc des Princes, mais dans de grandes équipes européennes (Real pour Anelka, et le Barça pour Dutruel). Chantôme, lui, n’a pas eu besoin de s’expatrier, ni même de rejoindre une autre équipe française. Persévérant, ambitieux et solide mentalement, surtout lorsqu’il ne jouait pas, il a fini par accomplir son objectif : « Celui d’ajouter le blanc à mes [ses] couleurs », comme il l’a décrit sur son compte Twitter dimanche soir. Il y a là la preuve que les rêves des jeunes talents au PSG ne sont pas forcément voués à l’échec. Du moins, pas tous.

La patience de Chantôme a fini par payer. Et pour Deschamps, cela ne pouvait qu’être le cas en ce début de saison 2012/03 où le joueur francilien accumule non seulement du temps de jeu, mais aussi des performances remarquables au sein d’une équipe où les places sont devenues pourtant de plus en plus chères. D’autres joueurs, au talent plus reconnu, n’y sont pas parvenus, à l’instar du Brésilien Nenê. Il était difficile de rester insensible à une telle abnégation. « Même si on ne parle pas beaucoup de lui, à cause de la forte concurrence au PSG, il est là. Il a eu un petit souci il y a quelque temps, mais il enchaîne les matches. Il est dans une bonne période avec Paris. Cela va lui donner l'occasion de découvrir l'univers de l'équipe de France. » a confié le sélectionneur, ce lundi en conférence de presse.

« Un aboutissement, en espérant que ça ne soit qu’une étape »

Si à 25 ans, Chantôme a fini par rejoindre les Bleus, c’est aussi et surtout grâce à ses qualités intrinsèques. Car au-delà de l’admiration qu’il force à travers sa combativité, c’est avant tout un footballeur au bagage plus que séduisant. « Un milieu de terrain assez complet » a même affirmé Deschamps. « Il a un gros volume de jeu, capable de bien utiliser le ballon ». Et ce n’est certainement pas Carlo Ancelotti qui va le contre-dire. Alors qu’il ne comptait pas forcément sur lui en début de saison, le technicien italien a pu mesurer au fil du temps et non avec une certain ébahissement que son blondinet avait les armes pour tenir la route, aligner les matches, et faire même de l’ombre à des éléments comme Mathieu Bodmer, Thiago Motta ou encore Mohammed Sissoko.

Pour arriver au niveau qui est le sien aujourd’hui, Chantôme a certainement saisi que le travail et la progression n’ont pas de limites et que le surpassement du soi doit être continuel. Toutefois, lorsqu’il a appris sa convocation en sélection, il a quand même pris le temps de savourer et mesurer pendant un moment le chemin parcouru jusque-là. « Cela m'a fait bizarre à la fin du match (contre Marseille) quand on m'a annoncé que je devais rejoindre Clairefontaine le lendemain, a-t-il confié. Je suis très content de pouvoir rejoindre le château et l'équipe de France. C'est une fierté d'atteindre cet objectif. C'est un aboutissement, en espérant que ce ne soit qu'une étape, parce que le but est de revenir ». Oui, et avant cela, il y a peut-être la possibilité d’honorer une première cape, contre le Japon, vendredi, ou face à l’Espagne, mardi prochain.

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