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Laurent Blanc a tenu une conférence de presse ce mercredi au siège de la Fédération après avoir donné sa première pré-liste pour l’Euro.

12 joueurs ont été pré-convoqués ce mercredi par Laurent Blanc pour le stage précédant l’Euro. Même si tous ne sont pas sûrs d’y être dans la liste définitive et que les joueurs n’ont pas encore rejoint le Clairefontaine, l’annonce marque le début de la période de préparation. Une période que le sélectionneur prend très à cœur, et il n’a pas manqué de le rappeler. Durant le point-presse, le Président s’est aussi attardé quelque peu sur les cas personnels, que ça soit en ce qui concerne les éléments convoqués ou ceux qui ont été « éliminés ».

« A UN MOMENT DONNÉ, IL NE FAUT PLUS HÉSITER »

Est-ce que ça a été dur de mettre en place cette liste ?

Laurent Blanc : C’est toujours dur quand tu fais des choix. Quand tu prend des joueurs et que t’en élimine d’autres, mais c’est le rôle d’un sélectionneur, de quelqu’un qui a des responsabilités. T’es obligé de faire des choix. Je ne les fais pas seul. On s’est concerté avec le staff technique. On a travaillé en amont depuis une quinzaine de jours. Et le travail de supervision, fait depuis des mois, a été utile aussi.

Est-ce que vous avez hésité de convoquer Mexes et Malouda ?

L.B. : On hésite toujours, mais à un moment donné, il ne faut plus hésiter. En ce qui concerne Philippe, c’est l’option qu’on a choisi. C’est vrai qu’il est revenu difficilement et il a eu une grande blessure, mais quand on donne confiance à quelqu’un, que quand cette personne est absente, elle vous manque beaucoup, vous en discutez et à un moment donné, vous n’en doutez plus. Florent, c’est une autre problématique. Depuis 3,4 derniers mois, il a très peu de temps de jeu. Mais on compte sur lui dans un secteur qui n’est pas très fourni. Là, il a beaucoup de crédit, c’est en tant qu’ancien. Il connait le très haut niveau. L’expérience ça peut être important et déterminant dans un groupe.

Est-ce que vous avez personnellement expliqué aux « écartés » votre choix ?

L.B. : Non. Si je commence à expliquer le pourquoi et le comment, je vais passer beaucoup de temps au téléphone et je n’aime pas ça. C’est comme ça et d’autres sélectionneurs ont fait la même chose. Je précise que c’est une pré-liste. Ceux qui n’ont pas été choisis doivent être déçus, mais il faut poser des questions sur ceux qui sont présents.

Qu’est ce qui vous a décidé de pencher pour Gaël (Clichy) ?

L.B. : Dans ce secteur défensif, depuis les éliminatoires, on a eu énormément de problèmes, avec les blessures de Philippe, de Bacary et la maladie d’Abidal. On a eu notre lot de malheurs dans ce secteur là. Depuis qu’Eric est forfait pour l’euro, ça nous pèse beaucoup. Il avait une place très importante sur et en dehors du terrain. Du moment qu’on a su qu’on le perdait, il a fallu faire un choix et on a réfléchi à des joueurs qu’on a déjà vus. Il a fallu faire un choix entre Gaël et Jérémy (Mathieu). Ça n’a pas été facile. On a pesé le pour et le contre et à un moment donné, il a fallu trancher.

Ces derniers jours, des entraineurs vous ont permis de donner des conseils…

L.B. : J’ai eu une conversation avec Arsène (Wenger), comme beaucoup de fois. C’était important pour moi d’avoir des informations. Il m’a confirmé que Diaby n’était pas apte. Quand aux autres entraineurs, je ne leur en veux pas, mais ça manque un peu de respect pour les joueurs qui sont en place. Je le prends avec dérision.

Sur quoi s’est fait le choix de Hatem (Ben Arfa) ?

L.B. : Sur ce que vous marquez depuis trois mois. Si je vous écoute, ça fait trois mois que je lui aurait envoyé une pré-sélection et à juste titre. Il s’est très bien reconstruit, il a gardé son talent. Il a pris un peu plus de maturité, qui lui permet de mettre son talent au service du collectif. Et c’est le principal changement qu’il y a eu dernièrement. Par rapport à ses performances, il me parait logique de le convoquer.

Comment est ce que vous comptez l’utiliser ?

L.B. : On n’en est pas encore là. S’il est arrivé à s’inclure dans le collectif de Newcastle, je ne vois pas pourquoi il ne s’inclurait pas dans le groupe France. Les choses doivent être très claires : il faut mettre les qualités individuelles au service du collectif et non pas le contraire.



« L’IMPORTANT, C’EST LE PRÉSENT ET LE FUTUR »

Sur les 12 que vous avez appelés, il y en a 8 qui n’étaient pas au Mondial ?

L.B. : Ce critère n’a pas compté. C’est le choix du staff technique. On est en train d’évoluer, le problème c’est que les gens ont du mal à tourner la page. Ça ne devrait pas être important. L’important c’est le présent et le futur.

Vous avez jusqu’au 29 pour faire votre liste définitive, avez-vous déjà votre liste de 23 dans la tête ?

L.B. : Vous allez essayer de savoir qui sera certainement en Ukraine et en Pologne et qui sera éliminé. Moi ce qui m’intéresse c’est d’essayer de penser à tout. La liste sera donnée le 22 mai. On sait très bien qu’on risque d’avoir des blessés. Il faut parer à toute éventualité.

Comment comptez-vous gérer les deux pré-listes et l’obligation d’en réduire des éléments ?

L.B. : Il y a eu 12 joueurs donnée dans cette liste. Le 18 , il y en aura au moins deux de moins. Sachez qu’on a prévu un programme depuis de longue date. On y a travaillé et ce qu’il faut savoir c’est que les clubs veulent garder les joueurs jusqu’au 25. Et des clubs envisagent de faire des matches amicaux. C’est une incohérence totale, il faudra faire avec.

« LE TALENT, ON N’EN A JAMAIS TROP »

Les évictions de Saha et de Cissé ont-elles des explications ?

L.B. : Ce veut dire qu’il y a beaucoup de buteurs. Louis Saha, je l’apprécie beaucoup, c’est un joueur d’axe, il y a un Benzema. Il y a le souci d’être cohérent et être équilibré aussi. On ne va pas prendre quatre joueurs qui évoluent dans le même registre.

Comptez-vous nommer un vice-capitaine suite au forfait d’Abidal ?

L.B. : S’il y a une vice-capitaine, c’est possible que ça sera un joueur qui dévoilera durant le stage. A ce moment là, il y aura peut-être quelqu’un qui va émerger et faire en sorte que cette responsabilité lui sera confiée. On ne peut pas tout décider et leur dire.

Vous avez fait appel à Nasri, Ben Arfa, et il y aura peut-être aussi Menez. Ne pensez-vous pas que ça en fait trop dans un même registre ?

L.B. : Leur qualité commune c’est le talent. Ça vaut cher, très cher. Il faut en avoir, et ne me fais pas dire que c’est dommage d’en avoir autant. Après, il faut savoir les gérer et ça c’est notre problème. Ça serait incohérent de dire qu’on a trop de joueurs de talent, par contre, il faut qu’ils soient complémentaires.



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