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Réuni avec ses joueurs à Clairefontaine en vue du match contre l’Uruguay, Didier Deschamps a insisté, lors de son point-presse, sur le cadre dans lequel il voulait travailler.

Un peu plus d’un mois après qu’il ait pris la succession de Laurent Blanc à la tête des Bleus et qu’il ait été présenté par Noël Le Graët, Didier Deschamps a retrouvé la presse ce lundi avec sa nouvelle tunique bleue. A Clairenfontaine, le technicien bayonnais prépare, à partir de ce lundi, son premier match officiel comme sélectionneur, programmé mercredi face au Havre face à l’Uruguay en amical. Un rendez-vous important, mais ce qui est encore plus important pour lui c’est que ses joueurs adhèrent dès maintenant à son code de travail et à sa ligne directrice. Tout en déclarant ne pas vouloir « vivre avec le passé », l’ex coach de l’OM a insisté sur le fait que chaque international doit désormais se montrer irréprochable dans son comportement.

« LE MÊME PLAISIR ET LA MÊME FIERTÉ QUE LORSQUE J’ETAIS JOUEUR »

Didier, c’est votre premier retour à Clairefontaine depuis 1998 ?

Didier Deschamps : Non. La première fois, ça devait être en 2003 avec Monaco avant la Coupe de la Ligue, j'y suis revenu avec Marseille. C'est un lieu où je n'avais pas de raison de revenir. Mais ça me fait plaisir de revenir; Il y a eu des travaux mais ça reste quelque chose. Je suis descendu d'un étage, ma chambre est en bas mais c'est symbolique car j'y ai passé beaucoup de temps durant ma carrière.

Le plaisir est le même que celui lorsque vous étiez joueur ?

D.D. : J'ai le même plaisir et la même fierté d'être là. Les couleurs sont toujours les mêmes. Mon attachement à l'équipe de France restera toujours. Je reviens dans un rôle différent. Plus compliqué qu'en tant que joueur mais je me sens comme un privilégié.

Et les joueurs, ils sont heureux d’être là ?

D.D. : J'ai senti les joueurs heureux d'être là. C'est déjà quelque chose de très important. Après, on ne vit pas qu'avec le passé non plus. L'aventure a commencé hier. Ils sont dans la compétition avec de la concurrence. A eux d'être le plus naturels possibles. Certains joueront, d'autres moins. Ils sont heureux d'être là. Qu'ils fassent en sorte que ça se voit sur le terrain et en dehors.

« LE HAUT NIVEAU EXIGE UNE REMISE EN QUESTION PERMANENTE »

En termes d’attitude sur le terrain, vous gardez les mêmes préceptes que lorsque vous étiez capitaine de cette sélection ?

D.D. : Ma carrière de joueur est derrière moi. Aujourd'hui, je suis dans une nouvelle fonction mais les objectifs sont les mêmes : j'entraîne pour gagner. Mais il faut le faire au niveau international. Il faut haïr la défaite, se donner les moyens de le faire. Au niveau du corps et de la tête. Il y a un discours à faire passer. Le positif se communique. Le négatif aussi. Le haut niveau exige une remise en question permanente.

La défense sera un chantier important ?

D.D. : S'appuyer sur une base défensive solide, c'est très important. Ce n’est pas là-dessus qu'on construit les victoires mais c'est un chantier, il faut trouver une charnière performante. Et ce n'est pas que la charnière.

Pensez-vous que les Bleus repartent de zéro avec le départ de Laurent Blanc ?

D.D. : Non. Je m'inscris dans la continuité. Après, je ferai forcément les choses différemment. Mais je ne repars pas de zéro. Un match amical doit aussi servir à ça, aux certitudes. Il est bien d'avoir des réponses aujourd'hui. Un peu plus que mercredi.

Pouvez-vous nous parler des petits nouveaux que sont Capoue et Varane pour commencer ?

D.D : On parle de deux joueurs différents. Rafael est jeune et dans un très grand club, il est confronté aux exigences du haut niveau. Le point négatif est son temps de jeu réduit la saison dernière. On espère qu'il aura plus de temps de jeu cette année. Il fait preuve d'une belle maturité. C'est bien qu'il puisse côtoyer les A tôt. Mais le talent n'a pas d'âge. Etienne a un beau potentiel aussi. C'est l'occasion de découvrir l'environnement et le contexte des A.



« MES PRINCIPES : RESPECT, HUMILITÉ ET PLAISIR »

Quels sont les valeurs que vous souhaitez leur transmettre ainsi qu’aux autres ?

D.D. : A partir du moment où l'on est un athlète de haut-niveau... Il faut être exemplaire. L'image qu'ils peuvent véhiculer et ce qu'ils peuvent dire a une influence. Il est naturel qu'il y ait une forme d'exemplarité quant aux attitudes. Je n'ai pas le pouvoir de les cloner pour faire un footballeur d'une seule image. Ils doivent savoir ce qui est bien, permis, pas permis... Ce n'est pas toujours clair pour certains.

Un cadre de travail a-t-il été défini ?

D.D. : C'est important, tout entraîneur et sélectionneur doit définir un cadre. On s'appuie tous sur les mêmes principes. Il faut que les joueurs les comprennent. Mes principes ? S'il faut ressortir trois mots : respect, humilité et plaisir.

Avez-vous réfléchi à la question du capitaine ?

D.D. : Capitaine, il y a deux options. Si on fait tourner, on peut banaliser la fonction. Il faut dégager quelques joueurs, prendre le temps et du recul. (Capitaine de mercredi sera celui au long cours ?) Pas forcément. Hugo (Lloris) l'a été et l'a bien fait. Je n'ai pas de souci avec ça.

Il y a beaucoup de Lillois et d’anciens Lillois dans votre équipe…

D.D. : S'il y en a autant, c'est que c'est un club performant. L'avantage est que les joueurs se connaissent. Après, ce n'est pas quelque chose de fixe non plus.

Peut-on voir votre équipe évoluer avec deux attaquants ? Benzema et Giroud par exemple…

D.D. : Elle est différente, elle offre d'autres options. Et pas forcément que ses deux joueurs, c'est l'occasion d'avoir une présence offensive plus importante avec deux attaquants axiaux.

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