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Face à une Espagne qui n’avait rien d’un foudre de guerre, les Bleus se sont montrés trop timides et ont dû, de fait, concéder une défaite aussi logique que frustrante.

S’incliner face à l’Espagne en quarts de finale de l’Euro (0-2) n’a rien de déshonorant, surtout pour une Equipe de France qui n’avait plus franchi la phase des poules lors d’un tournoi majeur depuis 2006. Mais au regard de la manière dont les Tricolores ont dû baisser pavillon ce samedi à l’occasion du tournoi continental laisse place à beaucoup de regrets. Contre un adversaire qui était prenable, selon les termes propres de Laurent Blanc, ils n’ont pas été en mesure de hisser leur niveau de jeu pour pouvoir bousculer la hiérarchie. Pis, ils n’ont même pas déployé un jeu ambitieux, susceptible de les rapprocher de l’exploit et en ces conditions il y a lieu de s’interroger si le parcours fourni en terre ukrainienne par les Bleus peut être considéré comme satisfaisant.

Une productivité offensive inexistante

Difficile de deviner si les quelques tensions qui ont suivi la défaite contre la Suède (0-2) a laissé des séquelles au sein du groupe France, mais le match qu’ils ont produit face à la Roja laisse transparaitre des manquements qu’on ne soupçonnait pas. Alors, certes, l’adversaire en face était le tenant du titre, mais peut-on vraiment défendre une copie aussi pâle, symbolisée par une seule frappe cadrée réussie en 90 minutes de jeu. Celle de Yohan Cabaye sur coup franc juste avant la pause. La réponse est assurément non, d’autant plus que la pression adverse n’était pas intense pour que les Bleus se montrent aussi frileux offensivement. Sur sa ligne, Hugo Lloris a été presque aussi tranquille qu’Iker Casillas et c’est de cette impression qu’émerge le constat affligeant d’une équipe qui n’a pas assez cru en ses chances. A l’heure de la dissection finale, Blanc l’a d’ailleurs reconnu à demi-mot en lâchant : « Quand nous perdons  un match, il manque toujours quelque chose. Je ne sais pas si c’est de l’ambition, ou de la justesse technique ».

Des individualités pas à la hauteur du rendez-vous

En effet, techniquement, les Français n’ont pas voisiné avec la perfection. Loin de là, autrement comment expliquer le fait que les individualités aient été aussi à la peine, à l’instar de Karim Benzema resté encore une fois muet. L’attaquant du Real avait beau affirmer que ce n’était pas « une déception personnelle » que d’achever la compétition sans le moindre but scoré, il n’empêche que rentrer chez soi avec un zéro pointé est forcément un échec pour un attaquant de cette qualité. Pour le dédouaner, Blanc a confié que « les garçons ont tout donné ». Là, il est difficile de lui donner raison. Et c’est encore plus compliqué quand on sait que les milieux à vocation offensive n’ont jamais été en mesure de bousculer la défense espagnole. Pourtant, il y avait matière de le faire avec un Gérald Piqué qui était tout sauf un modèle d’assurance dans ce registre.



Blanc n’est pas exempt de tout reproche

Le sélectionneur a pris la défense des siens, et c’est peut-être aussi une façon indirecte de reconnaitre sa part de sa responsabilité dans cette défaite. Car il y en avait bien une avec ce choix assez discutable de faire incorporer quatre nouveaux joueurs dans le onze de départ, tout en changeant le système tactique (de 4-3-3 en 4-3-2-1). « Des décisions que j’éviterai de discuter. C’était normal de s’adapter à l’adversaire. Surtout à l’Espagne. On a essayé quelque chose » a confié le capitaine Hugo Lloris juste après la partie. Un raisonnement qui manque de lucidité, car le but espagnol est arrivé du couloir qui était censé être bien bloqué avec la présence de deux éléments de métier (Reveillère et Debuchy). Les calculs se sont avérés être faux et à ce niveau de la compétition cela ne se pardonne pas. On pourra toujours avancer le fait que les Ibériques n’ont pas été trop menaçants le reste du temps, mais en ayant marqué assez tôt de la partie, ils n’avaient pas beaucoup de raisons de se donner à une démonstration de force.

Une élimination qui mérite d’être analysée

Dimanche matin, les Bleus vont faire ses valises pour un retour « at home ». Avec le sentiment du devoir accompli ? La question mérite d’être posée. L’objectif d’avant-tournoi a été atteint, mais cette sélection peut-elle vraiment se contenter d’un bilan aussi maigre (1 victoire, 1 nuls et 2 défaites) ? D’autre part, arrivera-t-elle à se projeter vers les échéances futures, sans se ressasser de temps à autre cette prestation insipide livrée à l’occasion de ce quart de finale ? Ne pas se rappeler continuellement qu’avec un peu plus d’audace et de percussion, elle aurait parfaitement pu mettre en échec le champion en titre et poursuivre éventuellement son rêve européen ? D’aucuns diront qu’il ne sert à rien de se retourner sur le passé au risque de ne pas avancer, sauf qu’un compétiteur, un vrai, ne peut se contenter du peu lorsqu’il avait la possibilité de faire mieux. N’en déplaisent à ceux qui essayeront de tout positiver.

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