EdF - Menez, un destin tout tracé
Jérémy Menez devrait être aligné en tant que milieu droit ce soir dans le onze bleu qui va affronter la Biélorussie. A 23 ans, le joueur de la Roma est-il prêt à saisir sa chance et a confirmer tous les espoirs placés en lui ?
By Clément Razgallah
Depuis ses débuts professionnels avec le FC Sochaux-Montbéliard en 2004 alors qu'il a tout juste 17 ans, Jérémy Menez en a parcouru du chemin. Un chemin qui a les allures d'un chemin de croix parfois, ou d'une vraie allée princière à d'autres moments. Doté de qualités techniques bien au-dessus de la moyenne, d'une rapidité d'execution qui n'est pas sans rappeler celle d'un certain Cristiano, Jéjé comme on le surnomme pêche aussi par individualisme, par manque de sérénité, par inconstance. C'est pour cela que la confiance que Laurent Blanc lui témoigne en équipe de France pourrait devenir un décencheur. Pour que cet autre joyau de la génération 87 connaisse enfin l'éclat qu'il mérite.
Un destin qui le précède
Depuis toujours, il semble que Jérémy Menez suive son destin, avec une longueur de retard. Pour sa première saison en Ligue 1 en janvier 2005, il rentre dans l'histoire du championnat en devenant le plus jeune auteur d'un triplé en 7 minutes, à 17 ans ! Après deux saisons passées sur les terrains de Ligue 1 à Sochaux qui le consacrent comme un talent énorme, mais à polir cependant, le jeune homme choisit la difficulté en s'exilant à Monaco. Entre ses 19 et 21 ans, il apprend la constance avec difficulté, capable du pire une semaine et du meilleur celle d'après (7 buts à chaque saison). Pourtant, il connait ses premières sélections en Espoirs, et tape ausi dans l'oeil de Domenech.
Depuis deux ans, il joue à l'AS Roma, où il met une fois de plus du temps à s'imposer au milieu des Totti, Taddei, Mancini... Mais, depuis l'année dernière, cet avant profilé et rapide entre de plus en plus dans les plans de Ranieri à un poste d'ailier droit qui lui va comme un gant. A maintenant 23 ans, il jouit d'un statut plus enviable que celui de Benzema au Real, en attendant de savoir qu'en sera-t-il de Ben Arfa à Newcastle. De la génération 87, finalement, seul Nasri semble avoir une longueur d'avance. Mais Menez, que le destin semble toujours précéder, devrait débuter ce soir, en l'absence justement, de ses trois acolytes de 1987.

Le numéro 94 de Menez s'impose peu à peu à a Roma (ici avec Vucinic)
Un profil appréciable et malléable
Laurent Blanc apprécie franchement le profil du Romain. Élancé, rapide, très bon techniquement, il pourra apporter tout sa grinta côté droit, tout en ayant la puissance physique (1m81) pour contenir les embardées adverses dans le couloir, chose que Valbuena aura plus de mal à faire malgré toute sa bonne volonté. Menez, ce n'est pas une surprise pour son sélectionneur: "Depuis la saison dernière, il démontre et met ses qualités individuelles au service du collectif. C'est intéressant. Il a cette faculté à amener du danger par sa technique en mouvement. Il offre également une palette de mobilité. Il peut jouer à droite, gauche, dans l'axe. Il est intéressant pour le collectif ."
Mais pour beaucoup, Jérémy Menez est un joueur égoiste, trop personnel, qui gâche les actions par ses nombreuses tentatives individuelles (ce qu'on a vu à quelques reprises face à la Norvège, match où il fête sa première sélection). Pourtant, le "Président" a confiance. Il a parlé au joueur, en a retiré des choses positives, arguant que Jéjé est un garçon simple, sincère. Celui qui arbore fièrement le numéro 94 dans la capitale italienne "pour ne pas oublier d'où il vient" aura la chance et l'ambition de rendre toute sa confiance au sélectionneur ce soir. Les qualités, il les a, espérons qu'il en fasse un usage parfait. Pour que son histoire s'écrive avec des lettres de noblesse.
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