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Le 8 juillet dernier, Didier Deschamps est nommé sélectionneur de l’Équipe de France. Pour moi, l'homme qu'il faut pour redorer un blason, bien terne depuis trop longtemps.

Moment foot de l’année
Par Philippe Rodier
Lauréat : Didier Deschamps et l'Equipe de France
Date : 8 Juillet 2012
Lieu : Pourquoi pas Rio pour commencer ?
Description : Après des années de honte, le football français semble repartir vers l'avant avec Didier Deschamps aux commandes. Selon-moi, le général qu'il fallait à cette génération et à cette équipe en perdition depuis trop longtemps.

Il y a énormément de faits-marquants à retenir pour moi dans cette année 2012, mais il faut que je vous avoue quelque chose : la noirceur m'habite. L'ensemble des clubs que j'affectionne se sont cassés la gueule pour être clair, alors il n'y pas d'épopée heureuse à vous raconter pour moi. Même si, comme beaucoup je pense, j'ai vibré devant l'Italie et l'Espagne. Ou devant le parcours merveilleux des Blues évoqué par Joseph. Mais pas devant celui des Bleus durant l'Euro, non ça c'est clair.

Le changement c'est maintenant ?

J'ai décidé de vous témoigner tout mon espoir par rapport à la prise de pouvoir de l'Equipe de France par Didier Deschamps. Car vous savez, j'aime mon pays aussi étrange cela puisse vous paraitre... Et le foot pour moi a toujours eu une importance particulière, et cela depuis tout petit. Le foot pour moi, c'est un merveilleux vecteur social, qui avant tout, est une fête faite pour réunir les gens et non les opposer. Surtout quand on parle d'une sélection nationale. A une époque ou la pression du capitalisme et le communautarisme opposent les gens, et ou à chaque instant quasiment l'ironie de la vie prend le pas sur certains rêves, heureusement qu'il nous reste le sport et le football pour ressentir ces doses d'émotions et d'adrénaline. Celles qui peuvent réunir tout un peuple, qui nous transportent parfois, et souvent en bonne compagnie. Je n'ai jamais autant vibré grâce au football qu'en 1998 et 2000, à une époque ou dans la rue, black, blanc, beurs, on en avait rien à foutre, pendant quelques temps, tout était bien. Gloria Gaynor, I Will Survive, tout ça tout ça...



Le football c'est aussi ça, parfois... Comme le Sacre de la Zambie évoqué par mon comparse Naim. Le travail fait par Prandelli avec l'Italie et Balotelli durant l'Euro. L'Espagne, qui en temps de crise économique et pays de foot, a su trouver de la joie durant cette compétition. J'en passe et des meilleures, une union sacrée, qui peut dépasser parfois le simple cadre du sport et prendre bon nombre de connotations sociologiques. Alors moi aussi, j'aimerais que mon Equipe de France véhicule de vraies valeurs, en plus de me refaire vibrer, comme le gamin que j'étais à cette époque. Et vous savez ? Depuis bien longtemps j'avais compris que Laurent Blanc n'était pas l'homme de la situation et qu'il était juste de passage, de transition, dans la lignée d'un Raymond Domenech, en plus soft je vous l'accorde. Mais finalement exactement le même dans les intentions de jeu et dans la non maitrise de la communication, en plus d'une absence complète d'autorité, qui à mes yeux apparaissent comme une fuite de responsabilités. Responsabilités devant lesquelles le sélectionneur ne peut passer outre, au risque de perdre la main sur le groupe et de voir celui-ci dériver. Ce n'est un secret pour personne et ce n'est pas qu'une histoire de foot, mais cette génération est difficile à gérer et à appréhender, c'est pourquoi il nous fallait un général. J'ai lu le livre de Raymond Domenech, et aujourd'hui encore plus qu'hier, je comprend pourquoi il faut un autre type de management pour cette génération. Didier Deschamps est le choix parfait. Je pense que d'ailleurs, depuis sa prise de fonction, il justifie le pourquoi il est aujourd'hui à ce poste. En peu de temps, on peut quasiment déjà dire qu'enfin une vraie notion de groupe se dégage et une vraie solidarité. Certains joueurs franchissent enfin des caps et permettent à l'EdF de pouvoir aborder l'avenir, pour une fois, plus sereinement que par le passé.

Pourquoi j'y crois ? Parce que Didier brise les codes.

Un groupe s'est crée façonné par les choix de Deschamps. On disait qu'il était un entraineur défensif, dans sa philosophie Didier estime qu'il faut etre avant tout costaud dans les duels et qu'on peut se passer du ballon, mais c'est bien lui rappelle enfin Rio Mavuba et donne sa chance à Mathieu Valbuena, alors que pourtant on sait que les rapports entre les deux n'étaient pas au beau fixe. Encore une fois, Didier se serait-il remis en question ? A l'inverse du cadre marseillais, et sans pression économique qui lui empêcherait d'exclure un joueur ou non du groupe, il est libre. Il peut trancher et faire des choix. Appeller Dimitri Payet invisible depuis le début de saison, est un signe fort envoyé à Ben Arfa et Nasri. Les sanctions venues d'en haut sont utiles il est vrai, mais c'est bien le sélectionneur qui fait le choix de les intégrer ou non au groupe. Et comme dans le passé avec Ginola et Cantona, si on peut se passer des briseurs de groupe, Didier tranchera. La notion de groupe est le plus important dans un sport collectif, et dans le passé cette notion a complètement été bafouée, comme en témoignent les choix des précédents sélectionneurs. A leur inverse, Deschamps fait les bons choix, et a su créer une vraie solidarité. On ne fait pas un tel résultat en Espagne sans hargne.



"Je m'envole au paradis, je vais à Rio de Janeiro"

Son passage à la Juventus l'a métamorphosé en un bourreau bien décidé à ne connaître que les victoires. Certes, il était déjà comme ça depuis sa tendre enfance car capitaine à l'âge de 19 ans faut-il le rappeler, mais oui c'est bien son passage sur les terres italiennes qui a transformé notre DD national en un vrai général. Après avoir quitté l'OM en laissant pas moins de six trophées dans les vitrines d'un club qui n'en n'avait pas soulevé depuis 17 ans, notre capitaine de la plus belle des épopées du football français est aujourd'hui en marche vers 2014, bien décidé une nouvelle fois à mener son équipe vers des sommets que nous n'avons pas côtoyé depuis bien trop longtemps. A Rio la marche sera grande, voire même immense, et pour pouvoir rivaliser avec les meilleures nations il va falloir préparer au mieux cette compétition, acquérir de l'expérience, et donner du temps de jeu à des joueurs qui ont besoin de se frotter au très haut niveau pour être prêts le Jour J.

On peut accorder à Didier Deschamps le fait que la génération actuelle n'est pas dorée, mais qu'en a-t-il à faire ? Celle de l'Uruguay 2010 l'était-t-elle plus ? Monaco en 2003 était-elle la meilleure équipe sur le papier quand elle s'est présentée contre Chelsea & Madrid ? Non ! Et pourtant. On peut reprocher à l'équipe de France de ne pas produire du "beau-jeu" ? Mais Didier nous répondrait que seule la victoire compte pour le moment, car le beau jeu s'il doit venir, ne viendra pas aussi facilement. Et puis on sort de deux sélectionneurs qui prônaient le Barca comme exemple pour au final jouer à peu près aussi bien que l'AS Nancy donc bon... C'est pour ça qu'animé par la passion et le désir de faire briller à nouveau le maillot tricolore, la France est en marche vers 2014, afin qu'on puisse à nouveau tous chambrer nos bons potes transalpins par exemple, leur accordant le fait que oui nous avons pris exemple sur eux et leur magnifique comportement sportif et extra-sportif durant cet Euro, après une énorme remise en question, comme l'Allemagne dans les années post 98. Espérons juste qu'en France, pour une fois, la remise en question portera ses fruits, et qu'à nouveau, tous ensemble, nous pourrons vibrer derrière notre équipe, et qu'il est bien venu le temps des rires et des chants.

"Le maillot de l'Equipe de France représente beaucoup pour moi, c'est ce qui m'est arrivé de meilleur dans ma carrière." Didier Deschamps, basque, simple et fier d’être français.

"Personne ne pourra m'enlever ces titres, même mes pires ennemis." Didier Deschamps, en bon VRP de la win.

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